Critique: Les Fantômes d’Ismael

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Réalisation Arnaud Desplechin
Scénario Arnaud Desplechin
Acteurs principaux
Sociétés de production Why Not Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 1h54
Sortie 17 mai 2017
À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…
Si le nouveau film de Desplechin cite abondamment Bergman ou Hitchcock (comment ne pas voir une référence à Vertigo à travers le personnage de Carlotta?), « les Fantômes d’Ismael » reste avant tout un film qui ressemble à son auteur. On y retrouve le personnage de Dédalus, une sorte de sous-intrigue d’espionnage façon « la Sentinelle » ou « Trois souvenirs de ma jeunesse », le goût du romanesque et une narration sophistiquée, teintée d’un humour plein de finesse. L’histoire à priori simple est celle d’un cinéaste dont la vie est chamboulée quand réapparaît sa femme disparue vingt ans plus tôt alors qu’il a refait sa vie. La narration assez complexe fait se téléscoper présent, passé, film dans le film, tournage de façon assez ludique, le tout servi par un casting absolument parfait (Amalric, Gainsbourg, Cotillard, Garrel…) et une très belle photo. Une fantaisie ludique et stimulante, à ne pas manquer!
4.5
 

César 2016: Un palmarès très diversifié

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Hier soir se tenait au théâtre du Chatelet la traditionnelle grande messe du Cinéma français dirigée par une maîtresse de cérémonie qui, qu’on l’aime ou non, a su donner une nouvelle impulsion à une cérémonie qui, l’an passé, avait battu tous les records de longueur! Très calquée sur son modèle américain, la cérémonie a débuté avec un sketch où l’on pouvait voir l’humoriste incrustée dans quelques succès du Cinéma  Français comme Nikita ou Itinéraire d’un enfant gâté. Puis chaque remise de prix, pendant laquelle Florence Foresti s’éclipsait, laissait place à un nouveau moment « drôle » comme cette séquence de » Bloquées » avec Foresti et Vanessa Paradis, assez irrésistible. Les moments gênants auront été à mettre à l’actif de Jean-Hugues Anglade en roue libre et Christophe Lambert qui semblait avoir du mal à s’exprimer. Enfin, comme aux Oscars, les remerciements ont été limités par une musique assourdissante réservée aux bavards!

Côté palmarès, on notera l’absence très juste de « Dheepan » mais également que le carton annoncé du film de Desplechin n’aura pas eu lieu. Voici le palmarès complet:

Meilleur film : Fatima, réalisé par Philippe Faucon

Si Trois Souvenirs de ma jeunesse pouvait être qualifié de favori, c’est l’outsider « Fatima » qui l’a emporté mais c’est amplement mérité non seulement pour les qualités du film mais aussi pour le message d’intégration positive qu’il envoie, ô combien salutaire en ces temps troublés!
Meilleur réalisateur : Arnaud Desplechin pour Trois souvenirs de ma jeunesse

Ce n’est que justice pour ce grand cinéaste qui n’avait jamais été récompensé.

Meilleure actrice : Catherine Frot pour Marguerite

Elle était favorite, elle qui fut récompensée il y a vingt ans pour son rôle dans « un air de famille ». Emmanuelle Bercot n’aura pas réalisé le doublé Cannes/César.
Meilleur acteur : Vincent Lindon pour La loi du marché

Contrairement à Emmanuelle Bercot, Lindon fait le doublé Cannes/César et c’est parfaitement juste tant son interprétation dans « la loi du marché » est sidérante de réalisme!
Meilleure actrice dans un second rôle : Sidse Babett Knudsen dans L’Hermine

C’était l’outsider de sa catégorie mais sa prestation toute en douceur et en délicatesse dans « l’hermine » le méritait! Cette actrice danoise est fabuleuse!
Meilleur acteur dans un second rôle : Benoît Magimel dans La Tête haute

Il était passé à côté d’un César deux fois, la troisième aura été la bonne même si la prestation de Michel Fau par exemple aurait mérité de lui passer devant. L’une des déceptions de la soirée.
Meilleur espoir féminin : Zita Hanrot dans Fatima

La concurrence se jouait entre Lou Roy-Lecollinet pour le Desplechin et elle. Sa très fraîche interprétation d’une jeune étudiante d’origine algérienne qui cherche à s’en sortir tout en gérant sa mère qui ne parle pas Français, vaut largement le prix!
Meilleur espoir masculin : Rod Paradot dans La Tête haute

Si Quentin Dolmaire pour son rôle dans le Desplechin pouvait rêver, il faut reconnaître que l’interprétation ultra-réaliste de Rod Paradot dans le très moyen film d’Emmanuelle Bercot sentait bon la récompense!
Meilleur film étranger : Birdman réalisé par Alejandro Gonzalez Inarritu

Deuxième déception de la soirée, la récompense du film plein d’esbroufe d’Inarritu au détriment du chef d’oeuvre de Moretti ou du geste politique de Panahi!
Meilleur Film Court-Métrage :La Contre-allée de Cécile Ducrocq

Pas d’avis n’ayant pas vu les films.
Meilleur Costume : Pierre-Jean Larroque pour le film Marguerite

Sans surprise.


Meilleur film court-métrage d’animation : Repas dominical de Céline Devaux

Favori apparemment.
Meilleur film long-métrage d’animation : Petit Prince de Mark Osborne

Avril et le monde truqué semblait favori face à cette production franco-américaine moins « artisanale ». C’est le gros qui a gagné!
Meilleur son : François Musy et Gabriel Hafner dans Marguerite

Assez prévisible même si  l’on pouvait penser que le film d’Audiard se rattraperait sur un prix technique.


Meilleure photo : Christophe Offenstein pour Valley of Love

Entièrement mérité tant la photo d’Offenstein est l’une des grandes réussites du film.


Meilleur montage : Mathilde Van de Moortel pour Mustang

Mustang semble truster toutes les récompenses pour lesquelles il est nommé! 


Meilleur documentaire à Demain réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion

Si le documentaire de Rithy Panh semblait favori, c’est sans doute l’intérêt écolo qui a primé pour faire gagner le doc de Mélanie Laurent.
Meilleur Premier film à Mustang de Deniz Gamze Ergüven.

S’il y avait un César qui ne laissait pas beaucoup de place au doute, c’est bien celui-ci!
Meilleurs décors à Martin Curel pour Marguerite

Logique.


Meilleure adaptation à Fatima de Philippe Faucon

Tout à fait mérité, c’est quasiment le carton plein pour le très beau film de philippe Faucon.
Meilleure musique originale à Warren Ellis pour Mustang

Morricone n’aura finalement pas le prix, peut-être un César d’honneur une autre fois?

En conclusion, Marguerite et Fatima sont les deux grands gagnants de la soirée et sont le reflet de la belle diversité du Cinéma Français en 2015!

 

Critique bluray: Trois Souvenirs de ma Jeunesse

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  • Date de sortie salles:
    20 mai 2015
  • Réalisé par :
    Arnaud Desplechin
  • Avec :
    Quentin Dolmaire, Lou Roy Lecollinet, Mathieu Amalric…
  • Durée :
    2h
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2015
  • Distributeur :
    Le Pacte

LE FILM:

4.5

Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, « un cœur fanatique ».

Alors que la mode des prequels a envahi Hollywood, Arnaud Desplechin se prête au jeu! En 1996, « Comment je me suis disputé…ma vie sexuelle » nous montrait les tribulations sentimentales de Paul Dédalus, notamment avec Esther.  Près de vingt ans plus tard, on retrouve Paul Dédalus qui, à l’occasion d’un problème douanier, va se replonger dans trois souvenirs de sa jeunesse. Ceux-ci  sont évoqués sous la forme de trois chapitres: l’enfance, la Russie et Esther. Le film de Desplechin nous plonge donc dans la jeunesse de Dédalus jusqu’à l’âge de 20 ans. On retrouve l’écriture raffinée de Desplechin et son goût du romantique et du romanesque avec trois chapitres tous très différents: un premier chapitre empreint de poésie, un second proche de l’aventure et de l’espionnage et un troisième en forme de récit d’apprentissage. C’est non seulement remarquablement mis en scène mais on découvre en plus deux formidables comédiens: Quentin Dolmaire, au phrasé identique à celui d’Amalric, et Lou Roy Lecollinet, dont on devrait reparler très vite. Le grand film français de 2015!

TECHNIQUE:

4.5

Parfait!

BONUS:

4

On trouve ici une interview du réalisateur, des comédiens, leurs essais ainsi qu’un extrait du premier opus.

VERDICT:

4.5

Le grand film français de 2015, indispensable!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez BlaqOut

Jeu Concours: 5×2 places pour « Trois souvenirs de ma jeunesse » à gagner (jeu terminé)

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A l’occasion de la sortie de « Trois souvenirs de ma jeunesse » le 20 mai, CINEDINGUE et LE PACTE sont heureux de vous offrir 5×2 places pour le découvrir en salles. Pour gagner, il vous suffit de répondre correctement aux questions avant le 20 mai; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

CRITIQUE DVD: JIMMY P.

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LE FILM: 7.5/10

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l’hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spécialisé dans les maladies du cerveau. Jimmy Picard souffre de nombreux troubles : vertiges, cécité temporaire, perte d’audition… En l’absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s’impose est la schizophrénie. La direction de l’hôpital décide toutefois de prendre l’avis d un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux. JIMMY P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) est le récit de la rencontre et de l’amitié entre ces deux hommes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, et qui n’ont apparemment rien en commun. L’exploration des souvenirs et des rêves de Jimmy est une expérience qu’ils mènent ensemble, avec une complicité grandissante, à la manière d’un couple d’enquêteurs.

Jimmy P., c’est Jimmy Picard, un Indien revenu de la guerre blessé non pas physiquement mais au plus profond de son âme. C’est un ethnologue et psychanalyste français qui est chargé d’alléger ses souffrances. Inspiré du livre de Devereux, le film retrace également le contenu des séances qui ont eu lieu entre les deux hommes. A la manière d’une véritable enquête, le psychanalyste et son patient vont explorer le passé de Jimmy P., apprendre sur eux-mêmes tout en créant des liens d’amitié. Malgré l’éloignement et le tournage en langue anglaise, on retrouve la patte de Desplechin même si le film paraît un peu froid et manquer un peu de passion. Toutefois, le duo Mathieu Amalric/Benicio del Toro (d’une sobriété rare) emporte tout sur son passage! Un très joli film!

TECHNIQUE: 9/10

Une très belle copie légèrement granuleuse!

BONUS: 2/10

Outre la bande-annonce, on trouve seulement une scène coupée. Tous les autres bonus sont réservés à la galette bleue! Dommage…

VERDICT: 7.5/10

Un joli film avec deux grands acteurs!

Disponible en DVD (19.99 euros) et blu-ray (24.99 euros) chez FranceTV Distribution dès le 22 janvier