CRITIQUE: DRIVE (2011)

Un jeune homme solitaire, « The Driver », conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur ! Peu de temps après avoir emménagé dans son nouvel appartement, il tombe sous le charme de sa jeune voisine et de son petit garçon, seuls en attendant le retour du mari, actuellement en prison. Au retour de ce dernier, le « driver » va accepter de l’aider dans un coup qui lui permettrait de s’acquitter d’une dernière dette…

Même si son précédent film, « le guerrier silencieux » m’avait laissé plus que perplexe, il fallait bien reconnaître à Winding Refn un sacré talent de metteur en scène! Ici, le héros, mutique, pourrait être un lointain cousin du viking de « Vhalalla rising« . Dans une scène d’ouverture où l’on peut le voir en plein « coup » et dont je ne vous dévoilerai pas le point d’orgue, on se dit d’entrée que l’on va assister à quelque chose de très grand et l’on est déjà prêt à lui décerner ce prix de la mise en scène si mérité! Mais attention, ne vous méprenez pas! « Drive » n’est pas un nouvel opus de « Fast and furious »! Le film prend très vite un rythme assez lent, hypnotique, en adéquation avec le personnage, calme et imperturbable. Ce rythme-là va se poursuivre jusqu’à la fin, perturbé de temps en temps par quelques accès de violence extrême. Il ne faut pas trop chercher le « driver » surtout quand il  a enfin trouvé quelqu’un qui pourrait combler sa solitude car il peut devenir très susceptible! Tout comme dans ses précédents film, Refn démontre qu’il connaît le Cinéma. Alors que « Bronson« , par exemple, faisait beaucoup penser au cinéma de Kubrick, ici, les références se bousculent: on pense à Michael Mann, Scorsese, Tarantino, Friedkin, Walter Hill dont Refn a pris le meilleur pour livrer une oeuvre originale et laisser son empreinte.

Il faut bien le dire, « Drive » est une oeuvre jubilatoire comme peu de films le sont et vous mettra une énorme claque mais vous en redemanderez!!!

CRITIQUE: IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST (1968)

Alors qu’il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain (Claudia Cardinale) hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons se portent sur un aventurier, Cheyenne ( Jason Robards)…

La sortie du film en blu-ray m’a donné l’occasion de revoir ce chef d’oeuvre dans sa version restaurée et dans des conditions sonores et visuelles étourdissantes. Après avoir créé sa « trilogie du dollar » (« Pour une poignée de dollars », « et pour quelques dollars de plus » et « le bon, la brute et le truand »), Sergio Leone entame sa trilogie des « il était une fois » avec ce film pour la conclure ensuite avec « il était une fois la révolution » et « il était une fois en Amérique ». Avec ce premier volet, il procède en quelque sorte à l’enterrement du western, genre très présent dans les années 50 et 60 pour disparaître petit à petit des écrans. Leone montre ici la création des Etats-Unis avec l’arrivée du rail et place les enjeux financiers de cette Révolution au centre de son action. Sur la forme, d’une durée de quasiment trois heures, le film est une succession de scènes dilatées à l’extrême dans lesquelles les gros plans sur les visages et les panoramiques se suivent portés par la musique légendaire d’Ennio Morricone. La scène la plus connue est sans doute la scène d’ouverture durant laquelle on assiste à l’attente de l’arrivée du train dans lequel se trouve l’homme à l’harmonica (Charles Bronson) par trois tueurs. Pendant treize minutes, alors que la caméra passe d’un visage à l’autre, les seuls sons entendus sont ceux des mouches et de l’éolienne qui grince jusqu’à l’arrivée de Bronson caractérisée par le son de l’harmonica. Ce son-là reviendra à intervalles réguliers tout au long du film pour introduire une tension qui aboutira comme l’on s’en doute à un règlement de comptes.

Truffé d’images magnifiques que la musique ne fait que sublimer et porté par un casting formidable qui comprend notamment Henry Fonda génial dans le rôle du méchant et la merveilleuse Claudia Cardinale, le film est à redécouvrir dans cette édition irréprochable. Les yeux bleus de Fonda n’auront jamais été aussi perçants et ceux de Cardinale aussi envoutants. Sans conteste l’un des plus grands films jamais réalisés!