CRITIQUE DVD: JOHNNY ROI DES GANGSTERS

Troisième volet des « Introuvables » de Wild Side parus le 28 septembre, « Johnny roi des gangsters » est à découvrir de toute urgence!

LE FILM:

Bénéficiaire d’une libération sur parole, Johnny Eager  semble être un sympathique chauffeur de taxi. Il est en réalité le chef d’un puissant syndicat du crime qui règne sur les paris et les courses. C’est alors qu’il fait la connaissance de Lisbeth qui fait des études de sociologie et est intéressée par le cas de délinquant revenu dans le droit chemin. Fille d’un homme politique influent, elle pourrait être utile à son nouvel amant…

Film peu connu réalisé par un metteur en scène sous-estimé, Mervin Leroy, « Johnny Eager » est un film noir dans la grande tradition américaine de cette période. D’une intensité sans pareille d’un bout à l’autre, le film est d’une richesse rare que ce soit au niveau de l’intrigue, des personnages ou des dialogues. Il faut noter la présence d’un trio d’acteurs fabuleux avec Robert Taylor, gangster aux deux visages, la sublime Lana Turner (qui pour une fois joue une femme très cultivée!) et bien sûr Van Hefling dans le rôle du bras droit admiratif (amoureux?) de Johnny, qui remporta d’ailleurs un Oscar pour son rôle! 

Un film passionnant donc  bénéficiant d’un master restauré de toute beauté permettant de (re)découvrir le film dans des conditions optimales!

LES BONUS:

Hormis une galerie photos et une bande annonce, on peut trouver un entretien du toujours passionnant Patrick Brion qui réhabilite le travail de Mervin Leroy et de Robert Taylor.

EN CONCLUSION:

Avec « lame de fond », c’est l’autre INDISPENSABLE de cette nouvelle fournée des Introuvables Wild Side: fabuleux film et dvd techniquement irréprochable!

CRITIQUE: DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES (1955)

Tony le Stéphanois est un gangster usé qui sort tout juste de prison. Il décide malgré tout de tenter un dernier coup avec trois complices: le braquage d’une joaillerie en plein Paris. Trahis par une ancienne maîtresse de Tony, ils devront aller au bout de leur casse et affronter un gang rival…

En 1955, alors que Jules Dassin est black-listé à Hollywood et rejoint donc la France. C’est à ce moment là qu’on lui propose ce film dont le scénario ne l’enchante guère à priori. Il est vrai qu’il n’est pas d’une très grande originalité; cela n’a pas empêché de nombreux réalisateurs de s’en inspirer depuis cinquante ans: on pourrait y trouver du Michael Mann, du Tarantino ou avant eux du Melville. Mais ce qui fait de ce film un vrai chef d’oeuvre, c’est sa réalisation, d’une originalité et d’une précision rares. Deux scènes sont entrées dans l’Histoire du Cinéma: la fameuse scène du casse (27 minutes sans dialogues ni musique!), un monument de mise en scène et la scène finale d’une beauté formelle à couper le souffle (je n’en dirai pas plus!).

Aux heureux possesseurs de lecteurs blu-ray, je ne saurais que trop recommander la merveilleuse édition Gaumont qui comme d’habitude allie une restauration parfaite du film et des bonus qui privilégient la qualité à la quantité. Ici, un documentaire passionnant revient sur le film et son réalisateur avec des interventions d’Alain Corneau  et de Claude Chabrol (RIP), ou encore de Nadine Trintignant. Indispensable!