Critique Bluray: Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques

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Réalisation Michel Audiard
Scénario Michel Audiard
Jean-Marie Poiré
d’après le roman Le Pauméd’Evan Hunter
Acteurs principaux
Pays d’origine France
Genre Comédie policière
Durée 88 minutes (1 heure 28)
Sortie 10 février 1971

LE FILM:

4

Alfred Mullanet est un homme tout à fait ordinaire. Ce qui, paradoxalement, lui vaut de vivre une aventure extraordinaire. Le voici engagé pour servir de cadavre. Hélas, il fait un très mauvais cadavre. Le genre rebelle , qui profite des dissensions entre deux chefs de gangs, le colérique K. et le flegmatique Kruger. Car il y a de l’argent en jeu. Une grosse somme. Qui provoque de grosses envies et de gros dégâts.

Un an après « Elle boit pas, elle fume pas… », Michel Audiard réalise son quatrième film au titre tout autant loufoque, « le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques »! On y retrouve les fidèles du dialoguiste comme Paul Meurisse, Bernard Blier, Robert Dalban ou Dominique Zardi et toute une clique de nouveaux: Depardieu dans son premier rôle, Michel Serrault, Carlos, Yves Robert, Michel Modo ou encore Romain Bouteille! L’histoire, inracontable, est prétexte à une course poursuite complètement loufoque avec un Michel Serrault traqué par des mafieux et les forces de l’ordre pour une veste à la valeur inestimable. Les fans d’humour absurde et de dialogues décalés seront à la fête: les policiers sont complètement bourrés, leurs voitures patrouillent dans les couloirs des immeubles, Michel Serrault fréquentent des soirées créoles en tant que « fromage blanc », et bien d’autres surprises! Les comédiens d’amusent et nous aussi!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie limpide à tous points de vue! Un régal!

BONUS:

4

On trouve ici une présentation du film par Jean-Marie Poiré, une petite interview de Michel Serrault, un petit lexique de quelques termes argotiques et un court montage sur les thématiques d’Audiard.

VERDICT:

4

Un petit bijou d’absurde jubilatoire à découvrir!

Disponible en bluray (14.99 euros) chez Gaumont dès le 6 avril

Critique: Tout pour être heureux

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SORTIE LE 13 AVRIL 2016

Antoine, bientôt quarantenaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s’est jamais réellement senti investi d’une mission pour s’occuper de ses filles, âgées de 5 et 9 ans.Infantilisé par sa femme Alice, Antoine n’arrive pas à trouver sa place dans son foyer et décide subitement de la quitter pour une histoire sans lendemain.Lorsqu’Alice lui confie leurs filles quelques jours par surprise, Antoine va se retrouver sur un continent inconnu. Et alors qu’il était incapable d’assumer son rôle de père à l’intérieur du noyau familial, il va finir par devenir une véritable « mère juive ».Après avoir quitté sa femme par nostalgie de sa liberté d’antan, le nouvel Antoine va se retrouver confronté à une nouvelle nostalgie, celle de sa vie de famille…

Quelques mois après « Un début prometteur« , Manu Payet revient dans un rôle de quadra tendance dépressive. Alors qu’il joue sa vie niveau professionnel en tentant de lancer une jeune chanteuse prometteuse, son couple et sa vie de famille sont au bord de l’explosion et sa femme ne va pas tarder à siffler la fin du match. Antoine va alors se rapprocher de sa soeur pour l’aider financièrement mais aussi à y voir plus clair dans sa vie sentimentale.

Pour son second long métrage, le réalisateur Cyril Gelblat s’est inspiré du livre de Xavier de Moulins « un coup à prendre » mais surtout de son expérience de jeune père, confiant d’ailleurs le rôle de l’une des enfants à sa propre fille. Sans que ce soit une pure comédie mais plutôt un « film sur la vie », « tout pour être heureux » réussit le pari d’alterner entre le rire et l’émotion sans jamais céder à la facilité y compris avec un final qui a le bon goût de ne pas trahir le discours du film.

Dans une Société du zapping où les couples se déchirent au premier truc qui cloche, « tout pour être heureux » a le mérite de susciter la réflexion sans donner de leçons tout en proposant un vrai bon divertissement. A côté de ça, on découvre les talents musicaux de Joe Bel, jeune chanteuse qui devrait faire reparler d’elle et un réalisateur de comédie non dénué d’ambition: on retiendra l’idée géniale d’un repas  » à distance », belle idée de mise en scène. Puis évidemment, on ne peut pas ne pas évoquer l’interprétation: Manu Payet sait faire rire et aussi se montrer bouleversant, Aure Atika est parfaite en soeur conseillère et Audrey Lamy, loin des rôles comiques dont elle a fait son fonds de commerce, apporte une vraie touche d’émotion au film. On ne peut oublier évidemment les deux enfants, Jaïa Caltagirone et Rafaele Gelblat, totalement craquantes. Dans sa façon de combiner rires et larmes, son aspect de feel good movie et les réactions que le film suscite lors des avant-premières, « tout pour être heureux » fait étrangement penser à « la famille Bélier »! On ne peut que lui souhaiter le même destin!

4