Critique: En Liberté !

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Réalisation Pierre Salvadori
Scénario Pierre Salvadori
Benjamin Charbit
Benoît Graffin
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Pelléas
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 107 minutes
Sortie 31 octobre 2018

Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

Quatre ans après un décevant  « Dans la Cour », Pierre Salvadori revient avec « En liberté », reprenant des thèmes qui lui sont chers comme le mensonge et des personnages cabossés comme ils les affectionnent. Yvonne, jeune policière, veuve d’un flic qu’elle découvre ripoux va tenter de rattraper les dégâts de son défunt mari en devenant l’ange gardien d’Antoine, qui vient de passer 8 ans en prison pour rien. Sauf que le jeune homme se montre prêt à péter les plombs à chaque instant… Voilà une comédie qui peut dégoûter à tout jamais les autres scénaristes et réalisateurs du genre. Comme très souvent chez Salvadori, l’écriture est fine, acérée, presque chirurgicale et les dialogues un travail d’orfèvre. Plein de fantaisie et de poésie « En liberté » ne va jamais où on l’attend et surprend à chaque scène. L’inventivité est aussi le maître mot de la mise en scène de Salvadori chez qui chaque plan paraît calculé au millimètre. Quant à l’interprétation, si tout le casting est impeccable, on n’a jamais vu Adèle Haenel aussi lumineuse. La comédie française de l’année!

5

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Critique: Un Peuple et son Roi

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Réalisation Pierre Schoeller
Scénario Pierre Schoeller
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre historique
Durée 121 minutes
Sortie 26 Septembre 2018

En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. UN PEUPLE ET SON ROI croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au coeur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

Sept ans après « l’Exercice de l’Etat », Pierre Schoeller continue à creuser le thème du politique en s’intéressant ici à ce qui fait le socle de notre démocratie. Il situe donc son action entre la prise de la Bastille en 1789 et l’exécution de Louis XVI en 1793. Chronologiquement, il analyse un pan de notre Histoire d’une richesse et d’une densité folles. Schoeller multiplie les personnages et insiste sur l’importance du rôle des femmes dans ces évènements. Remarquablement mis en scène et photographié, parfois à la lueur des bougies, le film offre également quelques beaux rôles, notamment à Olivier Gourmet et Adèle Haenel. Le défaut du film réside dans l’immensité de son sujet qui aurait mérité un film plus long ou en plusieurs parties tant on a souvent l’impression de survoler le sujet et les personnages. Reste une leçon d’Histoire  de qualité…

3

Critique: 120 Battements par minute

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Réalisation Robin Campillo
Scénario Robin Campillo
Philippe Mangeot
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films de Pierre
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 135 minutes
Sortie 23 Août 2017

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale. 
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Après les Revenants et Eastern Boys, Robin Campillo réalise son troisième film que les festivaliers de Cannes avaient auréolé du titre de « Palme du Coeur », le film décrochant finalement un « Grand Prix »! Campillo a voulu parler de son expérience de militant d’Act Up dans les années 90 et décrit durant les deux heures quinze du film le quotidien d’un groupe de militants, entre les réunions hebdomadaires (les RH) et les actions coup de poing. Pour mieux nous plonger dans ce quotidien, entre combat contre la maladie et rage du manque de reconnaissance de l’Etat, Campillo dilate les scènes au maximum et multiplie les détails à la manière d’un documentaire. Malgré ce parti pris, 120 Battements par minute ne faiblit jamais et trouve son souffle dans ses personnages, tous impeccablement travaillés, Adèle Haenel, la « star », ne tirant jamais la couverture à elle. Si Campillo ne recule devant rien, que ce soit dans les scènes de sexe ou dans la description de la maladie, il ne cherche jamais à choquer mais juste à marquer les esprits. Passionnant et instructif, 120 Battements par minute est surtout un plaidoyer pour le militantisme de toutes natures à la fois plein de vie et terriblement émouvant! On claque des doigts!

4.5

Critique: La fille inconnue

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Titre original La Fille inconnue
Réalisation Jean-Pierre Dardenne
Luc Dardenne
Scénario Jean-Pierre Dardenne
Luc Dardenne
Acteurs principaux
Pays d’origine Belgique
Durée 113 minutes
Sortie 12 octobre 2016

Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de l’identifier, Jenny n’a plus qu’un seul but : trouver le nom de la jeune fille pour qu’elle ne soit pas enterrée anonymement, qu’elle ne disparaisse pas comme si elle n’avait jamais existé.

Pour une fois repartis bredouilles de Cannes où ils avaient pris l’habitude de tout gagner, dont pas moins de 2 Palmes d’Or, les frères Dardenne ont prouvé qu’ils savaient écouté les avis sur leur travail. En effet, face aux avis plutôt négatifs qui ont suivi cette présentation à Cannes, ils ont décidé de remonter le film, en coupant notamment 7 minutes. Sans avoir vu le film sur la Croisette il est difficile de faire la comparaison entre les deux versions. Toutefois, si ce dernier opus n’est pas le plus réussi, « la Fille Inconnue » est un très bon film. Comme souvent chez les Dardenne, on assiste au combat d’une femme, à une quête. Ici Jenny, jeune médecin ultra professionnelle, commet une seule erreur, ne pas ouvrir à une femme qui sonne à son cabinet, une heure après la fermeture. Le lendemain, elle apprendra son décès. Pour se racheter, elle enquête pour redonner à cette fille inconnue son humanité, en tentant de retrouver son identité. Remarquablement menée cette enquête verra la tension dramatique monter lentement jusqu’à un dénouement des plus forts où chacun s’avérera coupable.

4

 

Critique Dvd: Les Ogres

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Réalisation Léa Fehner
Scénario Léa Fehner, Catherine Pailléet Brigitte Sy
Acteurs principaux
Sociétés de production Bus Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 136 minutes
Sortie 16 mars 2016

LE FILM:

4.5

Ils vont de ville en ville, un chapiteau sur le dos, leur spectacle en bandoulière. Dans nos vies ils apportent le rêve et le désordre. Ce sont des ogres, des géants, ils en ont mangé du théâtre et des kilomètres. Mais l’arrivée imminente d’un bébé et le retour d’une ancienne amante vont raviver des blessures que l’on croyait oubliées. Alors que la fête commence !

Second film de Lea Fehner après « Qu’un seul tienne et les autres suivront », « les Ogres » est une fiction mais au réalisme quasi-documentaire. En effet, la réalisatrice est la fille d’un couple de théâtreux itinérants et c’est presque sa vie et son enfance qu’elle raconte ici, donnant même des rôles aux membres de sa famille. Sous ses airs de documentaire un peu foutraque, c’est en fait une grande fresque remarquablement construite, véritable hommage aux artistes et aux acteurs en particulier. Aucun rôle n’est négligé, chacun étant sur la même ligne! Ca crie beaucoup, ça pleure, ça rie, c’est rabelaisien,  c’est tout simplement débordant de vie et totalement enthousiasmant comme peu de films français l’ont été depuis des mois! On en redemande!

TECHNIQUE:

4.5

Rien à dire, c’est parfait!

BONUS:

2.5

On trouve ici trois scènes commentées par l’équipe du film. Intéressant mais frustrant!

VERDICT:

4.5

L’un des grands film français de l’année!

Disponible en DVD chez Pyramide Video dès le 23 août

 

 

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Critique Dvd: Les Combattants

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  • Réalisé par :
    Thomas Cailley
  • Avec :
    Adèle HaenelKevin AzaïsAntoine LAURENT
  • Durée :
    1h38min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Haut et Court

LE FILM:

4.5

 

 

Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille… Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

Adèle Haenel avec son physique unique, mélange de sensualité et de bestialité, de douceur et de brutalité, n’incarne pas Madeleine; elle est Madeleine. Cette jeune fille obsédée par la fin du monde n’a qu’une idée en tête, devenir soldat d’élite et s’entraîne à fond pour ça à base de plongée avec un sac lesté de briques ou de boisson au maquereau mixé. Sa rencontre avec Arnaud, jeune ouvrier doux comme un agneau, plus rêveur que nihiliste, n’a rien d’évident.

Pour son premier film, Thomas Cailley parvient à façonner un objet filmique complètement inédit, surfant sur la comédie romantique, le film militaire, le film de potes ou encore le film catastrophe. Si le duo d’acteurs offre une performance unique et une alchimie rare, Thomas Cailley nous gratifie de quelques moments qui resteront comme des images majeures de cette année cinéma, notamment un formidable « atelier maquillage » ou un final catastrophe assez unique!

TECHNIQUE:

3.5

 

Très correct à l’exception de quelques défauts de compression dans le brouillard.

BONUS:

2.5

 

Outre la bande annonce et un mini clip sur la présentation du film à Cannes, on trouve le court-métrage de Thomas Cailley, « Paris-Shangaï » mais rien sur la confection du film, dommage…

VERDICT:

4.5

 

L’un des bijoux de 2014 enfin en vidéo!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez FranceTV Distribution dès le 7 janvier

 



Critique: L’Homme qu’on aimait trop

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  • Réalisé par :
    André Téchiné
  • Avec :
    Guillaume Canet, Catherine Deneuve, Adèle Haenel…
  • Durée :
    1h56min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Mars Distribution

1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance de Renée, Maurice Agnelet, un avocat de dix ans son aîné. Maurice a d’autres liaisons. Agnès l’aime à la folie. Actionnaire du Palais de la Méditerranée, Agnès veut vendre sa part de l’héritage familial pour voler de ses propres ailes. Une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. On menace Renée. Derrière ces manœuvres guerrières plane l’ombre de la mafia et de Fratoni le patron du casino concurrent qui veut prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée. Tombé en disgrâce auprès de Renée, Maurice met en relation Agnès avec Fratoni qui lui offre trois millions de francs pour qu’elle vote contre sa mère. Agnès accepte le marché. Renée perd le contrôle du casino. Agnès supporte mal sa propre trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît à la Toussaint 1977. On ne retrouvera jamais son corps. Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’éternel suspect de ce crime sans preuve ni cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat pour qu’il soit condamné…

Tout comme avec la Fille du RER, Téchiné s’empare d’un fait divers. Ici, l’homme qu’on aimait trop, c’est Maurice Agnelet, un avocat séducteur, homme à femmes et homme d’argent qui sema la zizanie dans la famille Le Roux, jusqu’à la disparition inexpliquée de la fille Agnès. Téchiné ne choisit pas l’angle du film policier mais construit une tragédie, par petites touches comme il sait si bien le faire. Pour décrire ses personnages au plus juste, sans manichéisme, il étire son récit, nous rendant témoins d’une manipulation mentale progressive. Seul bémol, l’impression de certaines longueurs que le quart d’heure final (le procès), parfaitement inutile puisque redondant, ne fait que renforcer, d’autant que l’on n’échappe pas aux grimages ridicules de Deneuve et Canet qui font d’ailleurs paraître le second plus âgé que la première! Le trio d’acteurs est par contre à son summum, avec notamment une Adèle Haenel qui confirme de film en film son statut de grande actrice en devenir!

NOTE: 7/10