CRITIQUE DVD: MADELEINE (1950)

Quatrième film qui compose le somptueux coffret David Lean chez Carlotta au mois de novembre, « Madeleine ».
 
LE FILM:
En 1857, à Glasgow, contre les voeux de ses parents, qui la destinent à un mariage bourgeois et prometteur, Madeleine Smith noue une relation secrète et passionnée avec Émile L’Angelier. Lorsqu’elle décide de mettre un terme à cette liaison, celui-ci se rebelle. Peu après, Madeleine est accusée de l’avoir empoisonné…
Bien que décrit comme »raté » par David Lean lui-même, « Madeleine » est pourtant une très belle réussite. C’est l’actrice principale, Ann Todd, compagne de Lean, qui est à l’initiative du  projet. Passionnée par Madeleine Smith, personnage ayant défrayé la chronique en Ecosse en 1857, elle l’interpréta d’abord au théâtre mais elle rêvait de reprendre le rôle au Cinéma ce qui fut fait grâce à Lean.
Clairement divisé en trois parties, le film fait appel à deux genres bien distincts. Dans ses deux premières parties, la relation amoureuse avec Langelier, pleine de promesses d’avenir et la seconde où Madeleine fait finalement le choix du mari sélectionné par le père, Lean nous offre un vrai mélodrame dans le sens classique du terme qui fait penser à « l’héritière » de Wyler. La dernière partie, à partir de la mort de Langelier est dans le plus pur style du film de procès.
La grande force du film est, comme dans la réalité, d’avoir maintenu un doute sur l’innocence de Madeleine Smith. La formidable prestation d’Ann Todd , pleine d’ambiguité, laisse planer cette incertitude jusqu’au bout. Ce film est une pure merveille à découvrir impérativement!
 
LES BONUS:
Comme sur les autres titres du coffret, outre une galerie photos, on trouve une courte présentation du film par l’historien du Cinéma Pierre Berthomieu.
 
EN CONCLUSION:
Techniquement parfait, un film à découvrir absolument dans le coffret Lean de chez Carlotta le 9 novembre 2011!

CRITIQUE: LE DERNIER ROI D’ECOSSE (2006)

Excellent film que ce « dernier roi d’Ecosse »! Kevin Mac Donald, qu’on connaît surtout pour avoir réalisé un documentaire sur la prise d’otages des athlètes israéliens à Munich, nous conte ici la relation du dictateur Idi Amin Dada avec son médecin personnel, un jeune docteur écossais. Ce dernier personnage est un personnage fictif qui nous permet d’approcher au plus près du despote. Le film démarre au tout début du règne du dictateur, attendu comme le messie par la population ougandaise. Ce jeune Ecossais croise alors la route d’Amin Dada et va devenir son médecin. Au départ, leur relation est idyllique, le chef d’état paraîssant même sympathique et attachant, et c’est la grande force du film. La prestation de Forrest Whitaker est en tous points remarquable; il sombre tout doucement vers la folie totale au grand désespoir de son jeune médecin qui ne sait plus comment se défaire de sa délicate mission. Le film passe en fait d’un sympathique itinéraire initiatique à une pure tragédie; le mélange entre faits réels et fiction est parfaitement réussi et l’interprétation (l’oscar de Whitaker est amplement mérité) de haute volée.

Forest Whitaker. Twentieth Century Fox France

Voilà donc un excellent film qui se regarde comme un thriller, cramponné à son fauteuil!