Critique: Dalton Trumbo

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Titre original Trumbo
Réalisation Jay Roach
Scénario John McNamara
Acteurs principaux
Sociétés de production Groundswell Productions
Inimitable Pictures
ShivHans Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Biographique
Durée 124 minutes
Sortie 27 avril 2016

Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

Si tout le monde connaît Dalton Trumbo pour avoir écrit et réalisé son chef d’oeuvre anti-militariste « Johnny s’en va-t-en guerre » en 1971, son oeuvre en tant que scénariste s’étend de 1937 à 1974. Le biopic réalisé par Jay Roach s’intéresse plus spécifiquement à la période entre 1947 et 1960, période qui vit le scénariste placé sur la Liste Noire des artistes communistes, l’empêchant d’exercer son métier. Cette période ne fut pas inactive puisque l’auteur écrivit de nombreux scripts que d’autres signèrent à sa place ou qu’il signa sous de faux noms. Ces oeuvres ne sont pas n’importe lesquelles: le Démon des Armes, le Rôdeur, Vacances Romaines… « Dalton Trumbo » nous montre comment le scénariste ne baissa jamais les armes, avec l’aide de sa famille (réjouissante scène de travail d’équipe où les enfants se transforment en secrétaire pour les multiples identités de leur père!) alors que les portes se fermaient et que ses amis lui tournaient le dos. Magnifiquement écrit, le film de Jay Roach a le bon goût de ne pas chercher à  multiplier les imitations: si l’on croise Kirk Douglas, Edward G.Robinson ou John Wayne, le film évite les improbables défilés de perruques et prothèses grotesques. Quant à l’interprétation, tout le casting est au diapason d’un Bryan Cranston (Breaking Bad) qui prouve qu’il a les épaules pour porter un film. A ses côtés, Helen Mirren est remarquable dans ce rôle d’actrice sur le retour qui déverse sa frustration sur les black-listés, la sublime Diane Lane en épouse modèle, Elle Fanning en fille engagée, mais aussi Louis C.K. (Louie), John Goodman ou encore Michael Stuhlbarg dans le rôle de G.Robinson. Quant à la mise en scène de Roach qui ne s’était pourtant fait remarqué que pour ses Austin Powers, elle s’avère des plus maîtrisées, se permettant même quelques gourmandises comme cette magnifique scène durant laquelle Trumbo redécouvre son nom sur un écran.

A l’heure où les « lanceurs d’alerte » prennent des risques insensés pour mettre à jour les abus des gouvernements, « Dalton Trumbo » s’avère d’une étonnante actualité et réussit le pari de concilier intelligence et divertissement. Du grand Cinéma américain!

4.5

Critique Dvd: Le Prête-nom

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  • Réalisé par :
    Martin Ritt
  • Avec :
    Woody Allen, Zero MOSTEL, Hecky…
  • Durée :
    1h33min
  • Pays de production :
    américain
  • Année de production :  1976
  • Titre original : THE FRONT
  • Distributeur :
    WARNER COLUMBIA/1987:COLUMBIA/1994:COLUMBIA TRI STAR

LE FILM: 7/10

En plein maccarthysme, Alfred Miller, auteur de renom, demande à son ami d’enfance, Howard Prince, modeste plongeur dans un petit restaurant, de lui servir de prête-nom. Howard accepte et signe un feuilleton de télévision qui obtient un vif succès. Le héros du feuilleton, Hecky, est bientôt inquiété par la Commission qui lui demande de réunir des informations sur Howard. Hecky répond en se jetant du haut d’un pont. Le petit plongeur est à son tour convoqué. Il accusera violemment les membres de la Commission d’établir un climat de persécution et de peur…

Réalisé, écrit et interprétés par des blacklistés pour la plupart, le Prête-Nom, bien que cinématographiquement mineur, reste un témoignage indispensable sur une période noire de l’histoire des Etats-Unis. Le film de Ritt montre merveilleusement bien le quotidien cauchemardesque des artistes accusés de communisme, ne trouvant plus de travail et se retrouvant contraints, comme le personnage de Zero Mostel, de se produire pour une bouchée de pain. Vraiment sombre sur le fond et même à certains moments dramatique, le film de Ritt garde une certaine légèreté grâce à l’interprétation de Woody Allen dans le rôle de quidam un peu naïf qu’il maîtrise à la perfection.

TECHNIQUE: 7/10

Une copie convenable même si l’on peut déplorer un manque d’éclat des couleurs.

BONUS: 5/10

On trouve ici une présentation du film par Jean Douchet.

VERDICT: 7/10

Un témoignage passionnant sur le maccarthysme à défaut d’être un grand film.

Disponible en DVD (14.99 euros) dans la collection les Introuvables à la FNAC et sur FNAC.COM dès le 3 septembre