MISSION (1985)

Collection Christophe L.

Vingt-cinq ans après sa sortie, l’édition blu ray chez Warner m’a enfin donné l’occasion de voir de film dont je ne connaissais que la bande originale.

En 1740, l’empire espagnol s’étend jusqu’en Amérique du Sud. Frère Gabriel (Jeremy Irons), un jésuite idéaliste, fonde une communauté pacifiste chez les Indiens Guarani. Rodigo Mendoza (Robert de Niro), est un mercenaire, marchand d’esclaves. Une querelle amoureuse avec son frère va le conduire à l’irréparable. A la suite de ce drame, Mendoza décide de se repentir et de suivre le frère Gabriel dans sa quête. Quelques années plus tard, l’Espagne décide du sort des missions jésuites: elles doivent fermer…

Deux ans après « la déchirure », Rolland Joffé réalise un nouveau film engagé qui remportera la Palme d’Or à Cannes malgré un accueil plutôt mitigé. Avec sa relative lenteur et ses magnifiques images, le film fait penser aux films de Terrence Mallick comme « la ligne rouge » ou « le nouveau monde ». Un vrai régal pour les yeux! A cela s’ajoute la mythique bande originale d’Ennio Morricone qui, loin d’être accessoire, apporte vraiment un plus au film, magnifiant chaque image avec ce mélange de chants religieux et de musiques indiennes. Côté interprétation, les prestations de De Niro et Irons sont comme toujours parfaites et on a plaisir à voir Liam Neeson dans un de ses premiers rôles.

Pour finir, le thème traité est toujours d’actualité, les dernières peuplades d’Amazonie, luttant pour survivre aux déforestations incessantes.

Un film magnifique qui nous fait voyager!

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LA CLASSE OUVRIERE VA AU PARADIS (1972)

Lulu Massa est un ouvrier modèle au sein de son usine. Il imprime un rythme échevelé à son travail et méprise les revendications de ses camarades syndicalistes. Il fait son travail, se motivant en pensant au derrière d’une de ses collègues. Quand un jour, il se coupe un doigt avec sa machine, tous les ouvriers lancent une grève en solidarité. Cet évènement va bousculer ses certitudes…

Un an après « enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » qui traîtait de la corruption dans son pays, Elio Petri s’attaque donc en 1972 à une peinture au vitriol de l’économie et de l’industrie. La force du film et ce qui fait encore tout son intérêt est que quarante ans plus tard, rien n’a changé. La menace prend aujourd’hui la forme des délocalisations mais l’ouvrier est toujours au centre de cette machine à broyer. Peu connu, le film récemment ressorti en salles en copies neuves avait tout de même décroché la Palme d’or à Cannes et mérite d’être (re)découvert. L’interprétation de Gian Maria Volonte est comme toujours formidable et la partition de Morricone, elle très connue, nous emporte dès le générique. A voir en attendant enfin une édition dvd à l’automne 2011.