CRITIQUE: DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES (1955)

Tony le Stéphanois est un gangster usé qui sort tout juste de prison. Il décide malgré tout de tenter un dernier coup avec trois complices: le braquage d’une joaillerie en plein Paris. Trahis par une ancienne maîtresse de Tony, ils devront aller au bout de leur casse et affronter un gang rival…

En 1955, alors que Jules Dassin est black-listé à Hollywood et rejoint donc la France. C’est à ce moment là qu’on lui propose ce film dont le scénario ne l’enchante guère à priori. Il est vrai qu’il n’est pas d’une très grande originalité; cela n’a pas empêché de nombreux réalisateurs de s’en inspirer depuis cinquante ans: on pourrait y trouver du Michael Mann, du Tarantino ou avant eux du Melville. Mais ce qui fait de ce film un vrai chef d’oeuvre, c’est sa réalisation, d’une originalité et d’une précision rares. Deux scènes sont entrées dans l’Histoire du Cinéma: la fameuse scène du casse (27 minutes sans dialogues ni musique!), un monument de mise en scène et la scène finale d’une beauté formelle à couper le souffle (je n’en dirai pas plus!).

Aux heureux possesseurs de lecteurs blu-ray, je ne saurais que trop recommander la merveilleuse édition Gaumont qui comme d’habitude allie une restauration parfaite du film et des bonus qui privilégient la qualité à la quantité. Ici, un documentaire passionnant revient sur le film et son réalisateur avec des interventions d’Alain Corneau  et de Claude Chabrol (RIP), ou encore de Nadine Trintignant. Indispensable!

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