CRITIQUE BLU-RAY: QU’EST-IL ARRIVE A BABY JANE ?

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LE FILM: 8.5/10

Baby Jane est une ex-starlette de variétés dont la carrière florissante a été brisée par un grave accident de voiture qui l’a laissée infirme. Elle vit désormais avec sa soeur Blanche recluse dans un manoir de Los Angeles. Jalouse des succès passés de Blanche, Jane va peu à peu sombrer dans la folie et la brutalité, mettant à mal les espoirs de rétablissement de sa soeur…

Au cours d’une carrière de près de trente ans qui a vu aussi bien des productions moyennes que d’authentiques chefs d’œuvre, Qu’est-il arrivé à Baby Jane est plus proche de la seconde catégorie. A travers ce thriller aux accents hitchcockiens, Aldrich déconstruit le mythe hollywoodien. Le personnage de Baby Jane, incarné par l’incroyable Bette Davis, rongé par la jalousie envers sa sœur dont l’ascension a coïncidé avec sa propre déchéance, sombre dans la folie la plus totale. Les brimades à sa sœur (Joan Crawford toute en retenue), handicapée par sa faute, se multiplient et prennent de plus en plus d’ampleur, au fil que le film gagne en tension. Baby Jane peut rejoindre tranquillement Norman Bates ou Hannibal Lecter au panthéon des plus grands maniaques!

Un thriller choc porté par deux actrices en état de grâce!

TECHNIQUE: 10/10

Une copie époustouflante qui magnifie la très belle photo du film, granuleuse comme il faut!

BONUS: 10/10

On trouve sur cette édition un tas de bonus absolument passionnants:

Documentaire Tout sur Bette Davis (48′) narré par Jodie Foster
– Commentaires audio non sous-titrés de Charles Busch et John Epperson
– Bette & Joan : une ambition aveuglante (30′)
– Extrait du Andy Williams Show (2′)   dans lequel Bette Davis pousse la chansonnette!
– Coulisses du tournage (7′) avec des images très rares
– Documentaire sur Joan Crawford (1967

 

VERDICT: 9/10 

Une édition bluray immanquable pour l’un des meilleurs films d’Aldrich.

CRITIQUE: INSIDE LLEWYN DAVIS

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Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu’un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu’il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l’aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n’importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu’à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d’où il vient.

Amoureux de musique, les frères Coen l’avaient déjà prouvé avec O’Brother et rien n’est moins étonnant de les voir s’intéresser à un musicien, Dave Van Ronk. Plutôt que de se livrer à un biopic comme Hollywood sait en faire, Joel et Ethan Coen s’inspirent de ce brillant mais anonyme musicien pour créer un pur personnage de fiction, Llewyn Davis. Extrêmement talentueux, Llewyn est malheureusement poursuivi par une poisse qui ne le quitte jamais: un ami lui confie son chat, il le perd; il a une relation sexuelle avec une amie, elle tombe enceinte et se met en couple avec son meilleur ennemi; il choisit de ne pas être payé avec un pourcentage sur les ventes d’un disque qu’il enregistre et cela devient un tube; la liste de ses déboires est interminable.

Traité sur un ton assez mélancolique, cet Inside Llewyn Davis pourrait s’appeler Inside Coen Brothers tant les choix du musicien s’apparentent à ceux des cinéastes: toujours refuser les compromis et revendiquer son art sans céder aux sirènes du show-business. Le film offre ainsi une pertinente réflexion sur l’art et la création en plus du portrait attachant d’un artiste magnifié par la performance brillante d’Oscar Isaac. S’il n’est pas le plus accessible des films des Coen, Inside Llewyn Davis est peut-être leur plus personnel, mélange original quelque part entre Barton Fink et A Serious Man et évoquant parfois les films de Woody Allen. Magnifique!

NOTE: 9/10