CRITIQUE: TOKYO BORDELLO (1987)

Merci à Wild Side Video pour la sortie de 6 films indispensables d’un cinéaste japonais que certains comparent, à juste titre, à Sergio Leone: Hideo Gosha.

Parmi ceux-ci, on peut trouver Tokyo Bordello, réalisé en 1987, et dernier succès au box-office de son metteur en scène. C’est l’histoire de la jeune Hisano, vendue par son père à un proxénète qui la place dans une maison de geishas de Yoshiwara, le quartier chaud de Tokyo. Le spectateur va pouvoir suivre son apprentissage de l’art des geishas par trois autres oïrans (grandes geishas). Malgré des débuts difficiles où Hisano tentera même de s’enfuir, elle finira par se soumettre à sa condition. Elle sera même prête à tous les sacrifices pour atteindre son but: devenir la plus grande geisha.

Très loin de la mièvrerie du récent « Mémoires d’une Geisha », ce film est un formidable film où se cotoient des moments d’une rare violence, de grands moments d’émotion mais également des scènes d’un érotisme torride. En effet, une des caractéristiques d’Hideo Gosha est son talent inouï pour filmer ses actrices, toutes plus belles les unes que les autres aidé en cela par une photo réellement magnifique de Fujio Morita.

Enfin, la description qu’il fait du monde des geishas tient  du documentaire, mettant ainsi un grand coup aux idées recues qui entourent ces femmes . Ce film est à découvrir absolument ainsi que son réalisateur, d’autant que cette série de dvd bénéficie de transferts de grande qualité et de bonus rares en quantité mais passionnants à tous points de vue. Courez-y, vous ne le regretterez pas!

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CRITIQUE: GOYOKIN, L’OR DU SHOGUN (1969)

Devenu fan de ce réalisateur japonais à travers la dernière livraison wild side dont je traîte dans l’article sur « Tokyo Bordello », j’ai visionné ce soir un de ses plus grands films: « Goyokin, l’or du shogun », réalisé en 1969.

Une véritable claque! ce film est un monument! Le grand Tatsuya Nakadai incarne un samouraï traumatisé par le massacre d’un village de pêcheurs par son clan, pour de basses raisons financières. Quand il décide de se ranger, son clan menace de recommencer: il va retarder sa retraite pour prendre la défense des villageois et par là-même, se retourner contre son propre clan.

Bien qu’étant un pur chambara (film de sabre), ce film est aussi un véritable western spaghetti. En effet, le héros est un homme dévasté qui va se retourner contre les siens pour défendre les opprimés, thème souvent utilisé dans ce genre de films. La musique, également, a parfois des accents « morriconiens »et certains plans semblent tout droit sortis des films de Sergio Leone.

Le film bénéficie enfin d’une photographie de toute beauté, grâce à Kozo Okazaki, à qui l’on doit entre autres la photographie de « Yakuza » de feu Sidney Pollack. Dans le même genre et à la même époque, Gosha tournait « Hitokiri le châtiment » que j’ai vu récemment mais qui n’arrive pas à la cheville de Goyokin. Même s’il bénéficiait de quelques moments d’anthologie, il ne dégageait pas la puissance de celui-ci et souffrait d’interminables longueurs.

Goyokin est bel et bien un chef-d’oeuvre absolu! Ceux qui se laisseront tenter ne le regretteront pas!

CRITIQUE: LA PROIE DE L’HOMME (1985)

La proie de l’homme est la dernière adaptation d’un roman de Tomiko Miyao. Gosha présente un film fleuve romanesque sur le thème des geishas dans la lignée de Tokyo bordello ou encore Yokhiro.

Iwago, un ancien champion de lutte, s’est reconverti comme zegen: il achète des petites filles à des familles misérables et les revend à des maisons de geishas. Il est marié à Kiwa, qui n’a pu lui offrir d’enfants en raison de sa stérilité et ont donc trois enfants qu’ils ont adoptés. Iwago trompe sa femme à tout va et la respecte de moins en moins jusqu’à l’obliger à accueillir sous leur toit un enfant adultérin. Kiwa finira par aimer cette petite fille comme la sienne et prendra la fuite avec elle. Iwago tentera de la récupérer pour en faire une geisha.

On a droit une fois de plus avec ce film à une magnifique photo de Fujio Morita et une mise en scène très sobre et classique. L’interprétation toute en retenue et en froideur de Ken Ogata est éblouissante et les personnages féminins comme d’habitude sont d’une grande richesse.

A voir absolument!