CRITIQUE DVD: UNE SEPARATION

Le 8 novembre dernier est sorti chez MEMENTO FILMS le DVD du film d’Asghar Farhadi, « Une Séparation » classé en  première position de mon Top 15 de l’année. Je n’en avais pas fait la critique lors de sa sortie en salles car je voulais le voir une deuxième fois avant d’en parler.

LE FILM:

Nader et sa femme Simin sont devant le juge; ils entament une procédure de divorce. Simin veut partir à l’étranger pour offrir de meilleures perspectives d’avenir à leur fille Termeh mais Nader veut rester pour s’occuper de son père souffrant de la maladie d’Alzheimer. Nader accepte de divorcer mais il refuse de laisser partir sa fille qui reste donc avec lui. Mais n’ayant plus sa femme pour s’occuper de son père, Nader engage Razieh, une jeune femme très praticante dont le mari, instable psychologiquement, sort de prison…

Véritable surprise de l’année 2011 au Box-office avec près d’1 million d’entrées, surtout pour un film iranien donc en langue persane, « Une Séparation » est à découvrir absolument pour ceux qui seraient passé à côté et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour le scénario qui traite, à partir d’une simple histoire de garde-malade d’une multitude de thèmes pour brosser un portrait de l’Iran d’aujourd’hui. Farhadi nous parle de couple, de religion, du rapport aux aînés, de la justice de son pays mais aussi de lutte des classes et tout ça sous des airs de thriller tant il réussit à instaurer un climat opressant tout au long du film où les mensonges des protagonistes les placent dans une situation inextricable. Pour illustrer ce scénario implacable, la caméra de Farhadi se montre toujours très mobile et la moindre de ses positions a un sens. Le montage se charge du reste coupant volontairement les scènes afin que le spectateur recolle le puzzle. Quant à ses personnages, tous magnifiquement interprétés, Farhadi ne les juge jamais et fait en sorte que le spectateur prenne parti pour l’un puis pour l’autre sans pouvoir se décider.

« Une Séparation » est donc un authentique chef d’oeuvre qui vous prend aux tripes  et qui fut récompensé, à juste titre des prix d’interprétation masculine et féminine pour l’ensemble du casting et de l’Ours d’Or au dernier Festival de Berlin.

Le DVD est par ailleurs techniquement irréprochable, pas loin de la qualité d’un Blu-ray (disponible également).

LES BONUS:

Hormis les bandes annonces de trois films de Farhadi, on trouve une interview (14 mins) du réalisateur fort intéressante ainsi que la remise des prix à Berlin, émouvante. Pour finir, un livret de 24 pages avec photos et interview du réalisateur.

VERDICT:

Un DVD à posséder à tout prix dans sa vidéothèque! Tout y est: un chef d’oeuvre dans une très belle copie assorti de bonus très intéressants. Une réussite!

CRITIQUE: HABEMUS PAPAM

Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…

De la part de Nanni Moretti, ouvertement athée, on s’attendait à une charge sévèrement anticléricale. Loin de là, le film serait d’ailleurs plutôt critique envers la psychanalyse. Moretti donne d’ailleurs un visage humain au Pape et à ces cardinaux, dont aucun ne souhaite être élu, par peur des responsabilités. Ils sont tous habités par le doute et terriblement soulagés quand Melville est élu Pape. La venue d’un psychiatre, interprété par Moretti lui-même, est souhaitée pour débarasser le nouveau Pape de ses blocages psychologiques et c’est lui, pétri de certitudes, que Moretti moque. Après la  fuite du Pape, Moretti nous montre l’attente des cardinaux, croyant le Pape en pleine réflexion dans sa chambre, et les décrit comme de grands enfants, jouant aux cartes ou participant au tournoi de volley organisé par le psychiatre, nous réservant quelques scènes bourrées d’humour!

Moretti signe donc une comédie très légère et souvent hilarante avec un Piccoli des grands soirs!