CRITIQUE: L’ENFANT D’EN HAUT

Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe.
Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui…

Pour son deuxième film après « Home », Ursula Meier choisit à nouveau le thème de la famille. Elle nous propose ici de suivre une famille un peu bancale. Les parents sont absents et la grande soeur passe de missions d’intérim au chômage et enchaîne les petits copains qu’on différencie à la marque de leur voiture. Elle n’assume pas du tout la situation et se comporte plutôt comme une adolescente. Le petit frère, lui, n’a pour seule occupation que le vol et la revente d’équipements de ski et s’occupe de faire tourner la maison. Il fait les courses, la lessive et veille à ce que sa grande soeur ne fasse pas n’importe quoi!

Quand il va « en haut », il quitte la grisaille de sa tour HLM « d’en bas » et fréquente la bourgeoisie qui s’amuse, comme une métaphore amusante. Il peut même se permettre de déjeuner en terrasse assis sur une banquette  recouverte de peau de bête.

Entre la chronique sociale et le conte, « l’Enfant d’en Haut » rappelle souvent le cinéma des frères Dardenne notamment « le Gamin au vélo ». Porté par deux comédiens magnifiques, Léa Seydoux et le jeune Kacey Mottet Klein parfait dans ce rôle d’enfant en manque d’amour maternel, le film d’Ursula Meier est un petit bijou qui vous broiera le coeur.