Critique Bluray: Plus dure sera la chute

71nukiuC9KL._SL1000_.jpg

Titre original The Harder They Fall
Réalisation Mark Robson
Scénario Philip Yordan, d’après le roman de Budd Schulberg
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures Corp.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 108 minutes
Sortie 8 septembre 1956

LE FILM:

4.5

Journaliste sportif en quête d’un scoop, Eddie Willis est contacté par le chef du ‘syndicat’ de la boxe, Nick Benko, qui lui propose de contribuer à la promotion d’un jeune boxeur argentin, Toro Moreno. Espérant découvrir un futur champion, Willis accepte…

téléchargement.jpg

Réalisé en 1956, « Pus dure sera la chute » sera le dernier film dans lequel Humphrey Bogart joua avant son décès. Réalisé par Mark Robson, ce film dévoile les coulisses des combats de boxe et les magouilles attenantes. Bogart incarne un journaliste sportif chargé par un mafieux (Rod Steiger) de promouvoir un jeune boxeur aussi impressionnant physiquement qu’inoffensif sur le ring. Bogart livre ici l’une de ses meilleures interprétations, tout en sobriété, et Steiger incarne magnifiquement un escroc sans foi ni loi. Le film vaut également pour sa mise en scène, notamment les combats de boxe, impressionnants, qui ont sans doute inspiré nombre de films sur le sujet. Un grand film à découvrir dans des conditions optimales!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie remarquable de définition et au son (VO) d’une netteté à toute épreuve!

BONUS:

4.5

On trouve ici les analyses éclairées et passionnantes de Bertrand Tavernier et François Guérif!

VERDICT:

4.5

Chef d’oeuvre!!!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez SIDONIS

Publicités

Critique Bluray: Creed – l’Héritage de Rocky Balboa

91Qr3kW8naL._SL1500_.jpg

Titre original Creed
Réalisation Ryan Coogler
Scénario Ryan Coogler
Aaron Covington
Acteurs principaux
Sociétés de production Chartoff-Winkler Productions
Metro-Goldwyn-Mayer
New Line Cinema
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 133 minutes
Sortie 13 janvier 2016

LE FILM:

4

Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D’abord réticent, l’ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Après 6 épisodes d’un niveau très inégal bien que tous très attachants, la saga Rocky semblait avoir marqué un point final avec « Rocky Balboa » en 2006. Forts marris de devoir tirer un trait sur une franchise lucrative (plus d’un milliard de dollars jusqu’ici!!!), les producteurs décident de se lancer dans un spin-off centré sur un personnage qui n’apparaît pas dans les six premiers volets, le fils d’Apollo Creed! On pouvait craindre un nouveau produit sans âme, avec un Stallone uniquement destiné à cachetonner et attirer le chaland. Après l’excellent « Fruitvale Station« , c’est Ryan Coogler qui prend les rênes avec son comédien Michael B. Jordan dans le rôle titre et il réussit à éviter les pièges que l’on craignait pour nous offrir un retour en forme d’uppercut. Si la structure du film est calquée sur les volets précédents, « Creed » s’accorde du temps (2h10) et accorde une grande importance à ses personnages. Creed, qui n’a jamais connu son père et n’a jamais quitté prison et foyers, ne vit que pour la boxe mais ne veut pas être considéré comme « fils de ». Pour l’entraîner, Rocky, seul dans la vie depuis la mort d’Adrian et de Paulie, n’attend qu’une chose, la fin pour rejoindre la femme de sa vie. Les deux personnages sont extrêmement attachants, en particulier Stallone qui trouve ici son meilleur rôle depuis « Copland » et la mise en scène puissante et maîtrisée de Coogler fait mouche. Les combats, filmés au plus près, sont terriblement immersifs, notamment le dernier qui nous laisse le souffle coupé. Quant à la BO de Ludwig Göransson, elle parvient à se renouveler totalement tout en s’inspirant des thèmes de Bill Conti! Le meilleur volet avec le film de 1976!

TECHNIQUE:

4.5

Irréprochable à tous niveaux!

BONUS:

3.5

Outre une vingtaine de minutes de scènes coupées, on trouve un module dans lequel l’équipe et des intervenants extérieurs reviennent sur leurs souvenirs de la saga et un module sur la préparation physique de Michael B. Jordan.

VERDICT:

4

La saga Rocky fait un retour gagnant!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Warner Bros dès le 13 mai

Critique: Creed – L’héritage de Rocky Balboa

355502.jpg

Titre original Creed
Réalisation Ryan Coogler
Scénario Ryan Coogler
Aaron Covington
Acteurs principaux
Sociétés de production Chartoff-Winkler Productions
Metro-Goldwyn-Mayer
New Line Cinema
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 133 minutes
Sortie 13 janvier 2016

Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D’abord réticent, l’ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Après 6 épisodes d’un niveau très inégal bien que tous très attachants, la saga Rocky semblait avoir marqué un point final avec « Rocky Balboa » en 2006. Forts marris de devoir tirer un trait sur une franchise lucrative (plus d’un milliard de dollars jusqu’ici!!!), les producteurs décident de se lancer dans un spin-off centré sur un personnage qui n’apparaît pas dans les six premiers volets, le fils d’Apollo Creed! On pouvait craindre un nouveau produit sans âme, avec un Stallone uniquement destiné à cachetonner et attirer le chaland. Après l’excellent « Fruitvale Station« , c’est Ryan Coogler qui prend les rênes avec son comédien Michael B. Jordan dans le rôle titre et il réussit à éviter les pièges que l’on craignait pour nous offrir un retour en forme d’uppercut. Si la structure du film est calquée sur les volets précédents, « Creed » s’accorde du temps (2h10) et accorde une grande importance à ses personnages. Creed, qui n’a jamais connu son père et n’a jamais quitté prison et foyers, ne vit que pour la boxe mais ne veut pas être considéré comme « fils de ». Pour l’entraîner, Rocky, seul dans la vie depuis la mort d’Adrian et de Paulie, n’attend qu’une chose, la fin pour rejoindre la femme de sa vie. Les deux personnages sont extrêmement attachants, en particulier Stallone qui trouve ici son meilleur rôle depuis « Copland » et la mise en scène puissante et maîtrisée de Coogler fait mouche. Les combats, filmés au plus près, sont terriblement immersifs, notamment le dernier qui nous laisse le souffle coupé. Quant à la BO de Ludwig Göransson, elle parvient à se renouveler totalement tout en s’inspirant des thèmes de Bill Conti! Le meilleur volet avec le film de 1976!

4

Critique bluray: Fat City

81e8EjF611L._SL1500_

  • Réalisé par :
    John Huston
  • Avec :
    Stacy Keach, Jeff Bridges, Susan Tyrell…
  • Durée :
    1h36min
  • Année de production :  1972
  • Titre original : FAT CITY
  • Distributeur :
    WARNER COLUMBIA/1992:CINE CLASSIC

LE FILM:

4.5

À 29 ans, Billy Tully est un ancien boxeur alcoolique, qui vit dans la misère depuis le départ de sa femme. Il se raccroche à la vie en s’entraînant de temps à autre : c’est dans un gymnase qu’il fait la connaissance d’Ernie, jeune talent prometteur chez qui il décèle un potentiel inespéré. Galvanisé, Billy décide de remonter sur le ring pour vaincre ses vieux démons.

Si Fat City est un film sur la boxe, ici point de victoire flamboyante ou d’ascension vertigineuse sur les sommets du sport. John Huston s’attache à dépeindre le monde de la boxe sous un jour ultra-réaliste voire documentaire. Il brosse le portrait de boxeurs miséreux cantonnés à jouer des matches de troisième zone pour une bouchée de pain. Très sombre, Fat City est une galerie de personnages désespérés portée par de merveilleux comédiens dont Stacy Keach et le débutant Jeff Bridges.

Une merveille!

TECHNIQUE:

4

Magnifique copie qu’un légér bruit sur certains plans ne saurait ternir!

BONUS:

2.5

 

Aucun bonus vidéo mais le somptueux et passionnant ouvrage de  Samuel Blumenfield.

VERDICT:

4.5

Un petit chef d’oeuvre à (re)découvrir!

Disponible en coffret (29.99 euros) chez Wild Side Vidéo dès le 29 octobre

 

Critique Bluray: Match Retour

51CzU4EvmsL

  • Réalisé par :
    Peter Segal
  • Avec :
    Sylvester Stallone, Robert De Niro, Kevin Hart…
  • Durée :
    1h53min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Grudge Match
  • Distributeur :
    Warner Bros

LE FILM: 5.5/10

Henry « Razor » Sharp et Billy « The Kid » McDonnen sont deux boxeurs de Pittsburgh propulsés sous le feu des projecteurs grâce à leur rivalité ancestrale. Chacun a eu l’occasion de battre son adversaire à l’époque de sa gloire, mais en 1983, alors qu’ils s’apprêtaient à disputer un troisième match décisif, Razor a soudain annoncé qu’il arrêtait la boxe : sans explication, il a ainsi brutalement mis fin à leur carrière à tous les deux. Trente ans plus tard, le promoteur de boxe Dante Slate Jr., y voyant une occasion de gagner beaucoup d’argent, leur fait une offre irrésistible : monter sur le ring pour obtenir leur revanche une bonne fois pour toutes.

L’argument du film est un peu de réunir le Jake la Motta de Raging Bull et Rocky Balboa dans un scénario qui n’est pas sans rappeler le dernier volet de la saga de Stallone. Certes le scénario ne vole pas bien haut et la conclusion est pleine de bons sentiments mais malgré tout, l’affrontement entre les deux icônes du cinéma US, Sylvester Stallone et Robert de Niro, réserve tout de même quelques bons moments, les deux acteurs s’affrontant les 3/4 du film verbalement et de façon assez réjouissante!

TECHNIQUE: 10/10

RAS, c’est parfait!

BONUS: 8/10

L’interactivité assez complète nous offre tout un tas de petites featurettes ainsi que des scènes coupées !

 

  • Le Taureau et l’Etalon
  • Sur le Ring avec Kevin Hart
  • Kevin Hart Non Censuré
  • Aux premières Loges avec Tyson & Holyfield
  • Coup pour Coup avec Larry Holmes avec une introduction de Peter Segal
  • Ouverture alternative avec une introduction de Peter Segal
  • Fins alternatives avec une introduction de Peter Segal
  • Scènes coupées :
    • KId vs Jabby avec une introduction de Peter Segal
    • Callahan Interactif avec une introduction de Peter Segal
    • La Friction avec une introduction de Peter Segal
    • Iron Mike et The Real Deal, avec une introduction de Peter Segal
    • La télé de Lightning avec une introduction de Peter Segal
    • L’Autographe de Razor

VERDICT: 6/10

Une belle édition pour un expendables de la boxe dispensable mais sympathique!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (16.99 euros) chez Warner Bros dès le 4 juin

 



ROCKY, HEROS DE MA JEUNESSE

RockyBalboaDialogrockyarmslposter

S’il est un personnage de cinéma qui berça mon enfance, c’est bien celui que créa Sylvester Stallone, le personnage de Rocky Balboa qui, pendant trente ans, fut un peu le symbole de l’American Dream et le personnage emblématique de la carrière de Sly.

Revenons donc sur les différents volets de cette saga si attachante:

– En 1976, alors qu’il est encore peu connu, Sylvester Stallone écrit un scénario inspiré du combat entre Mohamed Ali et Rocky Marciano mais exige d’interpréter le rôle titre. Bien que les producteurs tordent un peu le nez, ils finissent par donner leur accord. La réalisation sera confié au peu connu John G. Avildsen

Stallone incarne donc Rocky Balboa, un petit boxeur amateur de Philadelphie qui se voit proposer un combat avec Appolo Creed(Carl Weathers), champion du monde, celui-ci cherchant une victoire facile pour refaire parler de lui. Aidé du vieil entraîneur Mickey (Burgess Meredith) et épaulé par sa nouvelle compagne, la timide Adrian (Talia Shire) et son beau-frère taciturne Paulie (Burt Young), Rocky va s’entraîner dur pour élever son niveau et tenir tête au champion qui vaincra seulement sur décision partagée.

Le film qui ne coûta quasiment rien fut un succès planétaire et remporta 3 Oscars dont Meilleur Film et Meilleur réalisateur.

Au-delà du simple film de sport, ce premier volet dépeint une certaine réalité sociale et des personnages touchants, notamment celui de Balboa, à la naïveté et à la bonté attachantes. L’amour du public pour les personnages qui partent de rien pour arriver à renverser les montagnes est bien sûr une cause de ce succès inattendu. On retiendra également la bande originale mythique de Bill Conti, notamment le morceau Gonna Fly Now!

– En 1979, devenu une star Stallone cherche à renouveler le succès du premier opus et écrit donc un nouveau scénario qu’il mettra en scène lui-même: c’est Rocky 2

images

Reprenant là où s’était arrêté le précédent opus, Rocky 2  nous montre un Apollo Creed vexé d’avoir été malmené par l’outsider et qui souhaite donc prendre sa revanche. Rocky, qui connaît maintenant une petite célébrité, refuse en premier lieu d’autant que sa femme Adrian connaît des problèmes de santé. Celle-ci le persuadera finalement de rechausser ses gants : cette fois-ci Rocky terrassera le champion, s’adjugeant le titre suprême!

Cette suite est assez proche de l’original, suivant à peu près le même fil et le personnage principal suivant la même trajectoire. Elle permet surtout à Stallone d’asseoir son statut de star et confirmer le potentiel commercial de la franchise Rocky: la machine est lancée.

– Avec le troisième volet, toujours réalisé par Sly, sorti en 1982, on est clairement dans une démarche commerciale. Seule nouveauté, l’apparition d’un nouvel adversaire: Clubber Lang, incarné par Mister T.

Rocky-and-Mr_T-04

Rocky, champion du monde, s’est embourgeoisé et n’affronte que des adversaires soigneusement choisis par Mickey pour être battus sans difficultés. Quand Clubber Lang, en quête de célébrité, défie Balboa, Mickey déconseille à son poulain d’accepter. Rocky ne suit pas l’avis de son mentor et relève le défi malgré le décès de son entraîneur. Apollo Creed décide d’amener Rocky à la victoire en tentant de lui redonner « l’oeil du tigre » qu’il a perdu en même temps qu’il a gagné la fortune.

Sur un scénario assez moyen, Rocky 3 est clairement en-dessous du premier volet mais rencontre un énorme succès dû à l’attachement du public à ses personnages. D’autre part, le tube de Survivor « Eye of the Tiger » restera comme l’une des chansons les plus connues dans une bande originale de film.

– En 1985, en pleine ère Reagan, Stallone réalise le quatrième volet des aventures du célèbre boxeur.

rocky4

C’est sans doute le plus mauvais film de la série! Non seulement, le scénario est d’une indigence rare, reprenant la même trame que les épisodes précédents mais il a tout du film de propagande tant il aligne les clichés et fait preuve d’un manichéisme hallucinant. Après avoir tué l’ami de Rocky, Apollo Creed, sur le ring, le Russe Ivan Drago accepte d’affronter Balboa en Russie. Alors que le Russe bénéficie d’installations de haute technologie et consomme des produits dopants, l’Américain s’entraîne à l’ancienne dans une grange en pleine Sibérie, surveillé par le KGB! A l’issue d’un combat homérique, Balboa venge son ami en battant Drago avec un public, hostile au début, et tout acquis à sa cause ensuite. Le discours final de Rocky est un sommet de patriotisme qui finit de faire de ce quatrième opus un vrai nanar!

Pour l’anecdote, on notera l’absence de Bill Conti à la musique, remplacé par Vince DiCola qui composera quelques morceaux qui resteront dans les mémoires, notamment « War ». James Brown fait également une apparition en chantant Living In America.

Le film est tout de même un grand succès avec notamment près de 5 millions d’entrées en France.

– Bien que scénariste une fois de plus, Sylvester Stallone redonne le siège de réalisateur à John G. Avildsen le réalisateur du premier opus pour ce qui semblerait être une conclusion à la saga, 24 ans après le premier film.

rocky-5

A la suite du combat avec Drago, Rocky ne peut plus boxer en raison d’un problème au cerveau et se retrouve ruiné, escroqué par son comptable. Il retrouve donc ses origines en regagnant le quartier de sa jeunesse à Philadelphie. Ne pouvant plus pratiquer sa passion, il accepte d’entraîner un jeune boxeur prometteur, Tommy Gunn. Alors qu’il l’ammène au sommet, son jeune protégé répond aux sirènes d’un agent, caricature de Don King. Non content de trahir son père spirituel, Tommy Gunn le provoque jusqu’à un combat final, non pas sur un ring mais dans la rue.

Sans être vraiment une grande réussite, ce cinquième volet a la bonne idée d’apporter un peu de nouveau par rapport aux deux précédents volets et de boucler la boucle avec ce retour aux sources. Le générique de fin reprend d’ailleurs des images de tous les films de la saga. Pour l’anecdote, le fils de Rocky est ici interprété par le vrai fils de Stallone, Sage, récemment décédé.

Il ne rencontra pas le succès des précédents volets.

– Trente ans après le premier volet, alors que les années 2000 ne sont pas très favorables aux gros bras, Stallone se décide à se lancer dans un dernier Rocky. Deux ans plus tard, il réalisera également un dernier Rambo!

rockybig25012007

Rocky Balboa est sans doute le plus réussi avec le premier volet. Dans celui-ci, Rocky ne boxe plus, tient un petit restaurant italien appelé « Adrian’s » en hommage à sa femme décédée. Ses relations avec son fils sont un peu froides, ce dernier en ayant assez de porter ce nom trop lourd pour lui. Le manager d’un jeune boxeur en manque de popularité a l’idée d’organiser un match exhibition contre Balboa. Pour se sentir revivre et prouver qu’il n’est pas fini, Rocky accepte ce dernier défi.

Très réussi, le film rencontrera un succès public et critique! Stallone abandonne en effet le schéma classique sur lequel les précédents films étaient calqués pour à nouveau s’intéresser à ses personnages. La présence d’un Stallone fatigué, au physique abîmé, apporte une vraie dimension au film et boucle la saga de très belle façon.

Bien que de qualité inégale, ces six films retraçant la vie de Rocky Balboa sont non seulement un souvenir d’enfance mais une certaine image du cinéma américain et s’il y a bien un personnage qui a fait ce qu’est devenu Sylvester Stallone, c’est bien celui-ci.

 

 

CRITIQUE: DE ROUILLE ET D’OS

Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre…

Trois ans après la bombe « Un Prophète », Jacques Audiard revient en s’essayant cette fois au mélo! Mais on n’est pas chez Douglas Sirk pour autant! Audiard s’intéresse une fois de plus à des personnages un peu border-line, le reste ne l’intéresse pas! Ali se retrouve avec son fils Sam qu’il n’a pas vu depuis des années; il enchaîne les boulots d’agent de sécurité et laisse sa soeur caissière s’occuper de son fils. Pour arrondir ses fins de mois, il boxe lors de combats clandestins. Sa route va croiser celle de Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland, une première fois où il lui viendra en aide à la sortie de la boîte dans laquelle il travaille, puis quelques mois plus tard, après un terrible accident qui la prive de ses deux jambes. Elle, handicapée physique, et lui, handicapé de la vie qui ne sait pas s’occuper de son fils ni comment se comporter avec les femmes, vont donc faire un bout de chemin ensemble et former un couple des plus improbables. Superbement interprété par Marion Cotillard, n’en déplaise à ses détracteurs qui ne pourront que s’incliner devant une prestation d’une belle sobriété, et Mathias Schoenhaerts, révélation de « Bullhead », tout en sauvagerie, le film d’Audiard est un condensé de Cinéma pur!

Audiard fait appel à tous les sens du spectateur grâce à un travail magistral sur l’image et le son. Aucun plan du film n’est laissé au hasard et tout fait sens, les idées géniales se succédant dans la mise en scène ! Le scénario, d’une richesse folle, nous parle certes de l’amour, que ce soit entre un homme et une femme ou entre un père et son fils, mais sans négliger l’arrière-plan très social avec quelques personnages magnifiques comme celui de la soeur d’Ali incarnée par l’excellente Corinne Masiero (« Louise Wimmer ») ou de l’organisateur de combats joué par Bouli Lanners.

C’est ce que l’on appelle du grand Cinéma, bizarrement reparti bredouille de Cannes!