CRITIQUE: SOMEWHERE (2010)

Johnny Marco est une star de Hollywood. Il a tout mais végète dans un ennui sans limite. Logé dans le mythique Château Marmont, quand il n’a pas d’obligations professionnelles comme des interviews ou des séances photos, il tourne en rond en voiture ou regarde les gogo danceuses qu’il fait monter dans sa chambre. Mais il passe la plupart de son temps désespérement seul. Un jour, son ex-femme devant s’absenter, elle lui confie leur fille, une jeune adolescente de 11 ans qu’il connaît finalement très peu…

Quatrième long métrage de Sofia Coppola après « virgin suicides », « lost in translation » et « Marie-Antoinette », « Somewhere » nous conte finalement le passage à l’âge adulte d’un adolescent trop gâté. A la manière d’un Tarantino (l’ex de Mme Coppola qui lui a d’ailleurs décerné le Lion d’Or à Venise!), Sofia Coppola donne sa chance à un acteur disparu, Stephen Dorff, gloire éphémère des années 90, qui livre une très belle interprétation de cet acteur déconnecté de la réalité qui va reprendre goût à la vie au contact de son enfant lors d’un court séjour. Pour interpréter cette enfant, on découvre ici Elle Fanning, la brillante petite soeur de Dakota, qui prouve qu’elle est largement à la hauteur de son aînée. Dans un style très sobre très proche du documentaire, la réalisatrice surdouée nous dévoile la partie immergée de l’iceberg « Hollywood »  de telle manière que l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose d’autobiographique là-dedans. La BO de Phoenix, excellente, rajoute à la mélancolie et la langueur exprimées par les images. Bref, j’ai été littéralement envoûté par le film mais je conçois qu’il en déstabilisera plus d’un à l’image de la critique très partagée à son sujet. Une très belle réussite!

CRITIQUE: CHANTONS SOUS LA PLUIE (1952)

Metro Goldwyn Mayer (MGM)

Je n’avais pas revu ce film depuis un soir de noël, à l’âge de 6 ou 7 ans. Je gardais un souvenir inoubliable de ce film, le sentiment d’avoir passé un moment magique. Et bien, 25 ans plus tard, ce sentiment persiste!

C’est l’histoire ici d’un couple de cinéma vedette du muet, Don Lockwood et Linda Lemont, interprétés par Gene Kelly et Jean Hagen, qui enchaîne les succès. Le problème intervient quand Hollywood passe au cinéma parlant. Linda Lemont est dotée d’une voix de crecelle tellement insupportable qu’il faut la doubler par une autre actrice, interprétée par la jolie Debbie Reynolds.

Les fabuleux numéros musicaux s’enchaînent ainsi que des passages burlesques. Hollywood en prend pour son grade au passage, et tout ceci à un rythme effréné. Le film qui date de 1953 n’a pas pris une ride et quand le mot « fin » apparaît à l’écran, on a l’impression d’avoir fait une cure de vitamines!