Critique Bluray: L’Amour est un crime parfait

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  • Réalisé par :
    Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu
  • Avec :
    Mathieu Amalric, Karin Viard, Maïwenn …
  • Durée :
    1h51min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2013
  • Titre original : L’amour est un crime parfait
  • Distributeur :
    Gaumont

LE FILM: 7.5/10

Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue…

Adaptation d’un roman de Philippe Djian, « l’Amour est un crime parfait », nouveau film des frères Larrieu, dynamite les codes du polar pour offrir à la place une étude psychologique sur le désir et l’inceste. Si le côté théâtral du texte et de l’interprétation peut gêner l’adhésion du spectateur, passée cette acclimatation, le film distille une espèce de venin envoûtant. On plonge avec délice dans la schizophrénie d’un Amalric comme toujours parfait!

TECHNIQUE: 9/10

Magnifique copie!

BONUS: 2/10

On trouve cinq courtes featurettes en guise de making of, sans aucun intérêt!

VERDICT: 7.5/10

Un polar psychologique envoûtant!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (14.99 euros) chez Gaumont


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CRITIQUE BLU-RAY: TELE GAUCHO

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LE FILM: 7/10


Tout a commencé lorsque les caméscopes ont remplacé les caméras. Faire de la télé devenait alors à la portée de tous. Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et les autres ne voulaient pas seulement créer leur propre chaîne de télé, ils voulaient surtout faire la révolution. Ainsi naquit Télé Gaucho, aussi anarchiste et provocatrice que les grandes chaînes étaient jugées conformistes et réactionnaires. Cinq années de grands foutoirs, de manifs musclées en émetteur pirate, de soirées de beuveries en amours contrariées… et ce fut ma parenthèse enchantée…

Deux ans après Le Nom des Gens, la meilleure comédie française de ces dix dernières années à mon avis, on  attendait avec grande impatience le nouveau film de Michel Leclerc. Il évoque avec Télé Gaucho son expérience au sein de Télé Bocal une télé indépendante dans laquelle il pouvait laisser libre cours à son imagination débordante et à ses opinions politiques plutôt orientées vers la gauche.

Il suit donc le parcours du jeune Victor (son alter ego ?) qui en plus d’être stagiaire dans une chaîne de télé cousine proche de TF1, s’éclate à côté chez Télé Gaucho avec une bande de trublions de tous genres. Beaucoup moins structuré que son précédent film, Télé Gaucho donne l’impression d’un gros bazar qui permet à Michel Leclerc de glisser une espèce de « best of » de de Télé Bocal à travers ses « objets qui nous font chier », ses chansons, ses « avant je croyais », etc…

Malgré cette narration beaucoup moins fluide et un scénario moins construit, Télé Gaucho reste une comédie souvent très drôle mais surtout hyper attachante car elle est tout à fait cohérente avec son metteur en scène et s’appuie de surcroît sur une troupe de comédiens qui, même s’il interprètent des personnages caricaturaux, prennent visiblement beaucoup de plaisir: Eric Elmosnino, Sara Forestier (née pour la comédie), Maïwenn, Félix Moati et Emmanuelle Béart. Cerise sur le gâteau, Télé Gaucho regorge de répliques qui pourraient bien devenir cultes!

TECHNIQUE: 9/10

Rien à dire sur ce transfert HD impeccable.

BONUS: 8/10

Outre un making of et des scènes coupées, l’interactivité de ce bluray est un condensé de l’esprit de Télé Bocal avec tout un tas de séquences assez drôle et le superbe court-métrage très personnel « le Poteau Rose ».

VERDICT: 8/10

Un blu-ray idéal pour les amateurs de comédies intelligentes!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez TF1 Video dès le 17 avril.

 

CRITIQUE: POLISSE (2011)

 

 Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

Après « Pardonnez-moi » où elle traitait de la famille et « le Bal des actrices » où elle nous plongeait dans sa vie professionnelle et celle de ses consoeurs, Maïwenn, pour son troisième film, part à la rencontre d’un univers qui lui était totalement inconnu, celui de la Brigade de Protection des Mineurs. Après avoir vu un documentaire sur cette brigade, Maïwenn a tout de suite voulu en faire un film et s’est alors lancé dans l’écriture du film, vite rejointe par Emmanuelle Bercot, l’une des actrices du film. Pour le casting, on retrouve certains acteurs ayant déjà travaillé avec elle dont Joey Starr et Marina Foïs.

On pourra reprocher à « Polisse » un scénario assez mince puisque sans réel fil directeur (on dira que c’est volontaire et lié à son désir de donner un aspect documentaire) et le rôle énigmatique de Maïwenn sans réelle utilité dans le film, d’autant qu’elle a affirmé sa volonté de ne se consacrer dorénavant qu’à sa carrière de réalisatrice.

Par ailleurs, le film dégage une telle énergie qu’on ne peut qu’adhérer, émerveillé par une troupe d’acteurs au top. Joey Starr, à la fois bestial et émouvant, confirme ses talents d’acteurs déjà entrevus dans « le Bal des actrices », Karine Viard toujours parfaite et tous les autres, Jérémie Elkaïm (l’intello du service), Marina Foïs (la féministe détruite par son boulot), le duo Nicolas Duvauchelle/Karine Rocher (déjà flics dans la série Braquo) jusqu’au plus petit rôle. Maïwenn s’impose donc comme une très grande directrice d’acteurs mais également comme une très bonne dialoguiste tant son film respire le « vrai », collant à merveille à l’air du temps.

Souvent très dur, parfois très drôle, la jeune réalisatrice démontre avec ce film qu’il y a bien un « style Maïwenn » où dominent réalisme et performances d’acteurs mais surtout une vitalité débordante qui fait plaisir dans un Cinéma Français décidément en grande forme en cette année 2011. Vive la Polisse!

64 EME FESTIVAL DE CANNES: LA SELECTION EN IMAGES

Alors que le coup d’envoi de cette nouvelle édition du Festival de Cannes a été donné hier avec la présentation hors compétition du dernier Woody Allen après une cérémonie d’ouverture rondement menée par la pétillante Mélanie Laurent( qu’il est de bon ton de railler en ce moment), voici l’occasion de voir quelques images des films qui concourent pour la si convoitée Palme d’or.

Footnote de Joseph Vedar, cinéaste israélien qui réalise ici son premier film

L’Apollonide de Bertrand Bonello avec Hafsia Herzi et Noémie Lvovsky. C’est le deuxième passage en compétition pour le réalisateur français après Tiresia en 2003.

Drive de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling. C’est le premier film d’action américain du cinéaste danois à qui l’on doit la trilogie « Pusher », « Bronson » et « Le guerrier silencieux ».

HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti avec Michel Piccoli. Cette plongée au coeur du Vatican donnera peut-être l’occasion au réalisateur italien, grand habitué de la Croisette, de remporter une seconde Palme après « la Chambre du fils ».

LE GAMIN AU VELO de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Cécile de France et Jérémie Renier. C’est l’occasion pour les frères belges de remporter une troisième Palme d’Or après « Rosetta » et « l’enfant » avec un film déjà encensé par la critique.

HANEZU de Naomi Kawase

A  41 ans, la réalisatrice japonaise revient pour la troisième fois en compétition après « Shara » en 2003 et « la forêt de Mogari » en 2007(grand prix du jury)

ONCE UPON A TIME IN ANATOLIA de Nuri Bilge Ceylan

Le cinéaste turc, habitué de la compétition, revient avec un film fleuve.

HARA-KIRI, DEATH OF A SAMURAI de Takashi Miike.

Miike, bien connu pour son terrifiant « audition » présente ici le remake en 3D d’un classique de Masaki Kobayashi, « harakiri » qui avait remporté le prix spécial du jury en 1963.

LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas. Après plusieurs passages récompensés, le cinéaste espagnol espère enfin remporter le prix suprême.

LE HAVRE de Aki Kaurismäki avec André Wilms et Jean-Pierre Darroussin.

Le Finlandais, déjà récompensé avec « l’homme sans passé » d’un grand prix du Jury a posé sa caméra cette fois en France pour son dernier film. Peut-être cela lui portera-t-il chance?

MELANCHOLIA de Lars Von Trier avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Lars Von Trier concourt pour une deuxième Palme d’Or après « dancer in the dark » avec ce film sur fond de fin du monde à nouveau basé sur l’improvisation.

MICHAEL de Markus Schleinzer. Premier film du réalisateur autrichien, il pourrait faire polémique, traitant de pédophilie.

PATER d’Alain Cavalier avec Vincent Lindon. Le réalisateur français s’interroge sur les relations entre metteur en scène et comédien et livre selon Thierry Frémaux « une des choses les plus bizarres de l’histoire du festival »!

POLISSE de Maïwenn avec Karin Viard, Marina Foïs et Joey Starr. Après le « bal des actrices », Maïwenn s’intéresse au quotidien de la brigade de protection des mineurs et a réussi à convaincre le chanteur des NTM de jouer le rôle d’un flic!

–  SLEEPING BEAUTY de Julia Leigh, un conte de fée érotique pour ce premier film australien.

LA SOURCE DES FEMMES de Radu Mihaileanu avec Leïla Bekhti et Hafsia Herzi. C’est avec un plaidoyer féministe que Mihaileanu vient à Cannes pour la première fois.

THE ARTIST deMichel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman. Un outsider de choix pour cet hommage au cinéma muet par le réalisateur d’OSS 117!

THE TREE OF LIFE de Terrence Mallick avec Brad Pitt et Sean Penn. Trente-deux ans après « les moissons du ciel », c’est le retour de Mallick dont le nouveau film suscite toutes les attentes.

THIS MUST BE THE PLACE de Paolo Sorrentino avec Sean Penn. Premier film en Anglais du réalisateur italien qui avait reçu le prix du jury pour « il divo », film qu’avait adoré Sean Penn qui tenait absolument à travailler avec lui. C’est chose faite!

WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN  de Lynne Ramsey avec Tilda Swinton. Pour son troisième long métrage, Lynne Ramsey raconte les relations ambivalentes entre une mère et son fils meurtrier.

Dans les autres compétitions, certains films sont très attendus également. Dans « un certain regard », on note les présences de Guédiguian, Gus Van Sant, Kim Ki-Duk, Na Hong-Jin; à « la quinzaine des réalisateurs », on attend entre autres le dernier film d’André Téchiné. Bref, beaucoup de bonnes choses en perspective!