Critique Dvd: L’Audience

81JvYy7wtrL._SL1500_.jpg

LE FILM:

4.5

Dans une profonde tourmente spirituelle, le jeune Amedeo – un catholique fervent – quitte sa ville du nord de l’Italie pour Rome où il demande audience auprès du Pape Paul VI. Une requête qui laisse sceptiques les autorités du Vatican. Soupçonneuses, celles-ci donnent ordre à un policier de le surveiller, puis c’est au tour dune prostituée d’essayer de le faire passer aux aveux. Que veut donc dire Amedeo au Souverain pontife ? La question taraude à ce point les gardiens du Saint-Siège qu’ils font tout pour qu’il n’atteigne pas son but…

Deux ans avant « la Grande Bouffe », Marco Ferreri réalise « l’Audience » récit kafkaïen d’un homme désirant rencontrer le Pape et se heurtant par là même à l’autorité, qu’elle soit religieuse ou judiciaire. Si l’on ne sait jamais ce qu’Amedeo veut vraiment dire à sa Sainteté, l’essentiel n’est pas là: Ferrerri dénonce ici l’autorité en tant que frein aux libertés individuelles. On retrouve entre autres dans les seconds rôles Ugo Tognazzi en flic retors ou encore la sublimissime Claudia Cardinale dans le rôle d’une prostituée chargée de cuisiner le suspect! Un bijou!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie restaurée impeccable!

BONUS:

4.5

Outre la présentation passionnante du film par le spécialiste du Cinéma italien Jean Gili, on trouve un documentaire dans lequel Claudia Cardinale évoque sa carrière et sa vie pendant près d’une heure.

VERDICT:

4.5

Un chef d’oeuvre méconnu à (re)découvrir dans une très belle édition!

Disponible en DVD (16.99 euros) chez Sidonis

Publicités

CRITIQUE: HABEMUS PAPAM

Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…

De la part de Nanni Moretti, ouvertement athée, on s’attendait à une charge sévèrement anticléricale. Loin de là, le film serait d’ailleurs plutôt critique envers la psychanalyse. Moretti donne d’ailleurs un visage humain au Pape et à ces cardinaux, dont aucun ne souhaite être élu, par peur des responsabilités. Ils sont tous habités par le doute et terriblement soulagés quand Melville est élu Pape. La venue d’un psychiatre, interprété par Moretti lui-même, est souhaitée pour débarasser le nouveau Pape de ses blocages psychologiques et c’est lui, pétri de certitudes, que Moretti moque. Après la  fuite du Pape, Moretti nous montre l’attente des cardinaux, croyant le Pape en pleine réflexion dans sa chambre, et les décrit comme de grands enfants, jouant aux cartes ou participant au tournoi de volley organisé par le psychiatre, nous réservant quelques scènes bourrées d’humour!

Moretti signe donc une comédie très légère et souvent hilarante avec un Piccoli des grands soirs!