CRITIQUE BLU-RAY: Faust

LE FILM: 9/10

Librement inspiré de l’histoire de Goethe, Alexandre Sokourov réinterprète radicalement le mythe. Faust est un penseur, un rebelle et un pionnier, mais aussi un homme anonyme fait de chair et de sang conduit par la luxure, la cupidité et les impulsions.

Couronné d’un Lion d’Or à Venise à la dernière Mostra, ce « Faust » est un objet unique, curieux hybride entre le classicisme du film d’époque en costumes et un cinéma expérimental qui, au choix, déstabilisera ou enchantera le curieux qui s’y risque. Après une première demi-heure un peu déstabilisante dans mon cas, ne comprenant pas tous les tenants et aboutissants du récit, l’enchantement a pris le dessus pour ne plus me lacher durant les 105 mins restantes. Tourné dans un curieux format carré aux coins arrondis, « Faust » propose une image tantôt déformée, tantôt d’une splendeur rare, avec un travail incroyable sur la couleur. Film très étrange, le Faust de Sokourov n’a pas peur de flirter avec le grotesque ou la science fiction!

Une expérience à tenter absolument!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie HD pour ce film où le travail sur l’image est si important!

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on trouve deux entretiens: « Sokourov, voyageur dans l’oeuvre de Goethe » : entretien avec Jean Lacoste, historien (20′) et un entretien avec Jacques le Rider, philosophe (20′).

VERDICT: 9/10

Un très beau DVD pour l’un des films majeurs de 2012!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Blaq Out

 


CRITIQUE: SOMEWHERE (2010)

Johnny Marco est une star de Hollywood. Il a tout mais végète dans un ennui sans limite. Logé dans le mythique Château Marmont, quand il n’a pas d’obligations professionnelles comme des interviews ou des séances photos, il tourne en rond en voiture ou regarde les gogo danceuses qu’il fait monter dans sa chambre. Mais il passe la plupart de son temps désespérement seul. Un jour, son ex-femme devant s’absenter, elle lui confie leur fille, une jeune adolescente de 11 ans qu’il connaît finalement très peu…

Quatrième long métrage de Sofia Coppola après « virgin suicides », « lost in translation » et « Marie-Antoinette », « Somewhere » nous conte finalement le passage à l’âge adulte d’un adolescent trop gâté. A la manière d’un Tarantino (l’ex de Mme Coppola qui lui a d’ailleurs décerné le Lion d’Or à Venise!), Sofia Coppola donne sa chance à un acteur disparu, Stephen Dorff, gloire éphémère des années 90, qui livre une très belle interprétation de cet acteur déconnecté de la réalité qui va reprendre goût à la vie au contact de son enfant lors d’un court séjour. Pour interpréter cette enfant, on découvre ici Elle Fanning, la brillante petite soeur de Dakota, qui prouve qu’elle est largement à la hauteur de son aînée. Dans un style très sobre très proche du documentaire, la réalisatrice surdouée nous dévoile la partie immergée de l’iceberg « Hollywood »  de telle manière que l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose d’autobiographique là-dedans. La BO de Phoenix, excellente, rajoute à la mélancolie et la langueur exprimées par les images. Bref, j’ai été littéralement envoûté par le film mais je conçois qu’il en déstabilisera plus d’un à l’image de la critique très partagée à son sujet. Une très belle réussite!