CRITIQUE: LA PROIE DE L’HOMME (1985)

La proie de l’homme est la dernière adaptation d’un roman de Tomiko Miyao. Gosha présente un film fleuve romanesque sur le thème des geishas dans la lignée de Tokyo bordello ou encore Yokhiro.

Iwago, un ancien champion de lutte, s’est reconverti comme zegen: il achète des petites filles à des familles misérables et les revend à des maisons de geishas. Il est marié à Kiwa, qui n’a pu lui offrir d’enfants en raison de sa stérilité et ont donc trois enfants qu’ils ont adoptés. Iwago trompe sa femme à tout va et la respecte de moins en moins jusqu’à l’obliger à accueillir sous leur toit un enfant adultérin. Kiwa finira par aimer cette petite fille comme la sienne et prendra la fuite avec elle. Iwago tentera de la récupérer pour en faire une geisha.

On a droit une fois de plus avec ce film à une magnifique photo de Fujio Morita et une mise en scène très sobre et classique. L’interprétation toute en retenue et en froideur de Ken Ogata est éblouissante et les personnages féminins comme d’habitude sont d’une grande richesse.

A voir absolument!

CRITIQUE: L’ORPHELINAT (2007)

Wild Bunch Distribution

Le plus grand succès espagnol de tous les temps! Et c’est amplement mérité!

Juan Antonio Bayona rejoint Guillermo Del Toro et Alejandro Amenabar au sein de cette Nouvelle Vague espagnole dont on parle tant en ce moment.Et ici, ça n’a rien à voir avec le très décevant « Abandonnée » de Nacho Cerda; il s’agit là d’un sommet du film de « fantômes », genre très codifié, rempli de passages obligés.

Laura s’installe avec son mari et son fils adoptif, Simon, dans l’orphelinat au sein duquel elle a grandi: elle souhaite en faire un centre pour handicapés. Simon joue, de plus en plus souvent, avec des enfants imaginaires, au grand dam de ses parents. Un jour, Simon disparaît et les mois passant, Laura va commencer à croire à cette histoire d’enfants qui auraient enlevé Simon et à entrer dans l’univers de son fils. Elle y fera d’étranges découvertes…

Tous les classiques du genre sont donc réunis dans ce film: grande maison isolée à la « Psychose », bruits nocturnes, grincements de portes et cris d’enfants… Les mêmes ingrédients que dans l’excellent « les Autres » d’Alejandro Amenabar. Mais Bayona réussit malgré ça à nous transporter dans son histoire du début à la fin grâce à une mise en scène brillante, sans esbrouffe et effets de styles faciles.

Le dénouement vous glacera le sang autant qu’il vous nouera la gorge d’émotion. Il s’agit ici vraiment d’un coup de maître à découvrir de toute urgence.