Critique Bluray: Y aura-t-il de la neige à Noël ?

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LE FILM:

4

 

 

Dans une ferme provençale, une mère protectrice et dévouée élève ses sept enfants tout en se démenant au travail. Le père, véritable patriarche à l’ancienne et souvent absent, mène une double vie. Le quotidien difficile de l’exploitation agricole est rythmé au gré des saisons par de micro-évènements familiaux qui tendent à rapprocher les enfants de leur mère…

Produit par le regretté Humbert Balsan, ce premier film fut un succès surprise lors de sa sortie avec près de 100 000 entrées. Pourtant, le sujet austère n’annonçait en rien cet accueil inattendu. A cheval entre le film social (la vie d’une famille dans les champs, à la dure) et le conte (la mère et ses petits d’un côté et le père, figure du mal de l’autre), le film de Sandrine Veysset est à la fois extrêmement réaliste, écartant tout effet et afféterie, comme l’absence de musique par exemple, mais aussi travaillé esthétiquement. La photo du film, par exemple, évolue au gré des saisons, de couleurs chaudes à des couleurs quasiment délavées quand vient l’hiver. Quant aux comédiens, notamment les enfants, ils livrent une partition des plus convaincantes et Daniel Duval en père violent est glaçant. Un vrai beau film à (re)découvrir.

TECHNIQUE:

4

 

 

Une copie restaurée avec soin qui respecte parfaitement à très belle photo du film.

BONUS:

3.5

 

 

Outre la bande annonce, on trouve une rencontre entre la réalisatrice et la directrice photo ainsi qu’une interview de la comédienne qui interprétait la mère.

VERDICT:

4

 

 

Un beau premier film, succès surprise de 1996.

Disponible en bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films

CRITIQUE: LES LYONNAIS

De sa jeunesse passée dans la misère d’un camp de gitans, Edmond Vidal, dit Momon, a retenu le sens de la famille, une loyauté sans faille, et la fierté de ses origines. Il a surtout conservé l’amitié de Serge Suttel. L’ami d’enfance avec qui il a découvert la prison à cause d’un stupide vol de cerises. Avec lui, inexorablement il a plongé dans le Grand Banditisme, et connu l’apogée du GANG DES LYONNAIS, l’équipe qu’ils ont formée ensemble et qui a fait d’eux les plus célèbres braqueurs du début des années soixante dix. Leur irrésistible ascension prend fin en 1974, lors d’une arrestation spectaculaire.
Aujourd’hui à l’approche de la soixantaine, Momon tente d’oublier cette période de sa vie. Sa rédemption, il l’a trouvée en se retirant des « affaires ». En prenant soin de Janou, son épouse, qui a tant souffert à l’époque et de ses enfants et petits enfants, tous respectueux, devant cet homme aux valeurs simples et universelles, lucide et pétri d’humanité. A l’inverse de Serge Suttel, qui malgré le temps n’a rien renié de son itinéraire…

Voilà un film dont on peut dire qu’il est sévèrement burné! Même si pour une fois, Olivier Marchal passe du côté des flics à celui des gangsters, c’est bien un film d’Olivier Marchal. Et même s’il y a beaucoup de bonnes choses dans ce nouvel opus du roi du polar à la Française, la mayonnaise ne prend pas. La mise en scène est maîtrisée, le casting qui réunit de vraies « gueules » du Cinéma français (Lanvin, Karyo, Duval, Chicot…) et de jeunes acteurs tous excellents est parfait mais pourtant l’ennui montre vite le bout de son nez. Pourquoi ? Parce qu’on a l’impression d’avoir vu ça des dizaines de fois ne serait-ce que dans la série Braquo du même Olivier Marchal ou chez Richet (Mesrine), parce que les films de Marchal sont toujours noyés sous un déluge de musique ( il est bon de souligner que parfois, le silence amène encore plus d’intensité que les violons!) et que c’est toujours le même type de photo avec cet aspect gris métallisé et pour finir, parce que même si c’est soi-disant l’un des meilleurs rôles de Gérard Lanvin, son jeu est toujours quand même un peu figé.

On peut toutefois reconnaître au film d’être fait avec une grande sincérité, toute à la gloire des ces truands dont Marchal admire tant le code d’honneur. A réserver aux fans d’Olivier Marchal.