CRITIQUE DVD: LES HOMMES LIBRES

LE FILM:

1942, Paris est occupée par les Allemands. Younes, un jeune émigré algérien, vit du marché noir. Arrêté par la police française, Younes accepte d’espionner pour leur compte à la Mosquée de Paris. La police soupçonne en effet les responsables de la Mosquée, dont le Recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit, de délivrer de faux-papiers à des Juifs et à des résistants.
A la mosquée, Younes rencontre le chanteur d’origine algérienne Salim Halali. Touché par sa voix et sa personnalité, Younes se lie d’amitié avec lui. Il découvre rapidement que Salim est juif. Malgré les risques encourus, Younes met alors un terme à sa collaboration avec la police. Face à la barbarie qui l’entoure, Younes, l’ouvrier immigré et sans éducation politique, se métamorphose progressivement en militant de la liberté.

« Les hommes libres » est typiquement le genre de films au sujet tellement fort que toute exigence formelle semble avoir été mise de côté. En effet, c’est la première fois qu’on traîte de ce sujet au Cinéma et il est fort dommage d’avoir livré un film si mou, si peu imaginatif et si scolaire! On aimerait vibrer avec le personnage de Younes qui fait l’indic pour la police française avant de rejoindre l’armée de l’ombre et on ne fait malheureusement qu’admirer les jolis costumes d’époque et les belles tractions avant. L’intérêt historique et l’interprétation de Tahar Rahim sont les seules raisons justifiant le visionnage du film!

Un DVD d’excellente facture malgré tout tant au niveau de l’image que du son.

LES BONUS:

Outre la bande annonce, un making of très intéressant qui montre la surprenante présence d’effets spéciaux sur un tel projet et une interview du réalisateur et de l’historien Benjamin Stora qui apportent des éléments sur le contexte historique (passionnant).

VERDICT:

Un DVD très réussi pour un film qui l’est beaucoup moins. Si vous avez un exposé à faire…

 

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez France Télévision Distribution

CRITIQUE: LA VERSION RESTAUREE DE « LA GRANDE ILLUSION »

 

Le 15 février prochain sortira sur les écrans grâce à Carlotta et à Studiocanal une version restaurée de « la Grande Illusion » de Jean Renoir.

Première Guerre mondiale. Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Ils sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d’amitié avec Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion.

Tout a été dit sur l’un des plus grands films de l’Histoire du Cinéma! Renoir réalise en 1937, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale un palpitant film d’évasion en même temps qu’une formidable aventure humaine. Mais « la Grande Illusion » est avant tout une magnifique fable humaniste superbement mise en scène réunissant une troupe d’acteurs d’exception: Gabin, Von Stroheim, Pierre Fresnay, Carette ou encore Marcel Dalio.

Un authentique chef d’oeuvre à redécouvrir en salles ou en Blu-ray chez Studiocanal (dès le 21 février) dans une version restaurée époustouflante où image et son n’ont jamais parus aussi purs. Une grande réussite!

Quelques mots sur la restauration:

Au milieu des années 1970, le Gosfilmofond (archives nationales russes) décide de confier à la Cinémathèque de Toulouse le négatif original nitrate de

La Grande Illusion. Ce choix est le résultat d’une collaboration unique menée par les deux archives depuis 1965, fondée sur une relation d’amitié et de confiance qui rend possible une politique d’échanges riches et réguliers.

La restauration des Archives françaises du film, du CNC et de Studiocanal, réalisée en 1997, avait permis de générer un marron, élément de sécurité, et des éléments de tirage image et son, afin que le film continue d’être vu et exploité dans sa version originale, fidèle au montage initial voulu par Jean Renoir.

En 2011, Studiocanal et la Cinémathèque de Toulouse décident de restaurer le film en numérique mais avec les techniques du

XXIe siècle. Le négatif nitrate a été numérisé et restauré en 4K par le laboratoire L’Immagine Ritrovata (Bologne) permettant ainsi de retrouver une image originelle.

Ensuite l’élément a été restauré et étalonné. Un retour au film de cet élément restauré en 4K permettra de conserver le film pendant au moins un siècle.

Le son a bénéficié d’une restauration particulière. Le négatif son variable nitrate a été scanné permettant une restauration du son plus pointue due à cette nouvelle technologie.

En conclusion, l’élément original doit être conservé et une restauration ne doit jamais être figée. Elle fixe les technologies pendant un siècle, mais d’autres apports technologiques à venir pourront améliorer la restauration et la conservation.

par

Béatrice Valbin-Constant,

directrice technique de Studiocanal