Critique: The Charmer (Festival de Cinéma Européen des Arcs)

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Milad ALAMI

Danemark

2017 / 100’ / première française / VO : Danois
Premier film

Esmail est un réfugié iranien qui s’est vu refuser son permis de résidence au Danemark. Essayant à tout prix de rester dans le pays, Esmail séduit des femmes danoises afin de se marier avec l’une d’entre elles. Mais lorsqu’il rencontre Sara, une jeune femme iranienne, tout change. Elle le présente à la communauté perse de Copenhague et tombe malgré elle amoureuse de lui. Mais le temps presse pour Esmail. Sur le point de trouver l’amour, il est traqué par un homme mystérieux qui souffre d’une grande perte.

Premier film de la compétition de ce Festival du Cinéma Européen des Arcs, The Charmer, film danois, évoque le problème des réfugiés à travers l’histoire d’un jeune Iranien, Esmail, dont le seul espoir de rester au Danemark réside dans le mariage. Ce dernier multiplie alors les tentatives pour séduire des femmes de tous âges pour arriver à ses fins. Remarquablement maîtrisé pour un premier long, « The Charmer » doit sa réussite à la tension que le réalisateur parvient à instaurer et maintenir jusqu’au bout, alors que le spectateur découvre petit à petit le passé d’Esmail. Le comédien Ardalan Esmaili séduit par l’intensité de son jeu et de son regard, tantôt inquiétant et trouble, tantôt juvénile. Un très bon début pour cette compétition.

4.5

http://cineuropa.org/vd.aspx?t=videoembed&l=fr&rdID=336128&did=337413&fmt=

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Critique: Disappearance (FIFIB 2017)

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Une nuit à Téhéran, dans le froid hivernal, un homme et une femme se rendent d’hôpitaux en hôpitaux pour faire soigner la jeune femme. Son état de santé critique nécessite une intervention d’urgence. Premier long métrage d’Ali Asgari, Disappearance mêle habilement le thriller à l’intime. Son odyssée politique, teintée de mystère, se fait la chambre d’écho d’une société partagée entre tradition et modernité, au sein de laquelle la jeunesse peine à trouver sa place.

Il y a trois ans, le Festival Cinéma et Droits Humains me faisait l’honneur d’une place dans son jury courts métrages. Lors de la délibération, je me retrouvais seul à défendre le court métrage de l’Iranien Ali Asgari intitulé « More than Two Hours ». Ce premier long métrage intitulé « Disappearance » est donc la version longue de ce court et nous plonge dans une nuit à Téhéran, alors qu’une jeune femme et son petit ami vont tenter de faire soigner la jeune fille, victime d’une hémorragie liée à un rapport sexuel alors que les deux amants ne sont pas mariés. D’un hôpital à l’autre, le jeune couple est confronté à une Société où la religion a pris le pouvoir et où l’on peut perdre la vie si l’on sort de ce cadre. Tourné avec un réalisme très documentaire, sans musique, malgré un rythme très linéaire, le film d’Ali Asgari offre un portrait choc de la Société iranienne, passionnant et terrifiant, où le plus grand des archaïsmes conduit aux abus et à la corruption. En passant du court au long, le cinéaste a réussi à maintenir la force de son propos, dans la lignée d’Asghar Farhadi!

DATE DE SORTIE INDEFINIE

4

Critique: « Hair » de Mahmoud Ghaffari (FIFIB 2016)

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Trois jeunes sportives iraniennes muettes sont sélectionnées aux championnats du monde de karaté, qui se déroulent en Allemagne. Les autorités iraniennes ne s’opposent pas à leur participation, pourvu que la tenue réglementaire couvre leurs cheveux et leur cou…

Second long métrage de Mahmoud Ghaffari, « Hair » fait partie de ces films qui ne s’embarrassent pas de la forme mais qui vous saisissent par leur propos et par la rage qu’ils portent en eux. Tourné caméra à l’épaule, « Hair » suit trois jeunes femmes malentendantes qui vont tout tenter pour accomplir leur rêve, représenter leur pays dans une compétition internationale. Elles cumulent malheureusement deux handicaps en Iran: elles sont des femmes, qui plus est sourdes. Pour accentuer l’exclusion qu’elles vivent au quotidien, le réalisateur a fait le choix de ne pas sous-titrer lorsqu’elles s’expriment en langue des signes, tout comme dans le film « The Tribe ». Pourtant, le talent de ces trois jeunes actrices est tel que l’on comprend aisément chaque scène. La révolte de l’une des trois athlètes restera comme l’une des images fortes de ce Festival et Mahmoud Ghaffari apporte la plus belle définition au mot « Indépendance »!

4.5

Critique Dvd: No Land’s Song

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Titre original آواز بی‌سرزمین
Réalisation Ayat Najafi
Scénario Ayat Najafi
Acteurs principaux
Sociétés de production Anne Grange
Gunter Hanfgarn
Rouven Rech
Teresa Renn
Pays d’origine Drapeau : Iran Drapeau : FranceDrapeau : Allemagne
Genre Documentaire
Durée 1h 31min
Sortie 16 mars 2016

LE FILM:

3.5

En Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n’ont plus le droit de chanter en public en tant que solistes. Une jeune compositrice, Sara Najafi, avec l’aide de trois artistes venues de France (Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi), va braver censure et tabous pour tenter d’organiser un concert de chanteuses solo à Téhéran.

Alors que le burkini et le sort des femmes dans le Monde occupent la une de l’actualité, ce documentaire de Ayat Najafi vaut le coup d’oeil. Dans un pays, l’Iran, où les femmes n’ont plus, depuis la Révolution de 1979, le droit de chanter en public, une chanteuse, Sara Najafi, projette d’organiser un concert avec des chanteuses d’horizons multiples, dont les Françaises Elise Caron et Jeanne Cherhal. Entre la préparation et des enregistrements de conversations avec les autorités iraniennes, le film propose un constat effroyable sur le sort des femmes dans certains pays et une lueur d’espoir avec une initiative courageuse et pleine de promesses.

TECHNIQUE:

4.5

Sans souci!

BONUS:

4.5

Outre une sélection de scènes coupées, on trouve des interviews de l’équipe.

VERDICT:

3.5

Un documentaire utile!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Jour2Fête dès le 4 octobre


Critique Bluray: Nous trois ou rien

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Réalisation Kheiron Tabib
Scénario Kheiron Tabib
Acteurs principaux
Sociétés de production Adama Pictures
Ali n’ Productions
M6 Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 102 minutes
Sortie 4 novembre 2015

LE FILM:

4

D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Au milieu d’une actualité déprimante où l’être humain stigmatise les migrants, la sortie de ce film est salvatrice. L’humoriste Kheiron y raconte, dans son premier film en tant que réalisateur, l’itinéraire incroyable de ses parents. On découvre Hibat, farouche opposant au Shah d’Iran, ce qui lui vaudra  7 ans de prison, sa rencontre avec Fereshteh, leur fuite forcée et leur arrivée en France ainsi que leur intégration plus que réussie. Si le sujet est grave et quelques scènes sont emplies d’émotion, Kheiron injecte toujours la bonne dose d’humour pour dédramatiser et alléger le propos. Si l’on est forcément séduit par les personnages, attachants, et leurs interprètes (Kheiron lui-même dans le rôle de son père, Leila Bekhti, Gérard Darmon et Zabou dans le rôle des beaux-parents…), on ne peut qu’être agréablement surpris par l’écriture très fine et la mise en scène très maîtrisée pour un premier film. Un galop d’essai prometteur et vraiment réjouissant!

TECHNIQUE:

4.5

Parfait! Très beau piqué et de jolies couleurs!

BONUS:

0.5

Une bande annonce et quelques réactions de spectateurs après une avant-première! Dommage…

VERDICT:

4

Une édition dépouillée pour le premier film le plus emballant de l’année!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Gaumont dès le 9 mars

Critique: Nous Trois ou Rien

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Réalisation Kheiron Tabib
Scénario Kheiron Tabib
Acteurs principaux
Sociétés de production Adama Pictures
Ali n’ Productions
M6 Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 102 minutes
Sortie 4 novembre 2015

D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Au milieu d’une actualité déprimante où l’être humain stigmatise les migrants, la sortie de ce film est salvatrice. L’humoriste Kheiron y raconte, dans son premier film en tant que réalisateur, l’itinéraire incroyable de ses parents. On découvre Hibat, farouche opposant au Shah d’Iran, ce qui lui vaudra  7 ans de prison, sa rencontre avec Fereshteh, leur fuite forcée et leur arrivée en France ainsi que leur intégration plus que réussie. Si le sujet est grave et quelques scènes sont emplies d’émotion, Kheiron injecte toujours la bonne dose d’humour pour dédramatiser et alléger le propos. Si l’on est forcément séduit par les personnages, attachants, et leurs interprètes (Kheiron lui-même dans le rôle de son père, Leila Bekhti, Gérard Darmon et Zabou dans le rôle des beaux-parents…), on ne peut qu’être agréablement surpris par l’écriture très fine et la mise en scène très maîtrisée pour un premier film. Un galop d’essai prometteur et vraiment réjouissant!

4

Critique Dvd: Taxi Teheran

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  • Date de sortie salles:
    15 avril 2015
  • Réalisé par :
    Jafar Panahi
  • Avec :
    Jafar Panahi
  • Durée :
    1h22min
  • Pays de production :
    Iran
  • Année de production :  2015
  • Titre original : Taxi
  • Distributeur :
    Memento Distribution

LE FILM:

4

Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Ceux qui attendent d’une oeuvre cinématographique qu’elle fasse preuve de qualités esthétiques ou d’une réelle maîtrise technique en seront pour leurs frais. Ici, le contexte qui entoure l’oeuvre est encore plus important que l’oeuvre elle-même.

En l’occurrence, Jafar Panahi a été condamné par son pays à l’interdiction de filmer mais aussi de sortir de son pays; on se souvient de sa chaise restée vide lors d’une des dernières éditions du Festival de Cannes. Malgré cette interdiction, il place à l’avant d’un taxi une petite caméra; il s’installe au volant dans le rôle du chauffeur de taxi et il filme ses rencontres avec ses passagers. A travers celles-ci, c’est un portrait de l’Iran d’aujourd’hui qu’il croque avec humour et tendresse malgré la gravité des sujets évoqués: on y parle de charia, des règles qui régissent le Cinéma iranien ou même de la jeunesse iranienne, à travers le personnage de sa petite nièce! Rien que pour l’amour du Cinéma qui transpire de Panahi, au mépris de tous les dangers, « Taxi Teheran » mérite d’être vu!

TECHNIQUE:

4

Rien à signaler, résultat correct pour le support.

BONUS:

1

Outre la bande-annonce, on trouve la remise de l’Ours d’Or à Berlin et c’est tout. Cette absence de bonus est toutefois assez compréhensible compte tenu du contexte dans lequel ce film a été tourné.

VERDICT:

4

L’une des grandes démonstrations de Cinéma de l’année!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Memento Films