Critique: L’Amant Double

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Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

Un an après « Frantz », François Ozon nous offre son 17ème film, un thriller sulfureux. Pétri d’influences diverses, son dernier né cite pêle mêle Hitchcock, Polanski ou de Palma sans jamais les singer. Tiré d’un roman de Joyce Carol Oates, « l’Amant double » balade le spectateur dans le monde des jumeaux, de la psychanalyse et brouille constamment les cartes dans un jeu de pistes qui nécessite un effort au spectateur, chose rare et à souligner à l’époque du prêt à ingurgiter! Jérémie Renier trouve ici l’un (deux) de ses meilleurs rôles et Marine Vacth confirme sa magnifique prestation dans « Jeune et jolie » déjà chez Ozon. Mais le plus notable ici tient en la mise en scène d’Ozon, de film en film toujours plus maîtrisée et surtout dans la cohérence du film avec l’oeuvre de son auteur, qui ne cesse plus de s’amuser avec les apparences. Il est aussi l’un des rares cinéastes français, sans vilain jeu de mot à vraiment oser!

4.5

Critique Dvd: Ni le ciel ni la Terre

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Réalisation Clément Cogitore
Scénario Clément Cogitore
Thomas Bidegain
Maxime Caperan
Julia Ducournau
Nadja Dumouchel
Fabien Gorgeart
Britta Krause
Franz Rodenkirchen
Acteurs principaux
Sociétés de production Tarantula Belgique
Kazak Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Drame fantastique
Durée 100 minutes
Sortie 30 septembre 2015

LE FILM:

4

Afghanistan 2014. À l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan. Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

Plasticien à l’origine, Clément Cogitore signe ici un drôle de premier film entre le film de guerre, le thriller et le trip métaphysique. La guerre en Afghanistan n’est ici qu’une toile de fond pour une réflexion sur le deuil et sa difficulté lorsqu’il n’y a pas de corps. Cogitore effectue un gros travail sur l’image avec de nombreuses scènes de nuit avec vue infrarouge et met de côté toute tentative d’excitation au bénéfice d’une pure expérience sensorielle. Outre ses qualités esthétiques, le film s’appuie sur un casting  de jeunes comédiens prometteurs (Kevin Azais, Swann Arlaud, Finnegan Oldfield…) autour d’un excellent Jérémie Rénier. On attend la suite!

TECHNIQUE:

4

Une copie plutôt propre même dans les scènes nocturnes assez nombreuses; dommage qu’une sortie bluray n’ait été envisagée.

BONUS:

4

On trouve ici une longue interview du réalisateur, une scène coupée (dispensable) et un court-métrage du réalisateur.

VERDICT:

4

Un premier film très prometteur!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Diaphana

Jeu Concours: 5×2 places pour « Ni le ciel ni la Terre » à gagner(jeu terminé)

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A l’occasion de la sortie de « Ni le ciel ni la Terre » le 30 septembre, CINEDINGUE est heureux de vous offrir 5 x 2 places. Pour gagner, il suffit de répondre correctement aux questions avant le 2 octobre; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

Synopsis :
Afghanistan 2014.
A l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan.
Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper.
Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

Critique: Waste Land

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Casting Jérémie Renier, Natali Broods, Peter Van den Begin
Scenario Pieter Van Hees
Image Menno Mans
Production Epidemic
Distribution Chrysalis Films
Ventes internationales Be for Films
Montage Nico Leunen
Son Marc Engels, Senjan Jansen, Mathieu Cox
Musique Simon Lenski

Leo Woeste est inspecteur de la brigade criminelle. Il habite avec Kathleen et Jack, leur fils de 5 ans. Jour après jour, Léo explore les bas-fonds de la ville. Sa famille lui permet de garder pied. Mais cet équilibre est de plus en plus précaire. Kathleen tombe accidentellement enceinte. Alors qu’il doit enquêter sur l’étrange meurtre rituel d’un jeune Congolais avec un nouveau collègue bon vivant, Johnny Rimbaud, il a une aventure avec la sœur de la victime… Tout semble éloigner Léo de ses responsabilités de père de famille. Il s’enfonce dans le waste land.

Waste Land, troisième long métrage du Belge Peter Van Hees, débute sur des plans assez apocalyptiques d’une ville comme dévastée avec des habitants endormis sur des bancs et donne tout de suite une note d’étrangeté qui perdurera une bonne partie du film. On y suit quelques semaines de la vie d’un flic, incarné par Jérémie Rénier très convaincant, jusqu’ici tout va bien. Le bât blesse très vite quand les failles du héros apparaissent, faisant de lui un Bad Lieutenant d’Outre Quiévrain, entre penchants pour la drogue, la scarification ou le viol alors qu’il enquête sur un meurtre entouré de pratiques proches de la magie noire. Sauf que contrairement au film de Ferrara, on ne comprend jamais quelles sont les fêlures du personnage, ni où il veut en venir, ni même pourquoi il prend tellement cette affaire à coeur. Le récit décousu semble empiler les séquences sans véritable continuité et les acteurs font ce qu’ils peuvent avec des dialogues parfois grotesques! Very Bad Lieutenant!

1.5

SORTIE LE 4 MARS 2015

Jeu Concours: 5×2 Places à Gagner pour « le Grand Homme »( jeu terminé)

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A l’occasion de la sortie du film « Le Grand Homme » le 13 août, CINEDINGUE et BAC FILMS sont heureux de vous offrir 5×2 places pour le découvrir en salles. Pour gagner, il vous suffit de répondre correctement aux questions avant le 13 août; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses. Retrouvez le film sur Facebook !

Détachés en Afghanistan pour 6 mois, les légionnaires Markov et Hamilton sont pris en embuscade lors d’une expédition non autorisée par leur hiérarchie.
Markov sauve Hamilton, grièvement blessé par des tirs rebelles, mais quitte la Légion sans les honneurs.
De retour à Paris, Hamilton, convalescent, souhaite rester légionnaire, tandis que Markov, désormais civil et sans papiers, tente de s’en sortir avec son fils Khadji. Hamilton prête son identité civile à son ami tchétchène, pour qu’il puisse travailler légalement. Mais un jour, Markov disparaît, laissant Hamilton désorienté et Khadji seul au monde.

CRITIQUE: CLOCLO

On connaît Florent-Emilio Siri pour son honnête hommage au Carpenter d’Assaut avec « Nid de Guêpes », un petit nanar hollywoodien avec Bruce Willis (« Otage ») et son Platoon français « l’Ennemi Intime » qui, sans être inoubliable avait le mérite de traîter d’un sujet douloureux, les exactions de l’armée française pendant la Guerre d’Algérie. Les précédents films de Siri avaient comme dénominateur commun une mise en scène d’une rare efficacité dans le paysage français, sans doute héritée du passé de clipeur du réalisateur. Il était donc intéressant de voir de quelle manière il allait s’en sortir avec son intrusion dans le biopic, particulièrement celui d’une icône des années 60/70, Cloclo, Claude François.

Florent-Emilio Siri choisit pour nous conter l’existence de la vedette justement de ne pas faire de choix. Durant les 2h30 de projection (qui auraient gagné à être un peu raccourcie), on suit Claude du ventre de sa mère à Alexandrie jusqu’à sa tombe, 39 ans plus tard. Entre temps, on ne rate aucun des tubes (ah! Si! « je vais à Rio »! Mais pourquoi cet oubli!) du chanteur ni aucune conquête (et il en a eu le bougre!). Et pourquoi cette manie de tout surligner au fluo des fois qu’on comprendrait pas: combien de plans sur ses pieds qui trépignent ? Et pourquoi ce besoin de nous bassiner avec la bande originale sirupeuse à souhait d’Alexandre Desplats? La première demi-heure est en particulier assez pénible! Et pourquoi assister à la dernière douche de Cloclo dans son intégralité, ménageant une espèce de suspense malsain alors qu’un simple fondu au noir aurait suffit, tout le monde connaissant ce drame ? Et enfin, pourquoi chercher à singer au maximum des personnes existantes jusqu’à tomber dans le ridicule ? Cette question vaut pour le rôle de Paul Lederman; Voulant donner un rôle à son acteur fétiche Benoît Magimel, c’est lui qui se trouve affublé d’un faux ventre, d’une perruque, un faux nez et de fausses dents, et nanti d’un accent pied-noir à la Roger Hanin! Grotesque!

Malgré tout, Cloclo comporte quelques bonnes choses qui en font un film malgré tout pas désagréable! L’interprétation du chanteur est assez réussie, même si quelque chose me gêne toujours un peu chez Jérémie Rénier sans savoir trop quoi, et sa ressemblance est parfois saisissante sans trop d’artifices. La mise en scène de Siri reste assez efficace en particulier dans les scènes de concert et réserve quelques belles surprises notamment la très belle scène de « my Way » par Sinatra. Enfin, et surtout, le portrait donné du chanteur est assez équilibré, montrant bien les deux faces du personnage: l’idole d’un côté et la personnalité souvent infecte d’un homme égoïste, capricieux, maniaque, égocentrique qui va jusqu’à cacher un de ses fils pour préserver son image de chanteur à femmes. Un portrait fidèle , après tout, c’est ce qu’on demande à un biopic…