Critique: Mother

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Réalisation Darren Aronofsky
Scénario Darren Aronofsky
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Protozoa Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre thriller
Durée 121 minutes
Sortie 13 septembre 2017

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité. 

Trois ans après son aventure biblique, « Noe », Darren Aronofsky revient à un Cinéma proche de ce qu’il faisait avec « Black Swan », fantastico-psychologique. Il s’intéresse ici aux affres de la création artistique à travers l’histoire d’un écrivain, incarné par Javier Bardem et de son épouse, Jennifer Lawrence.  Après avoir restauré leur grande maison, partie en flammes quelques années avant que le couple ne se connaisse, les tourteraux reçoivent la visite d’un étranger (Ed Harris) à la recherche d’un toit pour la nuit. Cet étranger envahissant sera très vite suivi de son épouse (Michelle Pfeiffer), également plus qu’à l’aise. Petit à petit, de plus en plus de monde envahira la maison au grand dam de Madame qui voit son petit nid se transformer en champ de bataille! Très long (2 heures), le film s’avère aussi peu original sur le fond (on comprend très vite où Aronofsky veut en venir) qu’insupportable sur la forme! En effet, Aronofsky multiplie les gros plans sur son actrice jusqu’à l’overdose et filme le tout caméra à l’épaule dans l’agitation la plus totale rendant totalement illisibles la plupart des scènes « d’action ». Si l’on rajoute à ça le grotesque des situations et le manque d’investissement des acteurs, totalement en roue libre, on se demande comment le cinéaste à réussi à réunir les fonds pour mettre sur pied son projet, un naufrage digne de l’arche de Noe!

0.5

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CRITIQUE: THE WRESTLER (2008)

Wild Bunch

Dans les années 70 Randy Robinson « the Ram » (Mickey Rourke) était une superstar du catch aux millions de fans et aux figurines à son effigie. Vingt ans plus tard, il est vendeur au rayon traiteur d’un supermarché et combat le samedi face à d’anciennes gloires du catch comme lui. Ces combats lui servent à boucler les fins de mois et à s’évader d’une vie sans aucun intérêt: il est seul et son unique famille, sa fille qu’il a abandonnée quand il tutoyait les sommets, refuse de le fréquenter. Alors que son corps l’abandonne aussi (il porte un prothèse auditive et subit un pontage après un infarctus), il va trouver l’amour en la personne d’une escort girl (Marisa Tomei), naufragée de la vie elle aussi.

Pour son quatrième film, Darren Aronofski change radicalement de registre après PI (thriller mathématico-métaphysique épatant), Requiem for a dream ( véritable shoot cinématographique sur toutes les sortes d’addiction) et The fountain (SF pas brillant). Ici, c’est un vrai drame sur fond de sport, un peu à la Rocky, sans effet de mise en scène pour coller au plus près de la réalité  un peu dans le genre des drames sociaux d’outre-Manche . Aronofski a fait un choix plus que payant de confier le rôle du »Bélier » à Mickey Rourke; c’est le rôle de sa vie et ce pourrait être autobiographique tant l’alcool et une vie mouvementée ont fait sombrer sa carrière dans l’oubli (jusqu’à ce rôle). Pour l’accompagner, Marisa Tomei est comme à chaque fois extraordinaire (je l’avais déjà dit pour « 7h58 »), ici dans ce rôle de call girl qui passe ses nuits à danser pour des paumés pour élever son fils de 9 ans.

Ces deux-là n’auraient pas besoin de parler tant leurs regards en disent long. On y lit la détresse et la tristesse de n’avoir pas de but ni de perspective d’avenir ou quelqu’un à qui se raccrocher. Vraiment un magnifique duo d’acteurs! Pour couronner le tout, Bruce Springsteen nous achève avec une ballade comme lui seul en a le secret.

Un très très bon film à ne pas manquer!

BLACK SWAN (2010)

Après avoir exploré le monde des toxicomanes (Requiem for a dream) et du catch (the wrestler), Darren Aronofsky s’attaque à celui de la danse, spécifiquement au quotidien d’un corps de ballet comme le New-York City Ballet.

Nina, jeune danseuse ultra-perfectionniste est contre toute attente pressentie par Thomas, le chorégraphe pour incarner la reine des cygnes dans sa nouvelle version du « lac des cygnes ». Sa douceur, sa délicatesse et sa grâce en font l’interprète idéale, en particulier, pour le cygne blanc. Mais le cygne noir nécessite vice, sensualité, et l’abandon de soi, chose qu’elle peine à offrir une fois sur scène. Etouffée par sa mère, ex-ballerine dont la maternité à ruiné la carrière, Nina veut tellement prouver à son maître de ballet qu’il a raison de lui accorder sa confiance, qu’elle va supporter toutes les souffrances physiques et morales afin de devenir le cygne noir. D’autant que Lily, une autre danseuse, guette le moindre faux pas pour lui ravir la vedette…

Fortement inspiré des « chaussons rouges » sur le thème de la souffrance dans l’art, et la danse en particulier, « Black Swan » est LE film dont rêve chaque actrice. Nathalie Portman y est en effet de chaque plan et irradie la pellicule (en course pour l’Oscar, seule Annette Benning peut espérer la concurrencer). Aronofsky ne se contente pas ici de décrire le monde de la danse (très fidèlement d’ailleurs). Il donne à son film des allures de conte fantastique, laissant sa Nina se transformer petit à petit en cygne noir, avec ses plumes qui apparaîssent sur son dos ou ses pieds qui se palment. Mais ce postulat accepté, on comprend facilement que cette métamorphose représente la souffrance et le sacrifice que doit endurer la danseuse pour atteindre l’excellence et le passage à l’âge adulte de la fragile Nina, que sa mère empêche de sortir et force à vivre dans une chambre de petite fille.

Un très beau film qui montre ce qu’est vraiment le quotidien des danseurs et qui confirme le talent de Darren Aronofsky