CRITIQUE: MIRACLE A SANTA ANNA (2008)

New York, années 80. Hector Negron, un employé de banque noir abat sans raison apparente un immigré italien venu acheter des timbres. Un jeune journaliste, Tim Boyle, est autorisé à rencontrer le tueur avant son procès. Celui-ci s’avère posséder une tête de statue dérobée en 1944 dans l’Italie occupée par les Allemands. Hector était membre des « Buffalo Soldiers », premier bataillon entièrement constitué d’hommes de couleur, ayant débarqué notamment en Toscane cet été là, près d’un village martyr nommé Santa Anna…

La sortie en vidéo de manière quasi-anonyme, puisqu’uniquement disponible dans les magasins FNAC, du dernier long métrage (de fiction) de Spike Lee dont le public français a déjà été privé en salles, me donne l’occasion de vous en parler. Après un début  proche du polar, très vite les flashbacks nous renvoient au film de guerre promis. Dans la forme, le film reste très proche du « soldat Ryan » de Spielberg. On peut se demander pourquoi Spike Lee s’est lancé dans le film de guerre; et bien tout simplement pour traiter de ce bataillon uniquement composé d’hommes noirs mieux considérés par les citoyens italiens que par leur pays. Il nous donne l’occasion également d’en apprendre un peu plus sur le massacre de Santa Anna, sorte d’Oradour sur Glane italien.

Au final, cela nous donne un film ambitieux et assez maîtrisé dans la forme mais un peu naïf sur le fond et un peu long parfois, bref, pas indispensable. « Miracle à Santa Anna » aurait tout de même certainement trouvé son public, tellement de plus mauvais films ayant l’occasion de nous être régulièrement présentés.

CRITIQUE: NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES (1974)

Gianni, l’avocat lombard (Vittorio Gassman), Antonio, le militant de gauche romain, brancardier dans le civil (Nino Manfredi) et Nicola, l’enseignant napolitain passionné par le septième art (Satta Flores) deviennent amis au sein de la résistance italienne. A la fin de la guerre le trio se retrouve à Rome, où il rencontre une jeune femme, Luciana (Stefania Sandrelli). Ils vont s’aimer, se perdre, se retrouver, traçant, en creux, le bilan d’une génération désabusée.

En 1974, « nous nous sommes tant aimés » est le huitième film d’Ettore Scola mais c’est bien le premier à participer à la renommée de son auteur avant « affreux, sales et méchants ». Le metteur en scène italien nous offre à travers le récit de ces trente années d’amitié un voyage passionnant dans l’Histoire de l’Italie et de son Cinéma. Il nous montre par exemple à travers une scène de débat à la suite de la projection du « voleur de bicyclettes » de De Sica, la volonté farouche du parti « démocratie chrétienne » de supprimer le genre néoréaliste du paysage cinématographique de l’époque. On a également droit à une scène où les personnages se retrouvent sur le tournage de « la dolce vita » de Fellini avec l’apparition du Maître lui-même et de Mastroianni. Et toutes ces références au Cinéma sont l’occasion de belles trouvailles de mise en scène jubilatoires! Sans compter la magnifique interprétation du quatuor, Nino Manfredi en tête même si Aldo Fabrizi dans le rôle de l’homme d’affaires véreux est fabuleux.

Un film magnifique, fleuron du cinéma italien des années 70.