CRITIQUE BLU-RAY: HARA-KIRI 3D, MORT D’UN SAMOURAI

LE FILM: 8/10

Voulant mourir dignement, Hanshiro, un samouraï sans ressources, demande à commettre un suicide rituel dans la résidence du clan Li auprès de l’intendant Kageyu un guerrier forte tête. Essayant de décourager le samouraï, Kageyu lui conte l’histoire tragique d’un jeune rônin, Motome, venu récemment avec la même requête. Hanshiro est traumatisé par les détails horrifiants du sort qui fut réservé à Motome mais il persévère dans sa décision de mourir dans l’honneur. Au moment de commettre hara-kiri, il présente une ultime requête…

Remake du chef d’oeuvre « Harakiri » de Masaki Kobayashi (1962), ce film, réalisé par le polymorphe Takashi Miike (Audition, Ichi, 13 assassins…) fut entièrement tourné en 3D pour n’être finalement distribué dans la plupart des salles qu’en 2D! Ce « Hara-Kiri 3D » est un remake ultra fidèle à l’original, Miike se pliant même à une mise en scène très sobre et classique, épurée, donnant un film plus proche du mélodrame pur que du chambara. Hormis un combat et le Harakiri du début, dans lequel Miike se fait quand même plaisir avec son sadisme habituel, le film s’attache au drame vécu par motome et sa famille. Cette version de Miike est donc quasiment une version couleur de celle de Kobayashi, avec un interprète aux faux airs de Nakadai!

Le film, visible en 2D, offre une qualité d’image et de son irréprochables! La 3 D est complètement anecdotique, excepté pour la scène finale sous les flocons de neige, admirable!

LES BONUS: 1/10

La bande-annonce et c’est tout! Dommage!

VERDICT: 8/10

Un très beau film qui ravira surtout ceux qui ne connaissent pas l’original!

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray 3D compatible 2D chez Bodega Films dès le 5 novembre.

 


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CRITIQUE: GOYOKIN, L’OR DU SHOGUN (1969)

Devenu fan de ce réalisateur japonais à travers la dernière livraison wild side dont je traîte dans l’article sur « Tokyo Bordello », j’ai visionné ce soir un de ses plus grands films: « Goyokin, l’or du shogun », réalisé en 1969.

Une véritable claque! ce film est un monument! Le grand Tatsuya Nakadai incarne un samouraï traumatisé par le massacre d’un village de pêcheurs par son clan, pour de basses raisons financières. Quand il décide de se ranger, son clan menace de recommencer: il va retarder sa retraite pour prendre la défense des villageois et par là-même, se retourner contre son propre clan.

Bien qu’étant un pur chambara (film de sabre), ce film est aussi un véritable western spaghetti. En effet, le héros est un homme dévasté qui va se retourner contre les siens pour défendre les opprimés, thème souvent utilisé dans ce genre de films. La musique, également, a parfois des accents « morriconiens »et certains plans semblent tout droit sortis des films de Sergio Leone.

Le film bénéficie enfin d’une photographie de toute beauté, grâce à Kozo Okazaki, à qui l’on doit entre autres la photographie de « Yakuza » de feu Sidney Pollack. Dans le même genre et à la même époque, Gosha tournait « Hitokiri le châtiment » que j’ai vu récemment mais qui n’arrive pas à la cheville de Goyokin. Même s’il bénéficiait de quelques moments d’anthologie, il ne dégageait pas la puissance de celui-ci et souffrait d’interminables longueurs.

Goyokin est bel et bien un chef-d’oeuvre absolu! Ceux qui se laisseront tenter ne le regretteront pas!