CRITIQUE: LA FORET INTERDITE (1958)

Un jeune professeur de sciences naturelles arrive dans la toute jeune ville de Miami en Floride à la fin du XIXe siècle, alors que la mode des chapeaux à plumes a entraîné le massacre des oiseaux sauvages des marais. Promu garde-chasse, le jeune professeur se heurte au chef des braconniers, le terrifiant Cottonmouth.

Premier film au message ouvertement écologiste, « la forêt interdite » est un film passionnantà plusieurs niveaux et sa sortie en dvd dans la magnifique collection « classics confidential » de Wild Side est une véritable aubaine pour tout cinéphile. Comme les autres films de la collection, il est accompagné d’un très joli livre écrit par Patrick Brion et d’une passionnante interview de l’historien du cinéma Bernard Eisenschitz et du réalisateur Bertrand Tavernier (toujours aussi passionné et passionnant!)qui nous racontent tous deux la genèse de ce petit bijou. Pour faire bref, Nicholas Ray est choisi par Warner pour réaliser ce film, fort du récent succès de la « fureur de vivre » mais le manque de préparation, les conditions de tournage difficiles, l’alcoolisme de Ray et de sa compagne vont le voir évincer avant la fin du tournage pour être remplacé par le scénariste Stuart Schulberg. Durant à l’origine trois heures mais réduit à 1h40, le film garde de cette coupe quelques défauts mais reste un grand film d’aventures porté par un très bon Christopher Plummer débutant et un Burt Ives génial!

A découvrir de toute urgence tous comme les autres titres de la collection!

CRITIQUE: LE JUGE ET L’ASSASSIN (1975)

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

XIXème siècle, en France. Bouvier, un ancien militaire, sort de l’asile après avoir tenté d’assassiner sa petite amie et de se donner la mort. Il arpente le pays et, à chaque étape, viole et tue de jeunes bergères. Sa rencontre avec le juge Rousseau sonnera la fin de son périple meurtrier…

Tavernier s’inspire ici d’un fait divers pour nous dresser un portrait impitoyable de la société française à l’époque où l’affaire Dreyfuss enflamme le pays. Bouvier, en effet, accuse la société de tous ses maux. Il fait endosser sa folie aux médecins dont les traitements l’ont abîmé, à l’Eglise, ayant été abusé par un prêtre à l’adolescence ou encore aux patrons. Le film bénéficie d’une très belle photo aussi bien dans les scènes d’extérieur avec de très belles vues de l’Ardèche que dans les scènes d’intérieur, en prison par exemple. Le duo Philippe Noiret/Michel Galabru est fabuleux avec une mention spéciale pour le second qui reçut d’ailleurs le César du meilleur acteur pour son rôle de Bouvier. Il livre en effet une prestation complètement hallucinante qu’il ne sut ou ne put jamais rééditer. Sous couvert d’un fait divers, Tavernier réalise donc un film hautement politique et très engagé, à son image.

Un grand film!