CRITIQUE: L’ENFANT D’EN HAUT

Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe.
Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui…

Pour son deuxième film après « Home », Ursula Meier choisit à nouveau le thème de la famille. Elle nous propose ici de suivre une famille un peu bancale. Les parents sont absents et la grande soeur passe de missions d’intérim au chômage et enchaîne les petits copains qu’on différencie à la marque de leur voiture. Elle n’assume pas du tout la situation et se comporte plutôt comme une adolescente. Le petit frère, lui, n’a pour seule occupation que le vol et la revente d’équipements de ski et s’occupe de faire tourner la maison. Il fait les courses, la lessive et veille à ce que sa grande soeur ne fasse pas n’importe quoi!

Quand il va « en haut », il quitte la grisaille de sa tour HLM « d’en bas » et fréquente la bourgeoisie qui s’amuse, comme une métaphore amusante. Il peut même se permettre de déjeuner en terrasse assis sur une banquette  recouverte de peau de bête.

Entre la chronique sociale et le conte, « l’Enfant d’en Haut » rappelle souvent le cinéma des frères Dardenne notamment « le Gamin au vélo ». Porté par deux comédiens magnifiques, Léa Seydoux et le jeune Kacey Mottet Klein parfait dans ce rôle d’enfant en manque d’amour maternel, le film d’Ursula Meier est un petit bijou qui vous broiera le coeur.

 

CRITIQUE DVD: ON THE ICE

LE FILM:

Qalli et Aivaaq, deux adolescents de la communauté iñupiaq mènent une vie sans histoire dans une petite ville isolée du nord de l’Alaska jusqu’au jour où, partis à la chasse au phoque avec un de leurs amis, une dispute se solde par la mort accidentelle de ce dernier. Paniqués, les deux garçons décident de se débarrasser du corps. Liés par leur sombre secret, rongés par la culpabilité, les deux amis vont être amenés à explorer les limites de leur amitié et de leur honneur.

Première réalisation d’Andrew O. McLean, « On the ice » nous entraîne dans les vastes paysages enneigés de l’Alaska, dans une communauté inuit, les iñupiaqs. Même si l’on se croit au début du film devant un thriller, il s’agit ensuite plutôt d’un drame sur le sentiment de culpabilité plutôt centré sur les conséquences de cet accident sur les individus, en l’occurence deux adolescents, et la communauté dans laquelle ils vivent. Le film dégage une forte sensation de claustrophobie due à l’immensité des paysages enneigés qui nous est offerte. D’autre part, le film de McLean constitue une réflexion sur le passage à l’âge adulte avec la perte de l’innocence. Même si son scénario peut parfois paraître paresseux, « On the Ice » ouvre à la réflexion et nous fait voyager au coeur d’une communauté qui nous est assez éloignée tout en comportant des similitudes avec la nôtre.

Un film à découvrir dans un DVD irréprochable!

LES BONUS:

Court-métrage : « Sikumi » (15′) à l’origine du long métrage, interview passionnante du réalisateur et revue de presse !

VERDICT:

Un premier film à découvrir!
Disponible en DVD (19,99 euros) chez Memento.