CRITIQUE: Amour

Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

Trois ans après son dernier film, « le Ruban Blanc », Palme d’Or à Cannes, le cinéaste autrichien Michael Haneke remporte à nouveau la récompense suprême avec ce film inspiré de son expérience familiale. Cinéaste au style assez froid et clinique aux films souvent violents, Haneke baptise ce nouveau film « Amour » mais en fait pourtant son film le plus dur. Traitant du thème de la fin de vie et des répercussions sur la famille, Haneke nous montre les derniers mois au sein d’un couple jusqu’à l’issue fatale.

Il place donc le spectateur en face d’un drame qui touchera forcément chacun un jour et n’épargne aucun détail: le personnage d’Anne, déclinant physiquement au fil des semaines, connait la paralysie, l’incontinence, la démence et tous les détails inhérents à ce genre de problèmes et son mari, Georges, tente, autant que faire se peut, de faire face. Comme toujours chez Haneke, la caméra ne s’encombre d’aucun artifice et laisse les personnages évoluer dans son champ, pour plus de réalisme,  et n’élude rien, en étirant les scènes au maximum, parfois à la limite du supportable. Mais là où le film est magique, c’est qu’au-delà de ces actes quotidiens souvent douloureux, l’Amour entre ces deux êtres que sont Anne et Georges suinte à chaque plan, que ce soit dans les paroles ou dans les gestes, quand il lave les cheveux de sa femme ou qu’il lui caresse la main.

La réussite du film d’Haneke ne serait pas la même sans l’interprétation de Jean-Louis Trintignant (sorti de 10 ans de retraite cinématographique pour ce film!) et Emmanuelle Riva, couple de cinéma bouleversant.

Un très grand film sur un sujet peu vendeur mais qui dévastera ceux qui tenteront l’expérience, tant il nous questionne : qu’est-ce que l’Amour et jusqu’où est-on prêt à aller pour accompagner l’être aimé ?

NOTE: 9.5/10

CRITIQUE BLU-RAY: Blow Out

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LE FILM: 9/10

Jack est preneur de son et bruiteur. Il recherche un cri d’effroi pour un des films de série B sur lesquels il travaille. Une nuit, dans un parc, il enregistre la scène d’un tragique accident de voiture s’abîmant dans la rivière. Il saute à l’eau mais n’arrive à sauver que la femme, Sally, qui accompagnait un homme politique qui meurt dans l’accident. En réécoutant la bande, Jack se rend compte qu’il s’agit d’un attentat et apprend par la presse qu’un photographe a
saisi la scène sur film. Il va tenter de joindre sa bande-son aux images du photographe afin de révéler l’attentat…

Sorti en 1981, juste après « Pulsions », « Blow Out » est un film au budget assez conséquent par rapport aux précédents films de de Palma mais sera un échec commercial malgré les immenses qualités du film. En s’attachant les services de la star John Travolta, le réalisateur pensait pourtant décrocher le jackpot; au contraire, ce fut l’une des plus cruelles désillusions de sa carrière, « Blow Out » étant son film le plus personnel.

Hommage au « Blow Up » d’Antonioni et à « Conversation Secrète » de Coppola, le film de de Palma met en scène un ingénieur du son, alter ego de de Palma. La scène au cours de laquelle il crée un film de l’accident en est l’illustration parfaite, le cinéma devenant une arme contre un complot politique. On y retrouve les thèmes chers au cinéaste comme la manipulation ou le voyeurisme et des références au cinéma d’Hitchcock. Brillamment réalisé, multipliant les prouesses techniques, « Blow Out » bénéficie également d’une photo somptueuse de Vilmos Zsigmond, faisant de ce film de de Palma plus qu’un thriller palpitant mais l’un des plus grands films des années 80. Palpitant et jubilatoire, « Blow Out » vous accroche d’un bout à l’autre, jusqu’à un final déchirant d’une beauté à couper le souffle!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie débarassée du poids des ans! La VO est bien sûre à privilégier à la VF, en mono seulement!

BONUS: 10/10

Qualité et quantité réunies! Outre la bande-annonce, on trouve une présentation du film par Samuel Blumenfeld, une analyse passionnante de Jean Douchet (27mins) et quatre longues interviews du producteur, du chef opérateur, du compositeur et de Nancy Allen!

VERDICT: 9.5/10

Un film majeur des années 80 dans un blu-ray top!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez CARLOTTA FILMS