Critique: L’Animale (les Arcs Film Festival – Compétition)

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Katharina Mückstein

Autriche

2018 / 96’ / VO : Allemand
Sortie le 9 novembre 2018 en E-Cinema

Mati, dure à cuire, s’apprête à passer son bac, mais préfère traîner avec sa clique de mecs plutôt que de réviser. Sur leurs motos, les adolescents sèment le trouble dans la région et rendent la vie dure aux filles. Lorsque Mati fait la connaissance de Carla, une fille pleine d’assurance bien différente d’elle, l’équilibre de ce microcosme se met à chanceler : Sebastian, le meilleur ami de Mati, en veut soudain plus, et un secret bien gardé entre Gabriele et Paul refait parallèlement surface.

Mati, jeune fille qui peine à trouver son identité, traîne avec une bande de jeunes motards qui s’éclatent à semer le désordre. L’une de leurs victimes, Carla, ne la laisse pas insensible. Le père de Mati, quant à lui, se découvre également des attirances homosexuelles, qui pourraient mettre en péril son couple. Si le film de Katharina Mückstein fait preuve d’une réelle envie de cinéma avec une mise en scène plutôt maîtrisée et une très belle photo, la réalisatrice semble avoir du mal à équilibrer son film et lui donner une cohérence. Les deux histoires du père et de la fille semblent posées là sans réel lien (il n’y a d’ailleurs qu’une courte scène entre le père et la fille) et une scène de comédie musicale arrive comme un cheveu sur la soupe. Restent la prestation remarquable de la jeune Sophie Stockinger et l’importance du thème choisi, la difficulté d’assumer ses orientations sexuelles lorsqu’elle sortent de la norme.

3

 

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CRITIQUE: SOMEWHERE (2010)

Johnny Marco est une star de Hollywood. Il a tout mais végète dans un ennui sans limite. Logé dans le mythique Château Marmont, quand il n’a pas d’obligations professionnelles comme des interviews ou des séances photos, il tourne en rond en voiture ou regarde les gogo danceuses qu’il fait monter dans sa chambre. Mais il passe la plupart de son temps désespérement seul. Un jour, son ex-femme devant s’absenter, elle lui confie leur fille, une jeune adolescente de 11 ans qu’il connaît finalement très peu…

Quatrième long métrage de Sofia Coppola après « virgin suicides », « lost in translation » et « Marie-Antoinette », « Somewhere » nous conte finalement le passage à l’âge adulte d’un adolescent trop gâté. A la manière d’un Tarantino (l’ex de Mme Coppola qui lui a d’ailleurs décerné le Lion d’Or à Venise!), Sofia Coppola donne sa chance à un acteur disparu, Stephen Dorff, gloire éphémère des années 90, qui livre une très belle interprétation de cet acteur déconnecté de la réalité qui va reprendre goût à la vie au contact de son enfant lors d’un court séjour. Pour interpréter cette enfant, on découvre ici Elle Fanning, la brillante petite soeur de Dakota, qui prouve qu’elle est largement à la hauteur de son aînée. Dans un style très sobre très proche du documentaire, la réalisatrice surdouée nous dévoile la partie immergée de l’iceberg « Hollywood »  de telle manière que l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose d’autobiographique là-dedans. La BO de Phoenix, excellente, rajoute à la mélancolie et la langueur exprimées par les images. Bref, j’ai été littéralement envoûté par le film mais je conçois qu’il en déstabilisera plus d’un à l’image de la critique très partagée à son sujet. Une très belle réussite!