Critique: L’Amant Double

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Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

Un an après « Frantz », François Ozon nous offre son 17ème film, un thriller sulfureux. Pétri d’influences diverses, son dernier né cite pêle mêle Hitchcock, Polanski ou de Palma sans jamais les singer. Tiré d’un roman de Joyce Carol Oates, « l’Amant double » balade le spectateur dans le monde des jumeaux, de la psychanalyse et brouille constamment les cartes dans un jeu de pistes qui nécessite un effort au spectateur, chose rare et à souligner à l’époque du prêt à ingurgiter! Jérémie Renier trouve ici l’un (deux) de ses meilleurs rôles et Marine Vacth confirme sa magnifique prestation dans « Jeune et jolie » déjà chez Ozon. Mais le plus notable ici tient en la mise en scène d’Ozon, de film en film toujours plus maîtrisée et surtout dans la cohérence du film avec l’oeuvre de son auteur, qui ne cesse plus de s’amuser avec les apparences. Il est aussi l’un des rares cinéastes français, sans vilain jeu de mot à vraiment oser!

4.5

CRITIQUE BLU-RAY: FAUX SEMBLANTS

LE FILM: 9/10

Beverly et Elliot Mantle sont de « vrais » jumeaux. Tous deux gynécologues renommés, ils partagent le même appartement et les même femmes. Leur dernière conquête, une actrice célèbre et torturée, va créer une dissonance dans leur entente, ce désaccord rompt leur équilibre mental et ils deviennent les victime du lien surnaturel qui les unit…

C’est l’un des meilleurs et des plus caractéristiques films de Cronenberg qu’il nous est permis de (re)découvrir sur support HD. A travers l’histoire de deux jumeaux, gynécologues, Elliott, le dominant et volubile, et Beverly, plus effacé, dans l’ombre de son frère, Cronenberg livre une réflexion sur le double. Mais il utilise pour cela deux personnages, physiquement identiques, magistralement interprétés par Jeremy Irons, semant le doute durant tout le film dans la tête du spectateur et créant par là-même un sentiment de malaise. Les deux jumeaux, trouvant leur équilibre dans cette relation dominant/dominé, vont être déstabilisés par l’apparition d’un troisième personnage, l’une de leurs patientes. Même s’ils échangent volontiers leur place auprès d’elle sans qu’elle ne s’en aperçoive (au début du moins), Beverly en tombe amoureux, bouleversant complètement sa relation fraternelle. S’en suit alors une descente aux enfers pour le jumeau le plus faible, Beverly. Le film de Cronenberg tient plus du drame psychologique que du film fantastique même si Cronenberg maintient ce climat que ce soit à travers la scène du cauchemar (traumatisant) ou les outils gynécologiques créés par Bev, plus proches des outils de torture, et rappelant les accessoires de « Crash » ou « Existenz ».

Du grand Cronenberg! avec un Jeremy Irons au top!

Techniquement, ce blu-ray est très satisfaisant malgré un « zoomage » du film pour s’adapter au 16/9.

LES BONUS: 8/10

On trouve un documentaire de 52 minutes tiré de la collection « Grand cinéastes » qui revient sur la carrière de Cronenberg, jusqu’à Existenz, un sujet (22 mins) passionnant sur la gémellité, un court making-of promotionnel et un module (20 mins) sur les effets spéciaux! Du très très bon!

VERDICT: 8.5/10

L’un des meilleurs Cronenberg dans un Blu-ray de très bonne facture!

Disponible en DVD (14,99 euros) et Blu-ray (19,99 euros) chez FILMEDIA.