CRITIQUE: MIRACLE A SANTA ANNA (2008)

New York, années 80. Hector Negron, un employé de banque noir abat sans raison apparente un immigré italien venu acheter des timbres. Un jeune journaliste, Tim Boyle, est autorisé à rencontrer le tueur avant son procès. Celui-ci s’avère posséder une tête de statue dérobée en 1944 dans l’Italie occupée par les Allemands. Hector était membre des « Buffalo Soldiers », premier bataillon entièrement constitué d’hommes de couleur, ayant débarqué notamment en Toscane cet été là, près d’un village martyr nommé Santa Anna…

La sortie en vidéo de manière quasi-anonyme, puisqu’uniquement disponible dans les magasins FNAC, du dernier long métrage (de fiction) de Spike Lee dont le public français a déjà été privé en salles, me donne l’occasion de vous en parler. Après un début  proche du polar, très vite les flashbacks nous renvoient au film de guerre promis. Dans la forme, le film reste très proche du « soldat Ryan » de Spielberg. On peut se demander pourquoi Spike Lee s’est lancé dans le film de guerre; et bien tout simplement pour traiter de ce bataillon uniquement composé d’hommes noirs mieux considérés par les citoyens italiens que par leur pays. Il nous donne l’occasion également d’en apprendre un peu plus sur le massacre de Santa Anna, sorte d’Oradour sur Glane italien.

Au final, cela nous donne un film ambitieux et assez maîtrisé dans la forme mais un peu naïf sur le fond et un peu long parfois, bref, pas indispensable. « Miracle à Santa Anna » aurait tout de même certainement trouvé son public, tellement de plus mauvais films ayant l’occasion de nous être régulièrement présentés.

CRITIQUE: GENERAL DELLA ROVERE (1959)

Genes, 1944. Un certain Bertone profite de l’occupation allemande pour faire du marché noir et s’enrichir. Arrêté par les Allemands, il doit se faire passer pour le genéral della Rovere, chef de la Résistance, assassiné par erreur, afin d’aider l’ennemi à démanteler le réseau de résistance.

Monument du néoréalisme italien, ce film de Roberto Rosselini conjugue l’histoire d’un homme avec la grande Histoire. Monstre de cynisme, Bertone n’a aucun scrupule quand il s’agit de tromper son prochain. Les évènements vont pourtant l’emporter dans un tourbillon dont il ne sortira pas vivant. Lâche tout au long de sa vie, il deviendra un héros à l’approche de sa mort.

Le rôle principal est confié au réalisateur Vittorio de Sica, magistral. Le film lui même est un bijou malheureusement méconnu mais à découvrir grâce à l’initiative de Gaumont qui le ressort en blu ray dans une version restaurée à couper le souffle. Pour ne rien gâcher, elle est accompagnée d’une heure de suppléments passionnants.

A posséder de toute urgence!