CRITIQUE BLU-RAY: CHASSE A L’HOMME

chasse_a_l_hommeLE FILM: 3/10

Lorsque Chance, un SDF de la Nouvelle Orléans est sollicité par Natasha Binder pour retrouver son père, il ne se doute pas que ce dernier a été abattu par un gang s’adonnant à la chasse à l’homme. Et il se doute encore moins qu’il va devenir leur nouvelle proie…

Cinéaste chinois, véritable star du cinéma d’action, John Woo est un génie de la mise en scène et quasiment l’inventeur du gunfight chorégraphié au cinéma dont les affrontements arme au poing sont depuis des décennies copiées dans le moindre film d’action. Juste après son chef d’œuvre, « A toute épreuve » en 1992, quand on apprend que les Etats-Unis font les yeux doux au virtuose, chaque fan se prend à rêver à ce que serait une grosse machine hollywoodienne ponctuée d’envolées lyriques et d’effusions de violence toutes wooiennes. Le rêve pourrait se réaliser avec la sortie un an plus tard de Chasse à l’Homme avec pour acteur principal Jean-Claude Van Damme, lui aussi en pleine bourre, tout juste sorti de succès comme Double Impact ou Universal Soldier.

La déception est malheureusement à la hauteur de l’attente! S’inspirant très largement du chef d’œuvre de Schoedsack, les Chasses du Comte Zaroff, le film repose sur un scénario complètement crétin avec ce clochard de Van Damme débauché par une brunette à la recherche de son père, tout ce petit monde aux prises avec une paire de méchants tout aussi ridicules (avec un accent étranger comme souvent!). Heureusement, le scénariste meurt dans les cinq premières minutes du film!

Non content d’être assommant de bêtise, Chasse à l’Homme est mal joué, la palme allant à Yancy Butler, dont le jeu se limite à ouvrir grand les yeux quand elle a peur, quand elle est contente ou étonnée…

Point positif quand même, on retrouve la patte de John Woo lors des scènes d’action nombreuses qui permettent à l’acteur belge de donner quelques coups de tatanes entre deux gunfights!

Pour Woo, ce sera le premier nanar d’une longue série qui jalonnera sa carrière hollywoodienne!

TECHNIQUE: 8/10

Excellente copie HD pour ce film d’action dont les performance en matière de son sont explosives!

BONUS: 0/10

Rien du tout…

VERDICT: 3.5/10

Un nanar qui devrait ravir les fans d’action pure!

Disponible en Blu-ray (14.99 euros) chez Universal Pictures dès le 20 aout

 

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CRITIQUE BLU-RAY: DRAGON EYES

LE FILM: 5/10

Hong se donne pour mission de protéger la ville de Saint-Jude. Il est prêt à combattre pour la sauver des trafiquants de drogue et des corrompus qui la détruisent…

Débarquant directement dans la case dvd/bluray, ce « Dragon Eyes » ne restera pas dans les annales! Axé sur un scénario très proche du western, avec un taiseux qu’il vaut mieux éviter de titiller qui débarque dans une ville pour faire le ménage, ce « Dragon eyes » est réalisé par John Hyams, qui s’est entre autres illustré avec l’une des suites de Universal Soldier. Avec une photo qui n’est pas sans rappeler celle de « Bad Boys », aux tonalités très orangées, et une réalisation assez soignée, le film souffre surtout d’un scénario plus que léger et biscornu. Les scènes d’action, quant à elles, sont assez bien fichues et sauvages bien comme il faut! Au niveau de l’interprétation, le comédien principal, Cung Le, ne décrochera pas l’Oscar avec ce rôle, tant son jeu se limite à une expression et VanDamme n’apparaît que très peu dans un rôle de co-détenu expert en arts martiaux nous gratifiant de quelques coups de pieds, de quoi lui faire siffler les abducteurs. La bonne surprise du casting, c’est le méchant incarné par Peter Weller, cabot comme jamais!

Un Logique DTV sur un blu-ray par contre irréprochable techniquement! L’image est absolument parfaite et le son est explosif!

LES BONUS: 6/10

Seul et unique bonus, un court making-of (10 mins) mais sur ce genre de production, c’est largement suffisant!

VERDICT: 6/10

Un bluray top pour les amateurs de baston décérébrée!

Disponible en DVD (14,99 euros) et en blu-ray (19,99 euros) chez Sony Pictures



CANNON GROUP, LES ROIS DU NANAR DANS LES ANNEES 80

J’ai décidé de vous parler dans ce post d’une célèbre société de production des années 80 qui offrit à mes yeux de jeune garçon des heures de plaisir qui en disent long sur l’esprit critique d’un enfant d’une dizaine d’années! Ah, le souvenir de ces cassettes VHS que j’allais chercher avec envie au videoclub du coin ou acheter d’occasion au marché et l’excitation au moment de les insérer dans mon bon vieux magnétoscope double k7 Orion ( un mustqui faisait de nombreux jaloux!) Enfin, trêve de palabres! Souvenirs!

En 1963, Menahem Golan travaille comme assistant du producteur sur un film de Roger Corman, « The young Racers ». Après cette expérience avec le roi de la combine, Golan crée sa boîte de prod « Noah Films » avec son jeune cousin Yoram Globus. Les rôles seront clairs: l’artistique pour Golan, qui s’improvise même réalisateur, le financier pour Globus. Leurs films, tout d’abord destinés au marché israëlien, s’exportent tout de même assez bien, l’un d’eux étant même nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 1964, « Sallah Shabati « ! Après quelques jolis succès comme « operation Thunderbolt », les deux cousins font l’acquisition en 1979 de la société US Cannon , qui produit essentiellement des films un peu olé olé (comprendre légèrement dénudés)! Et leur appétit est féroce: ils deviennent producteurs, distributeurs et même exploitants en rachetant des dizaines de salles en Europe! Leur grande spécialité: mettre beaucoup de moyens dans des films assez médiocres! Cela fera parfois des succès mais plus souvent de vraies catastrophes qui mèneront la Cannon à la faillite en 1994!

Voici maintenant les principaux faits d’armes:

– Le duo Golan/Globus sévit dans le film d’aventures avec Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (1985) de Jack Lee Thompson avec Richard Chamberlain et la débutante Sharon Stone et sa suite Allan Quatermain et la cité de l’or perdu (1986) de Gary Nelson, tous les deux étant clairement de pâles copies d’Indiana Jones!


En cadeau les 5 premières minutes du film avec le génial thème de la BO de Jerry Goldsmith!

On a droit aussi au film Le Temple d’Or  (1986) de Jack Lee Thompson avec Chuck Norris et Lou Gossett Jr.

– Outre le film d’aventures, la Cannon a flirté un peu avec l’Heroic Fantasy avec Les Barbarians (1987) de Ruggero Deodato avec les jumeaux au regard plein d’intelligence, Peter et David Paul mais aussi avec Les Maîtres de l’Univers (1987) de Gary Goddard avec le toujours expressif Dolph Lundgren!

-Autre spécialité du tandem, le film d’action patriote, dans lequel un héros doit sauver la patrie US de l’assaut d’ennemis communistes ou arabes (tiens tiens! Déjà!). Cannon offre donc à nos yeux ébahis d’adolescents prépubères Delta Force (1986) réalisé par Menahem Golan Lui-même avec Chuck Norris et Lee Marvin et un casting de seconds rôles hallucinant : Martin Balsam, Robert Forster dans le rôle d’Abdul (sic!), George Kennedy, Hanna Schygulla, Robert Vaughn et Shelley Winters! Suivront deux autres volets en 1990 et 1991 mis en scène respectivement par Aaron Norris et Sam Firstenberg!

Dans le même genre, on a eu droit aussi à Invasion USA (1985) de Joseph Zito avec Chuck Norris et le méchant très vilain Richard Lynch dans lequel le coriace Matt Hunter mate à lui tout seul une armada de terroristes qui menace de faire disparaître les Etats-Unis de la carte!

On peut mettre dans la même catégorie le Portés Disparus (1985) de Joseph Zito avec Chuck Norris et ses deux suites dans lesquels le baraqué barbu retourne au Vietnam pour libérer des soldats US restés prisonniers, seul contre tous bien sûr!

– Cannon a également produit une kyrielle de films d’action avec justicier, à la morale toujours douteuse! Charles Bronson a bouclé pas mal de fins de mois grâce à des films tels que Un Justicier dans la Ville 2, 3, 4, Le Justicier de Minuit (1983) de Jack Lee Thompson et du même réalisateur Kinjite (89), La Loi de Murphy (86), Le Messager de la Mort (88). Chuck Norris a eu son heure de gloire également dans Héros (1988) de William Tannen, Stallone dans Cobra (1986) de George Pan Cosmatos et Over The Top (1987) de Menahem Golan et n’oublions pas le très charismatique Robert Ginty dansExterminator 2 (1985) de Mark Buntzman dans lequel un vétéran du Vietnam nettoie les rues de New-York à coup de lance-flammes!

– On n’oubliera pas bien sûr le film d’arts martiaux, la Cannon ayant lancé la carrière du Belge le plus connu après Johnny, Jean-Claude Van Damme!  Bloodsport (1988) de Newt Arnold qui, petite anecdote, offrait un rôle au gigantesque Forrest Whitaker, et Cyborg (1989) d’Albert Pyun ont révélé le karateka belge de plus belle manière que le mignon blond Michael Dudikoff qui brilla dans American Warrior (1985) de Sam Firstenberg et ses 4 suites qui surfa sur la mode des ninjas! Même moi, je m’étais fait offrir un costume de ninja avec la cagoule et tout et tout!

– Outre ces genres dans lesquels la Cannon fut très généreuse, elle fit une incursion dans le film d’horreurs juste pour finir d’achever la carrière de Tobe Hooper avec un piteux Massacre à la Tronçonneuse 2 (1986), et enfin dans le film de super-héros avec unSuperman 4 de triste mémoire!

Toutefois, au-delà de cette quantité astronomique de nanars, la Cannon a, peut-être accidentellement, produit quelques films de réalisateurs de renom! A son actif, on trouve Love Streams (1984) de John Cassavetes, Otello (1986) de Franco Zeffirelli, Barfly (1987) de Barbet Schroeder avec Mickey Rourke ou encore King Lear (1987) de Jean-Luc Godard!

J’espère que ce petit voyage chez les cousins Golan/Globus vous aura donné l’envie de ressortir votre vieux scope et vos VHS pour une bonne séance de plaisir bien régressif!