CRITIQUE: CONTREBANDE

Chris Farraday a tiré un trait sur son passé criminel et s’est construit une vie paisible avec sa femme Kate et leurs deux fils, jusqu’au jour où son jeune et naïf beau-frère Andy manque à ses engagements dans une opération de trafic de drogues montée par l’inquiétant petit caïd local Tim Briggs. Pour aider Andy à s’acquitter de sa dette, Chris est forcé de reprendre du service et se tourne vers ce qu’il connaît le mieux : la contrebande.
Avec l’aide de son meilleur ami Sebastian, Chris s’assure la coopération de quelques relations éprouvées, dont son ami d’enfance Danny Rayner, et élabore un coup qui devra lui assurer des millions en faux billets, contre un simple aller-retour au Panama, ce sous l’oeil suspicieux du Capitaine Camp que des antécédents houleux avec le père de Chris rendent d’autant plus méfiant.
L’opération s’avère vite être une impasse. Chris n’a plus que quelques heures pour mettre la main sur le butin. Il va devoir faire appel à des talents auxquels il avait renoncé depuis longtemps et naviguer entre la pègre locale, la police et les douanes, avant que sa femme et leurs fils ne servent de dédommagement à Briggs.

Remake de l’excellent polar islandais « Illegal Traffic » (Reykjavik-Rotterdam), « Contrebande » est réalisé par Baltasar Kormakur qui interprétait le rôle principal dans la version originale! Si l’on ne connaît pas celle-ci, Contrebande est un polar US moyen comme on en voit par dizaines dans les rayons DVD de nos fournisseurs habituels! Rien de transcendant, rien de mauvais non plus, avec même quelques scènes assez rondement menées. Si maintenant l’on connaît le polar d’origine, Contrebande n’est qu’une pâle copie (la plupart des scènes sont complètement calquées sur l’original) et perd cet aspect réaliste, presque documentaire qui faisait la force du premier film. Seule différence, au lieu de se passer entre Reykjavik et Rotterdam, la contrebande a lieu entre les Etats-Unis et le Panama! Inutile donc!

Un conseil : procurez-vous « Illegal Traffic » et passez votre chemin pour Contrebande!

 

CRITIQUE: MARGIN CALL

Pour survivre à Wall Street, sois le premier, le meilleur ou triche. La dernière nuit d’une équipe de traders, avant le crash. Pour sauver leur peau, un seul moyen : ruiner les autres…

Pour son premier film, J.C.Chandler nous propose de suivre les 24 premières heures de la dernière crise financière au sein d’une banque. Du premier soupçon d’un jeune trader à la décision prise par le grand chef qui va entraîner une réaction en chaînes, nous est dépeint le quotidien d’une banque d’investissement et de ses employés! Une dizaine de personnages se croisent dans un décor quasi-unique et tout le film repose essentiellement sur les dialogues, remarquablement ciselés! Et la grande force du film est de nous parler de la crise sans nous noyer dans des explications incompréhensibles. On la vit de l’intérieur sans jamais perdre le fil et le plus drôle dans tout ça, c’est le moment où le patron de la banque demande au jeune trader de lui expliquer « in english », comme s’il était un enfant! L’autre force du film réside dans son énorme casting:  Kevin Spacey, le chef du service « gestion des risques », qui pleure la mort de son chien, Paul Bettany, le jeune trader accro à la nicorette, Jeremy Irons, le grand manitou prêt à répandre la crise pour sauver ses billes, Zachary Quinto, le trader à l’origine de la découverte, Simon Baker, Demi Moore et Stanley Tucci!

Une belle réussite, pendant idéal au documentaire « Inside Job »!