Oscars 2016: le Palmares

leonardo-dicaprio-pl.jpg

La question qui taraudait toute la planète depuis des semaines, « Leo va-t-il enfin décroché son Oscar » a enfin trouvé sa réponse la nuit dernière! Les Oscars 2016 ont en effet trouvé leurs acquéreurs  avec un palmarès finalement sans grande surprise. Les grosses surprises venaient surtout des nominations dont étaient absents Spielberg et Tarantino!

Meilleur filmSpotlight de Tom McCarthy.

Si Mad Max semblait supérieur à Spotlight, ce dernier avait tout pour plaire à l’Académie qui raffole des films à portée politique et à la forme classique!

Meilleur réalisateur : Alejandro Gonzalez Inarritu pour The Revenant.

Inarritu était favori après son Golden Globe et a donc récidivé cette année bien que George Miller l’ait largement mérité!

Meilleur acteur : Leonardo DiCaprio dans The Revenant.

La cinquième nomination en tant qu’acteur (une en tant que producteur pour le Loup de Wall Street) fut la bonne pour DiCaprio même si, objectivement, il l’aurait mérité davantage pour « Aviator » ou » le Loup de Wall Street ». Son principal concurrent était Michael Fassbender pour « Steve Jobs » qui voit pour la deuxième fois la récompense lui échapper.

Meilleure actrice : Brie Larson dans Room.

C’est l’une des surprises de la soirée pour cette jeune actrice encore peu connue qui ravit la récompense à Cate Blanchett pourtant magnifique dans « Carol ».

Meilleur acteur dans un second rôle : Mark Rylance pour Le Pont des espions.

Si voir Sylvester Stallone soulever le trophée pour « Creed » aurait été sympa, la phénoménale performance de Rylance dans le film de Spielberg est fort justement récompensée!

Meilleure actrice dans un second rôle : Alicia Vikander dans The Danish Girl.

C’est clairement l’outsider de la catégorie qui rafle la mise sous le nez de Jennifer Jason Leigh, Rooney Mara et Kate Winslet!

Meilleur scénario original : Josh Singer et Tom McCarthy pour Spotlight.

Belle concurrence ici avec Vice Versa et le Pont des Espions, mais la récompense est tout de même méritée.

Meilleur scénario adapté : Charles Randolph et Adam McKay pour The Big Short : le casse du siècle.

Une récompense pour le très beau script de « Carol » m’aurait ravi, dommage…

Meilleur film étrangerLe Fils de Saul de László Nemes (Hongrie).

Le Français « mustang » repart bredouille, dommage…

Meilleur film d’animationVice-versa de Pete Docter et Jonas Rivera.

Evidemment!

Meilleur documentaireAmy de Asif Kapadia.

Evidemment!

Meilleure photographie : Emmanuel Lubezki pour The Revenant.

Rien à dire même si j’avais un faible pour la magnifique photo des « Huit Salopards »!

Meilleur montage : Margaret Sixel pour Mad Max: Fury Road.

Meilleurs décors : Colin Gibson et Lisa Thompson pour Mad Max: Fury Road.

Meilleure création de costumes : Jenny Beavan pour Mad Max: Fury Road.

Meilleurs maquillages et coiffures : Lesley Vanderwalt, Elka Wardega et Damian Martin pour Mad Max: Fury Road.

Meilleur montage sonore : Mark A. Mangini et David White pour Mad Max: Fury Road.

Meilleur mixage de son : Chris Jenkins, Gregg Rudloff et Ben Osmo pour Mad Max: Fury Road.

Tous les Oscars techniques pour Mad Max sont amplement mérités!

Meilleurs effets visuels : Mark Williams Ardington, Sara Bennett, Paul Norris, Andrew Whitehurst pour Ex Machina.

Surprise avec Star Wars dans la catégorie, qui repartira finalement bredouille!

Meilleure chanson originale : Jimmy Napes et Sam Smith pour Writing’s on the Wall dans 007 Spectre.

Meilleure musique de film : Ennio Morricone pour Les Huit Salopards.

Grande joie de voir l’immense Ennio Morricone remporter le premier Oscar de sa carrière pour sa formidable BO des Huit Salopards!

Meilleur court métrage de fiction : Stutterer, de Serena Armitage et Benjamin Cleary.

Meilleur court métrage d’animation : Bear Story de Pato Escala Pierart et Gabriel Osorio Vargas.

Meilleur court métrage documentaire : A Girl in the River : The Price of Forgiveness de Sharmeen Obaid-Chinoy.

Critique: The Revenant

165611.jpg

Réalisation Alejandro González Iñárritu
Scénario Alejandro González Iñárritu
Mark L. Smith
Acteurs principaux
Sociétés de production New Regency Pictures
Anonymous Content
RatPac Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre western
Durée 156 minutes
Sortie 24 février 2016

Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

Un an à peine après son Oscar du meilleur réalisateur pour le décevant « Birdman », le cinéaste mexicain Inarritu revient avec une nouvelle adaptation du roman de Michael Punke, « le revenant », qui avait déjà inspiré Richard Sarafian pour son « Convoi sauvage » en 1971. Après une scène d’ouverture dans laquelle un groupe de trappeurs est sauvagement attaqué par une tribu d’Indiens, on peut se dire que l’on s’embarque dans 2h30 de grand cinéma; d’autant qu’une attaque de grizzli dont est victime Glass nous laisse scotché devant tant de maîtrise technique. Il nous tarde, maintenant que ces bonnes bases sont posées, de vibrer et d’être pris aux tripes! Malheureusement, ce ne sera pas le cas. Si l’on ne peut que reconnaître la maestria de la mise en scène et le travail titanesque de Lubezki sur la photo, l’ennui prime pour plusieurs raisons. Tout d’abord, contrairement au « Convoi Sauvage » qui, grâce à de multiples flash-backs, nous éclairaient sur le personnage principal et nous faisait entrer en empathie, « The Revenant » ne nous apprend jamais rien sur Glass qui, du coup, n’est jamais attachant. Par ailleurs, plutôt que d’opter pour l’aventure pure et l’immersion du spectateur, Inarritu choisit l’odyssée métaphysique façon Mallick (on pense souvent au Nouveau Monde et à la Ligne Rouge). Enfin, si dans « the Revenant », le personnage incarné par DiCaprio ne survit que pour venger la mort de son fils, le personnage incarné par Richard Harris dans « le Convoi Sauvage » luttait pour revoir son fils vivant, donnant un souffle de vie et de rédemption bien plus exaltant que dans cette nouvelle version. Du côté de l’interprétation, Tom Hardy est parfait dans ce rôle de crapule et DiCaprio est comme toujours très bon même s’il n’a que quelques lignes de dialogues, l’ironie étant qu’il remporte enfin un Oscar pour, sûrement son rôle le plus physique, mais certainement le moins intéressant. En tout cas, une fois de plus Inarritu confirme ses immenses qualités de cinéaste mais tant qu’il se bornera à vouloir épater la galerie plutôt qu’à raconter des histoires qui emportent le public, il restera un un grand technicien à défaut d’un grand réalisateur.

2