CRITIQUE: SPACE COWBOYS (2000)

En 1958, les astronautes Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O’Neill et Tank Sullivan se preparent pour une mission spatiale mais, au dernier moment, la Nasa leur prefere un singe. Quarante-deux ans plus tard, le satellite russe de communication Ikon menace de s’ecraser sur la Terre. Corvin est le seul homme capable de maitriser l’antique systeme de guidage, calque sur celui qu’il avait concu quelques decennies plus tot pour Skylab. Il accepte la mission, a condition que ses trois compagnons partent avec lui…

Parfois drôle souvent touchant, Eastwood nous offre ici certainement pas son plus grand film mais un beau film sur la vieillesse et le sens de la vie. Il faut en plus un sacré recul et un sens de l’autodérision certain pour se mettre en scène ainsi, diminué par l’âge. Il s’entoure ici d’un casting 4 étoiles: Tommy Lee Jones (émouvant), James Gardner(attendrissant) et Donald Sutherland (le plus drôle). Une belle petite réussite qui nous montre qu’un pur divertissement hollywoodien peut aussi être intelligent.

LA RUMEUR (1961)

Lost Films

Dans une petite ville de province, deux amies Karen Wright et Martha Dobie dirigent une institution pour jeunes filles, aidées par Lily, la tante de Martha, une ancienne actrice excentrique. Fiancée au médecin Joe Cardin, Karen a du mal à s’engager et à laisser à Martha la direction de l’école. Mary, une élève insolente et menteuse, alors qu’elle a été punie, lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation « contre-nature ». Elle commence par le raconter à sa grand-mère puis très vite, tous les parents vont retirer leurs enfants de l’institution…

Il s’agit ici de la deuxième adaptation d’une pièce de Lilian Hellman après « ils étaient trois » de William Wyler déjà, en 1936. Le film est bien sûr à resituer dans son contexte. Il est l’un des premiers films hollywoodien à traiter de l’homosexualité au tout début des années 60, où le sujet restait encore tabou et où la censure au cinéma était encore sévère. S’il sortait aujourd’hui, il ferait scandale, tant l’homosexualité est traitée comme un pêché mortel.

Au niveau de la forme, William Wyler a choisi le mélodrame dans tout ce qu’il a de plus classique avec un noir et blanc de toute beauté. Le casting est de choix puisqu’on retrouve Audrey Hepburn, tout droit sortie de « diamants sur canapé », Shirley MacLaine, qui termine tout juste « la garçonnière » et James Gardner, dans le rôle du médecin. Le vrai sujet du film reste toutefois, comme le titre l’indique, la rumeur et ses pouvoirs dévastateurs, et non l’homosexualité finalement.

Le film représente autant un vrai plaisir cinéphile qu’un réel intérêt sociologique. A voir.