Critique Dvd: Le Prête-nom

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  • Réalisé par :
    Martin Ritt
  • Avec :
    Woody Allen, Zero MOSTEL, Hecky…
  • Durée :
    1h33min
  • Pays de production :
    américain
  • Année de production :  1976
  • Titre original : THE FRONT
  • Distributeur :
    WARNER COLUMBIA/1987:COLUMBIA/1994:COLUMBIA TRI STAR

LE FILM: 7/10

En plein maccarthysme, Alfred Miller, auteur de renom, demande à son ami d’enfance, Howard Prince, modeste plongeur dans un petit restaurant, de lui servir de prête-nom. Howard accepte et signe un feuilleton de télévision qui obtient un vif succès. Le héros du feuilleton, Hecky, est bientôt inquiété par la Commission qui lui demande de réunir des informations sur Howard. Hecky répond en se jetant du haut d’un pont. Le petit plongeur est à son tour convoqué. Il accusera violemment les membres de la Commission d’établir un climat de persécution et de peur…

Réalisé, écrit et interprétés par des blacklistés pour la plupart, le Prête-Nom, bien que cinématographiquement mineur, reste un témoignage indispensable sur une période noire de l’histoire des Etats-Unis. Le film de Ritt montre merveilleusement bien le quotidien cauchemardesque des artistes accusés de communisme, ne trouvant plus de travail et se retrouvant contraints, comme le personnage de Zero Mostel, de se produire pour une bouchée de pain. Vraiment sombre sur le fond et même à certains moments dramatique, le film de Ritt garde une certaine légèreté grâce à l’interprétation de Woody Allen dans le rôle de quidam un peu naïf qu’il maîtrise à la perfection.

TECHNIQUE: 7/10

Une copie convenable même si l’on peut déplorer un manque d’éclat des couleurs.

BONUS: 5/10

On trouve ici une présentation du film par Jean Douchet.

VERDICT: 7/10

Un témoignage passionnant sur le maccarthysme à défaut d’être un grand film.

Disponible en DVD (14.99 euros) dans la collection les Introuvables à la FNAC et sur FNAC.COM dès le 3 septembre

 

CRITIQUE: JOHNNY GUITAR (1954)

Dans le cadre de l’opération « Ciné Memoire », j’ai pu revoir sur le grand écran de mon cinéma préféré le somptueux western de Nicholas Ray, « Johnny Guitar ». Ce film sorti en 1954, est une curiosité dans le sens où il fut le premier western féministe. Les deux personnages principaux sont en effet des femmes. Emma, riche propriétaire du village, est jalouse de Vienna (Joan Crawford), patronne du saloon, fière et indépendante, qui vient de retrouver son amour, Johnny Guitar( Sterling Hayden). Emma va jusqu’à accuser à tort Vienna de complicité de crimes pour mener une vraie traque contre elle.

Tourné dans un magnifique Cinémascope, le film délivre également un message politique. En effet, tourné en pleine chasse aux sorcières, on peut considérer que la chasse que livre Emma à Vienna sur des arguments très discutables est à l’image du Maccarthysme qui frappe beaucoup d’intellectuels de l’époque. Du scénario, très original, à l’interprétation en passant par la photo (couleurs très présentes), tout est splendide dans ce film. Il était d’ailleurs un des préférés de François Truffaut et encore aujourd’hui de Martin Scorsese. Ceux qui n’auraient pas la chance de le voir sur grand écran peuvent toujours se rabattre sur le dvd sorti chez Universal à moins de 10 euros.