CRITIQUE: DANS LA VALLEE D’ELAH (2007)

Voilà un excellent film américain qui nous arrive en dvd! « Dans la vallée d’Elah » est écrit et réalisé par le très très très bon et multi-oscarisé Paul Haggis qu’on connaît pour avoir également écrit et réalisé (chose assez rare aux Etats-Unis pour être soulignée!) « Collision ». Il est également l’auteur des scénarios de « Million dollar baby » et du diptyque composé du pompeux « Mémoires de nos pères » et du formidable « Lettres d’Iwo Jima »: ça vous situe le bonhomme!

« Dans la vallée d’Elah », donc, c’est l’histoire d’un ancien Marine, interprété par le toujours exceptionnel Tommy Lee Jones, qui apprend que son fils, tout juste de retour d’Irak, a disparu lors de sa dernière permission. Il va, accompagné d’une enquêtrice (impeccable Charlize Theron), partir à sa recherche et le retrouver débité « façon puzzle » dans un champ.

Le duo va alors se lancer dans la traque de l’assassin, ponctuée de révélations sur la vie de la jeune victime en Irak. Non content d’avoir mis en scène un excellent polar, Haggis traîte également d’un phenomène peu connu: les névroses post-traumatiques qui touchent les soldats à leur retour. Voilà un sujet archi-lourd qui aurait pu engendrer  festival de scènes larmoyantes et pathos à gogo. Il n’en est rien et c’est la grande réussite de Paul Haggis: on assiste à une vraie bonne enquête policière servie par des comédiens au sommet de leur art: Tommy Lee Jones en vieux marine quasi-mutique, Charlize Theron en femme flic obstinée et agacée de voir qu’elle a toujours un train de retard sur le paternel et enfin la très rare Susan Sarandon en mère éplorée qui en veut à son mari d’avoir entraîné dans la mort ses deux fils (« rentre dans l’armée, tu seras un homme! »).

Le dvd vient de sortir chez Warner assorti d’un making-of intéressant pour une fois loin des traditionnels Making-of promos habituels pour les films américains: 19.99 euros en vente partout!

CRITIQUE: L’ECHANGE (2008)

Universal Pictures

Le grand Clint est toujours vivant et signe une fois de plus un très grand film. Il s’agit ici d’une histoire vraie, celle de Christine Collins, mère célibataire en 1928, dont le fils est enlevé un jour où elle est au travail. Quelques mois plus tard, la police, alors gangrénée par la corruption, lui ramène son fils. Sauf que selon la mère, ce n’est pas son fils! La police était pourtant bien contente d’afficher un résultat positif et voilà que cette bonne femme leur met des bâtons dans les roues en clamant partout qu’il y a eu erreur! Sur ce fait, Christine est considérée comme démente et envoyée à l’asile. C’est sans compter sur le pasteur de l’église presbytérienne incarné par le brillant John Malkovich, à l’affût de tous les faux pas de la police qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et faire relancer l’enquête.

Eastwood met en place un récit chronologique qui expose méticuleusement les faits. Il est aidé dans cette entreprise par un casting haut de gamme avec en tête une Angelina Jolie exceptionnelle toute en retenue et en sobriété et un Malkovich comme toujours d’une intensité rare. La reconstitution est soignée et Eastwood se sort à merveille de l’énorme difficulté posée par le scénario: il arrive à traiter de plusieurs thèmes majeurs ( la corruption, la difficulté d’être une femme dans les années 20, le deuil, la peine de mort, l’arbitraire, la psychiatrie…) sans se disperser et perdre son public. Le film vous prend littéralement aux tripes et ne vous lâche plus.

A voir absolument!