CRITIQUE DVD: LA GRANDE CUISINE

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LE FILM: 8.5/10

Vanderveere, grand critique gastronomique, voit sa vie et ses plaisirs menacés par des maux aussi divers que l’obésité ou le cholestérol. Au même moment, la grande cuisine internationale pleure ses plus dignes représentants dans plusieurs villes d’Europe, mystérieusement assassinés. Sur les lieux, on retrouve toujours Natasha, ravissante restauratrice américaine et son ex-mari, Robert, qui la surveille…

Quelques années avant les virils Rambo, Retour Vers l’Enfer ou encore The Shooter, le cinéaste canadien Ted Kotcheff faisait dans la gastronomie avec cette Grande Cuisine que l’éditeur Carlotta est bien avisée de ressortir tant le mets proposé est de grande classe!

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S’appuyant sur un casting international assez prestigieux, on retrouve outre le charmant duo Jacqueline Bisset/ George Segal, des comédiens tels que Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Cassel, Jacques Balutin, Daniel Emilfork. Avec ces ingrédients Kotcheff mitonne un plat assez savoureux aux parfums d’Agatha Christie, non dénué d’humour où l’on se prend tout au long à chercher le coupable comme au Cluedo! Pour rajouter au raffinement du plat, la bande originale d’Henri Mancini, nous régale les tympans!

Une vraie surprise et un grand plaisir!

TECHNIQUE: 8/10

Une belle copie dans l’ensemble même si certains plans souffrent d’une granulation excessive. Pas de VF dispo pour ce film!

BONUS: 9/10

Seul bonus mais de taille, un excellent entretien d’une heure avec le réalisateur bourré d’anecdotes!

VERDICT: 9/10

Un dvd indispensable pour les gourmets!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Carlotta Films dès le 6 mai.

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CRITIQUE: LE JUGE ET L’ASSASSIN (1975)

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

XIXème siècle, en France. Bouvier, un ancien militaire, sort de l’asile après avoir tenté d’assassiner sa petite amie et de se donner la mort. Il arpente le pays et, à chaque étape, viole et tue de jeunes bergères. Sa rencontre avec le juge Rousseau sonnera la fin de son périple meurtrier…

Tavernier s’inspire ici d’un fait divers pour nous dresser un portrait impitoyable de la société française à l’époque où l’affaire Dreyfuss enflamme le pays. Bouvier, en effet, accuse la société de tous ses maux. Il fait endosser sa folie aux médecins dont les traitements l’ont abîmé, à l’Eglise, ayant été abusé par un prêtre à l’adolescence ou encore aux patrons. Le film bénéficie d’une très belle photo aussi bien dans les scènes d’extérieur avec de très belles vues de l’Ardèche que dans les scènes d’intérieur, en prison par exemple. Le duo Philippe Noiret/Michel Galabru est fabuleux avec une mention spéciale pour le second qui reçut d’ailleurs le César du meilleur acteur pour son rôle de Bouvier. Il livre en effet une prestation complètement hallucinante qu’il ne sut ou ne put jamais rééditer. Sous couvert d’un fait divers, Tavernier réalise donc un film hautement politique et très engagé, à son image.

Un grand film!

L’HORLOGER DE SAINT PAUL (1974)

Michel Descombes est un paisible horloger lyonnais. Sa vie va se trouver bouleversée le jour où la police l’informe que son fils a tué un homme. Il va alors tenter de comprendre ce qui s’est passé et d’apprendre à connaître son fils dont il ne sait pas grand chose…

Premier film de Bertrand Tavernier, l' »horloger de St Paul » est adapté d’un roman de Georges Simenon. Sous des allures de film policier, il s’agit plutôt d’un drame familial avec ce père qui se rend compte qu’il ne connaît rien de son fils et d’un film engagé qui met en lumière les carences de notre société. La scène la plus symbolique et la plus forte est pour moi le transfèrement du fils par avion, accompagné par le père. Personne à bord de l’appareil ne s’adresse la parole et l’on peut lire toute l’incompréhension du père dans son regard. Noiret est comme toujours parfait et Jean Rochefort lui donne la réplique dans le rôle du Commissaire chargé de l’enquête. Dès son premier film, Tavernier trouve déjà son style caractéristique: des films classiques sur la forme mais qui offrent de multiples pistes de réflexion.

QUE LA FETE COMMENCE (1974)

Collection Christophe L.

France, 1719. Louis XIV est mort, c’est la Régence. Pontallec, un noble breton sans le sou lutte pour l’indépendance de la Bretagne alors que l’abbé Dubois, principal conseil du Régent, ne guette que l’occasion de progresser dans la hiérarchie au sein de l’Eglise.  Philippe d’Orléans, lui, ne pense qu’à festoyer et se fiche pas mal du destin des Français…

Pour son second film, Bertrand Tavernier met en scène une farce historique aux dialogues irrévérencieux, portée par un fabuleux trio Noiret/Rochefort/Marielle au sommet de son art. Un traitement de l’Histoire si original que le film est un incontournable!