En février, OCS broie du noir…

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Les amateurs de films noirs se régalent ce mois-ci sur OCS avec la diffusion de classiques du film noir sur le calendrier suivant:

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Outre ces grands films à voir ou revoir, la chaîne OCS Géants diffusera un excellent documentaire intitulé « Los Angeles: Cité du Film Noir », réalisé par Clara et Julia Kuperberg. Dans ce passionnant documentaire de 52 minutes, trois grands noms bien connus des amateurs du genre, James Ellroy, Eddie Muller et Alain Silver, reviennent sur un genre à part entière et en particulier sur une ville qui illustre à elle seule tout un pan de la littérature et du cinéma US, Los Angeles!

DIFFUSION le 28 Février à 22h30.

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Critique Bluray: Balade entre les tombes

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  • Date de sortie :
    15 octobre 2014
  • Réalisé par :
    Scott Frank
  • Avec :
    Liam NeesonDan StevensDavid Harbour
  • Durée :
    1h54min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  2014
  • Titre original : A Walk Among the Tombstones
  • Distributeur :
    Metropolitan

LE FILM:

4

 

Ancien flic, Matt Scudder est désormais un détective privé qui travaille en marge de la loi. Engagé par un trafiquant de drogue pour retrouver ceux qui ont enlevé et assassiné sa femme avec une rare violence, Scudder découvre que ce n’est pas le premier crime sanglant qui frappe les puissants du milieu… S’aventurant entre le bien et le mal, Scudder va traquer les monstres qui ont commis ces crimes atroces jusque dans les plus effroyables bas-fonds de New York, espérant les trouver avant qu’ils ne frappent à nouveau…

Liam Neeson s’étant fait une spécialité de films d’action bas du front si possible estampillés Besson, on pouvait craindre un énième ersatz de Taken. Que nenni! Cette « balade entre les tombes » s’avère des plus recommandables! Si la jaquette nous vend un film d’action pur, il s’agit en fait d’un vrai film noir dans la grande tradition du polar 70’s; on est heureusement plus près de Serpico que de Taken. L’intrigue est plutôt bien menée et sait prendre son temps, sans multiplier les scènes d’action inutiles, la photo est une réussite et le réalisateur sait instaurer un vrai climat. Une très bonne surprise!

TECHNIQUE:

4.5

 

Comme souvent chez Metropolitan, c’est un sans faute!

BONUS:

3

 

On trouve ici diverses featurettes qui reviennent entre autres sur le livre, le tournage ou encore l’avant-première parisienne. un peu promo tout de même…

VERDICT:

4

 

Un film noir très recommandable!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez Metropolitan Vidéo dès le 16 février


CRITIQUE DVD: QUELQUE PART DANS LA NUIT

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  • Réalisé par :
    Joseph L. Mankiewicz
  • Avec :
    John HODIAK, Nancy GUILD, Lloyd Nolan…
  • Durée :
    1h45min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  1946
  • Titre original : SOMEWHERE IN THE NIGHT

LE FILM: 9/10

George Taylor, soldat devenu amnésique après une blessure, revient à Los Angeles avec comme seuls repères sur son passé un nom qui ne lui dit rien, Larry Cravat, et la lettre haineuse d’une femme, morte entre-temps…

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Deuxième film de Joseph L. Mankiewicz après le Château du Dragon, Quelque part dans la Nuit est un pur film noir qui s’appuie sur un scénario extrêmement malicieux. Sans star à l’affiche, le plus connu étant Richard Conte, le film nous immerge d’entrée avec une caméra subjective dans la peau d’un soldat amnésique. A partir de deux indices, il va tenter de faire la lumière sur un passé quelque peu ombrageux. Si l’acteur principal ne bénéficie pas d’un charisme à toute épreuve, il s’en sort avec les honneurs, et l’on suit ses aventures avec grand intérêt. Superbement écrit, Quelque part dans la nuit n’en est pas moins magnifiquement mis en scène, notamment avec quelques scènes brillantes dans l’hôpital psychiatrique ou sur les docks. Quant à la jeune Nancy Guild, elle joue d’un charme mystérieux à la Lauren Bacall qui participe à l’ambiance noire de ce petit chef d’oeuvre! A découvrir!

TECHNIQUE: 8/10

Malgré un grain assez présent, la copie s’en sort avec les honneurs! Pas de VF disponible.

BONUS: 1/10

La bande-annonce et c’est tout…

VERDICT: 9/10

Un film noir terriblement prenant!

Disponible en DVD (5.99 euros) chez Fox

 

 

CRITIQUE BLU-RAY: EN QUATRIEME VITESSE

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LE FILM: 9/10

Une nuit, le célèbre détective privé Mike Hammer prend dans sa voiture une jeune femme terrorisée. Elle lui avoue s’être échappée d’un asile psychiatrique. Malgré ses propos confus, Hammer comprend que la jeune femme est poursuivie par des mystérieux tueurs. Ainsi commence l’enquête la plus démentielle et la plus incroyable du polar américain !

Troisième film de Robert Aldrich après Bronco Apache et Vera Cruz, En Quatrième Vitesse est l’adaptation d’un roman de Mickey Spillane avec comme héros le célèbre détective Mike Hammer. Sorti en 1955, en pleine Guerre Froide, ce film noir est un miroir fidèle de son époque, gangrénée par une paranoïa générale. Ici, l’intrigue n’est finalement qu’un prétexte et ne sera d’ailleurs jamais vraiment élucidée, tout ce qui compte c’est cette angoisse et cette fièvre qui transpire de chaque plan grâce à la mise en scène absolument magistrale d’Aldrich, jusqu’à un final à couper le souffle.

Ce film restera comme l’un des plus grands polars américains et inspira d’ailleurs de nombreux cinéastes comme Lynch ou Tarantino (souvenez-vous de la malette ouverte par Vincent Vega dont on ne connaissait pas le contenu mais qui illuminait son visage!).

TECHNIQUE: 9/10

Magnifique copie quasiment parfaite malgré les années!

BONUS: 9/10

Outre la bande-annonce et la fin originale plus ambigüe sur le sort de Hammer, on trouve une analyse comme toujours pertinente de Philippe Rouyer et un entretien avec Larry Cohen qui revient sur les adaptations des aventures de Mike Hammer.

VERDICT: 9/10

Chef d’œuvre du film noir indispensable!

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films dès le 20 novembre


CRITIQUE DVD: MYSTERE A MEXICO

LE FILM:7/10

Inspecteur d’assurances, Steve Hastings est envoyé par sa société à Mexico afin de retrouver la trace d’un agent mystérieusement disparu. La soeur de celui-ci, la séduisante Victoria, aide Steve dans ses recherches, qui le mènent bientôt sur la piste d’un trafic de bijoux.

Septième long métrage de Robert Wise, habile artisan hollywoodien auteur de quelques jolis morceaux de cinéma (The Body Snatcher, Nous avons gagné ce soir, le coup de l’escalier, West side story ou encore la Mélodie du bonheur!), « Mystère à Mexico » est l’un de ces petits films noirs qui fleurissaient sur les écrans dans les années 40. Sans révolutionner le genre, le film de Wise est un jeu de piste agréable, rythmé (le film ne dure que 65 minutes!) et servi par un duo de comédiens convaincant (William Lundignan et Jaqueline White)!

Tous les ingrédients du genre sont réunis, un vol de bijou, une blonde qui attire les soupçons, un détective pour mener l’enquête, un disparu et quelques faux semblants! Un bon moment et une copie fort agréable même si quelques défauts de pellicule apparaissent ça et là mais rien d’anormal pour un film de cette époque!

LES BONUS: 0/10

Rien du tout mais le prix fort modeste explique tout!

VERDICT: 7/10

Un DVD à acheter les yeux fermés pour les amateurs de films noirs!

Disponible en DVD (9,99 euros) chez Editions Montparnasse dans la collection RKO!

 

CRITIQUE DVD: NIGHTFALL

LE FILM: 9/10

James Vanning est un homme simple et tranquille. Mais l’argent d’un casse a disparu et deux malfrats extrêmement dangereux pensent qu’il est en sa possession. Vanning devient un homme en fuite, traqué par ces malfrats, filé par l’enquêteur de la compagnie d’assurance. Marie Gardner, un mannequin qu’il rencontre par hasard, s’embarque bientôt avec lui dans cette aventure qui les emmènera dans les montagnes enneigées du Wyoming…

Surtout connu pour avoir réalisé les films fantastiques « la Féline », « Vaudou » ou « l’Homme Léopard » ou encore le polar « La Griffe du Passé » avec Robert Mitchum, Jacques Tourneur réalise « Nightfall » en 1956, à une époque où le film noir est un genre un peu tombé en désuétude. Après un début typique du genre avec cette scène de nuit en pleine ville et l’apparition du héros, apparemment traqué, le film quitte les lieux communs à travers ces flash-backs dans les plaines enneigées du Wyoming et ces scènes de jour comme ce défilé de mode en plein air. Brillamment mis en scène par Tourneur, avec toujours son goût du non-dit et du hors-champ, le film reste surprenant même si la trame du scénario, un homme injustement traqué, a été utilisée maintes et maintes fois. Autre originalité du film, son format large préféré par Tourneur par rapport à un format carré, donnant une esthétique particulière au film. Côté interprétation, malgré les reproches qui furent faits au film, Aldo Ray, avec sa voix cassée, est un excellent choix ainsi que sa partenaire Ann Bancroft mais la grande réussite tient à son excellent duo de méchants Brian Keith/Rudy Bond! Pour couronner le tout, le film offre une scène finale avec un chasse-neige qui restera dans les mémoires!

Un vrai petit bijou donc dans une copie de toute beauté!

LES BONUS: 9,5/10

Outre une bande-annonce et une galerie photos, le DVD nous propose une très bonne interview (26 mins) de Michael Henry Wilson, l’auteur des fabuleux « entretiens avec Clint Eastwood » et « Entretiens avec Martin Scorsese »,  sur Jacques Tourneur.

Et bien sûr, comme toujours dans cette collection, on trouve un livre, ici « le Noir n’est pas si noir » de Philippe Garnier qui revient sur David Goodis, auteur du livre à l’origine du film et sur le film lui-même! Incontournable!

VERDICT: 9,5/10

Un indispensable de plus dans une collection symbole de ce qui se fait de mieux en matière de réédition de films de patrimoine!

Disponible en DVD (29,99 euros) dans la collection Classics Confidential chez Wild Side Video

CRITIQUE: SUR LA PLANCHE

Tanger – Aujourd’hui, quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre le jour et vivent la nuit. Elles sont ouvrières réparties en deux castes : les textiles et les crevettes. Leur obsession : bouger.
« On est là » disent-elles. De l’aube à la nuit la cadence est effrénée, elles traversent la ville. Temps, espace et sommeil sont rares. Petites bricoleuses de l’urgence qui travaillent les hommes et les maisons vides.
Ainsi va la course folle de Badia, Imane, Asma et Nawal…

Dans ce premier long métrage de Leila Kilani, le personnage principal c’est Tanger et plus particulièrement sa zone franche, zone portuaire très sécurisée où les jeunes filles affluent de tout le Maroc pour trouver du travail. Elles y sont soit « textile », soit « crevette », la seconde catégorie étant la moins valorisante: les filles épluchent des crevettes toute la journée, payées au kilo, véhiculant une odeur pestilencielle dont elles ne se débarassent jamais faute d’avoir une douche chez soi. La seule échappatoire pour les quatre jeunes filles, voler les garçons rencontrés le soir et revendre pour se faire un peu d’argent. Les coups de plus en plus importants, les filles vont se mettre en danger.

Sur un style très proche du documentaire, la réalisatrice dépeint une société marocaine en pleine évolution, loin des clichés en particulier sur la femme orientale et sa soumission. Tourné caméra à l’épaule, « sur la planche » est un vrai film social mais aussi un authentique film noir dont on pressent dès le début que cela va mal finir. Ponctué des monologues étranges de Badia, « Sur la planche » pourrait être un mélange des films de Jacques Audiard pour le climat et d’Abdellatif Kechiche pour la direction d’acteurs et les dialogues.

Loin d’être parfait, le film de Leila Kilani, par sa radicalité et la puissance de ses interprètes, ressemble à s’y méprendre à un véritable diamant brut. A découvrir d’urgence!