CRITIQUE: SOMEWHERE (2010)

Johnny Marco est une star de Hollywood. Il a tout mais végète dans un ennui sans limite. Logé dans le mythique Château Marmont, quand il n’a pas d’obligations professionnelles comme des interviews ou des séances photos, il tourne en rond en voiture ou regarde les gogo danceuses qu’il fait monter dans sa chambre. Mais il passe la plupart de son temps désespérement seul. Un jour, son ex-femme devant s’absenter, elle lui confie leur fille, une jeune adolescente de 11 ans qu’il connaît finalement très peu…

Quatrième long métrage de Sofia Coppola après « virgin suicides », « lost in translation » et « Marie-Antoinette », « Somewhere » nous conte finalement le passage à l’âge adulte d’un adolescent trop gâté. A la manière d’un Tarantino (l’ex de Mme Coppola qui lui a d’ailleurs décerné le Lion d’Or à Venise!), Sofia Coppola donne sa chance à un acteur disparu, Stephen Dorff, gloire éphémère des années 90, qui livre une très belle interprétation de cet acteur déconnecté de la réalité qui va reprendre goût à la vie au contact de son enfant lors d’un court séjour. Pour interpréter cette enfant, on découvre ici Elle Fanning, la brillante petite soeur de Dakota, qui prouve qu’elle est largement à la hauteur de son aînée. Dans un style très sobre très proche du documentaire, la réalisatrice surdouée nous dévoile la partie immergée de l’iceberg « Hollywood »  de telle manière que l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose d’autobiographique là-dedans. La BO de Phoenix, excellente, rajoute à la mélancolie et la langueur exprimées par les images. Bref, j’ai été littéralement envoûté par le film mais je conçois qu’il en déstabilisera plus d’un à l’image de la critique très partagée à son sujet. Une très belle réussite!

CRITIQUE: TETRO (2009)

Memento Films Distribution

Bennie, 18 ans, part retrouver son frère aîné Tetro, exilé à Buenos Aires depuis 10 ans. Bennie veut comprendre et tout savoir sur sa famille, son père, illustre chef d’orchestre despotique ou sa mère aujourd’hui décédée. Tetro, lui, a déjà enterré de nombreux secrets qu’il ne souhaite pas révéler…

Souvent taxé de mégalomanie, Coppola livre ici un film intimiste, complètement auto-produit, très loin des « Parrains » ou autre « Dracula ». Tournée dans un somptueux noir et blanc qui rappelle « Rusty James », cette plongée dans les secrets d’une famille est sûrement un des films les plus personnels du Maître qui en signe aussi le scénario. Le père déclare d’ailleurs qu' »il n’y a de la place que pour un génie dans la famille », surprenant quand on connaît la généalogie des Coppola(Carmine, le grand-père compositeur, Francis Ford le père, Sofia la fille réalisatrice, son cousin Nicolas Cage…) On y suit Vincent Gallo dans le rôle du grand frère comme toujours parfait (Studio Cinélive a qualifié son jeu d' »outré », nous n’avons pas dû voir le même film!!!) et la révélation Alden Ehrenreich aux faux airs de Di Caprio dont on reparlera sûrement. On peut également retrouver Klaus Maria Brandauer si rare depuis quelques années et la star espagnole Carmen Maura, casting de choix donc!

Très beau film qui réserve de très beaux moments et qui parvient à nous surprendre.