CRITIQUE: GRAND CENTRAL

GRAND_CENTRAL

De petits boulots en petits boulots, Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni. L’amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary. Chaque jour devient une menace…

Pour son deuxième long métrage après « Belle Epine », Rebecca Zlotowski confirme tout le bien qu’on pensait d’elle avec un film d’une étonnante maîtrise. L’originalité de son approche, avec le parallèle entre la vie dans la centrale et ses dangers et l’histoire d’amour entre les personnages interprétés par Tahar Rahim et Léa Seydoux, fait le grand intérêt de ce film. Le génie de ce scénario tient au fait d’avoir fait de la centrale plus qu’un simple décor mais un élément primordial de l’histoire, en ce sens qu’elle démasquera les amants cachés. Le traitement que la réalisatrice fait de son film est assez passionnant; on a plus l’impression d’assister à un thriller qu’à une histoire d’amour tant elle instille une tension permanente et qui va crescendo.

Quant au casting, il est absolument parfait! Outre le duo principal dont Rahim qui trouve peut-être son meilleur rôle depuis Un Prophète, les seconds rôles sont remarquables: Denis Ménochet, Olivier Gourmet (parfait comme toujours) ou encore Johan Libereau tous impeccables.

Magnifique et d’une puissance atomique!

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE DVD: L’ENFANT D’EN HAUT

LE FILM: 8,5/10

Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe. Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices. Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui…

Pour son deuxième film après “Home”, Ursula Meier choisit à nouveau le thème de la famille. Elle nous propose ici de suivre une famille un peu bancale. Les parents sont absents et la grande soeur passe de missions d’intérim au chômage et enchaîne les petits copains qu’on différencie à la marque de leur voiture. Elle n’assume pas du tout la situation et se comporte plutôt comme une adolescente. Le petit frère, lui, n’a pour seule occupation que le vol et la revente d’équipements de ski et s’occupe de faire tourner la maison. Il fait les courses, la lessive et veille à ce que sa grande soeur ne fasse pas n’importe quoi!

Quand il va “en haut”, il quitte la grisaille de sa tour HLM “d’en bas” et fréquente la bourgeoisie qui s’amuse, comme une métaphore amusante. Il peut même se permettre de déjeuner en terrasse assis sur une banquette  recouverte de peau de bête.

Entre la chronique sociale et le conte, “l’Enfant d’en Haut” rappelle souvent le cinéma des frères Dardenne notamment “le Gamin au vélo”. Porté par deux comédiens magnifiques, Léa Seydoux et le jeune Kacey Mottet Klein parfait dans ce rôle d’enfant en manque d’amour maternel, le film d’Ursula Meier est un petit bijou qui vous broiera le coeur.

La copie proposée avec ce DVD ne présente aucun défaut, RAS!

LES BONUS: 9/10

Outre la bande annonce du film, on trouve un passionnant échange entre la réalisatrice et sa directrice photo (18 mins), une sélection de scènes commentées par la réalisatrice et Léa Seydoux (28 mins), l’intégralité de l’émission radio « projection privée » (50 mins) avec Michel Ciment et Ursula Meier sur un diaporama! Que demander de plus ?

VERDICT: 9/10

Un des plus jolis films de ce premier semestre dans un dvd de classe!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Diaphana dès le 22 août