CRITIQUE: INTO THE WILD (2007)

Le dernier film de Sean Penn, tiré d’une histoire vraie, relate la fuite d’un jenue garçon en quête de liberté. Après l’obtention de ses diplômes, il quitte ses parents et sa jeune soeur sans les prévenir pour gagner l’Alaska. Il refuse la nouvelle voiture que ses parents voulaient lui offrir , donne toutes ses économies aux bonnes oeuvres et part seul à l’aventure.

Sur son chemin, il croisera divers personnages et traversera les paysages les plus divers. Il n’est pas étonnant qu’un tel sujet ait été choisi par Sean Penn, tant le personnage principal, interprété par l’époustouflant Emile Hirsh, lui ressemble par son côté rebelle et marginal. Le film est servi par une photo magnifique du Français Eric Gauthier (cocorico!) qui a déjà travaillé avec Claude Berri ou Patrice Chéreau entre autres et à qui l’on doit la très belle photo de « Carnets de voyage » de Walter Salles. Sans oublier la très belle BO interprétée par Eddie Veder (Pearl Jam) qui fut récompensée par un golden globe.

Pas un chef d’oeuvre mais un très bon film qui a surtout le mérite d’être fait avec sincérité et qui ressemble à son réalisateur.

CRITIQUE: HARVEY MILK (2008)

SND

Le générique nous donne à voir le traitement hallucinant qui était réservé aux homosexuels américains dans les années 60/70 et nous donne un grand coup de poing d’entrée. Sitôt achevé, on découvre Harvey Milk, s’enregistrant au magnétophone; il se sent menacé et met toute son histoire sur bande tel un testament.

Il nous raconte donc durant ces deux heures, son combat pour la cause homosexuelle, qui fit de lui le premier élu américain ouvertement gay. On sait dès le début comment ça se termine; il sera assassiné comme il le pressentait, en 1978, après avoir empéché le vote de la résolution n°6 qui aurait interdit aux homosexuels d’exercer dans l’enseignement.

Gus Van Sant s’attaque ici au biopic, genre très prolifique outre-Atlantique, parfois au dépens de la qualité. Il réussit son pari haut la main en livrant un de ses films les plus accessibles avec Will Hunting, très loin de son insupportable Paranoid Park. Il s’agit en même temps peut-être de son film le plus personnel, étant lui même ouvertement homosexuel.

Dans son entreprise, ll est aidé par un casting éblouissant avec en tête un Sean Penn dont la prestation mérite tous les superlatifs. C’est bien simple, ll est méconnaissable tant il est habité par son personnage. L’oscar est amplement mérité pour un homme qui s’affirme comme le plus grand acteur américain du moment en plus d’un réalisateur très intéressant. A ses côtés, un très bon James Franco, un excellent Emile Hirsh qui confirme après son rôle dans « Into the wild » et un exceptionnel Josh Brolin (une fois de plus!) dans le rôle du conseiller qui assassine Milk et le Maire. Celui-ci transpire admirablement le mal-être et la jalousie de son personnage.

Enfin, en plus d’une très belle BO de Danny Elfman ponctuée de quelques tubes de l’époque, on a droit à une magnifique photo. Tous ces ingrédients nous donnent un film passionnant et très émouvant qui nous montre ce que nos édiles ont tendance à oublier, ce qu’est vraiment un combat politique, une lutte pour des idéaux (autres que personnels évidemment!).