Critique: Disappearance (FIFIB 2017)

disappearance

Une nuit à Téhéran, dans le froid hivernal, un homme et une femme se rendent d’hôpitaux en hôpitaux pour faire soigner la jeune femme. Son état de santé critique nécessite une intervention d’urgence. Premier long métrage d’Ali Asgari, Disappearance mêle habilement le thriller à l’intime. Son odyssée politique, teintée de mystère, se fait la chambre d’écho d’une société partagée entre tradition et modernité, au sein de laquelle la jeunesse peine à trouver sa place.

Il y a trois ans, le Festival Cinéma et Droits Humains me faisait l’honneur d’une place dans son jury courts métrages. Lors de la délibération, je me retrouvais seul à défendre le court métrage de l’Iranien Ali Asgari intitulé « More than Two Hours ». Ce premier long métrage intitulé « Disappearance » est donc la version longue de ce court et nous plonge dans une nuit à Téhéran, alors qu’une jeune femme et son petit ami vont tenter de faire soigner la jeune fille, victime d’une hémorragie liée à un rapport sexuel alors que les deux amants ne sont pas mariés. D’un hôpital à l’autre, le jeune couple est confronté à une Société où la religion a pris le pouvoir et où l’on peut perdre la vie si l’on sort de ce cadre. Tourné avec un réalisme très documentaire, sans musique, malgré un rythme très linéaire, le film d’Ali Asgari offre un portrait choc de la Société iranienne, passionnant et terrifiant, où le plus grand des archaïsmes conduit aux abus et à la corruption. En passant du court au long, le cinéaste a réussi à maintenir la force de son propos, dans la lignée d’Asghar Farhadi!

DATE DE SORTIE INDEFINIE

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Critique: Une famille heureuse

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Titre original Chemi Bednieri Ojakhni
Réalisation Nana Ekvtimishvili
Simon Gross
Pays d’origine Drapeau de la Géorgie Géorgie
Genre Film dramatique
Durée 119 minutes
Sortie 10 mai 2017

Professeure dans un lycée de Tbilissi, Manana est mariée depuis 25 ans à Soso. Ensemble, ils partagent leur appartement avec les parents de Manana, leurs deux enfants et leur gendre. Une famille en apparence heureuse et soudée jusqu’à ce qu’à la surprise de tous, Manana annonce au soir de son 52e anniversaire sa décision de quitter le domicile conjugal pour s’installer seule.

Portrait d’une femme géorgienne, « Une famille heureuse » décrit le moment, à l’aube de ses 52 ans, où Manana va éprouver le désir de vivre sa vie et seulement la sienne. Le rôle de la femme est d’être « sereine » et de se « sacrifier pour les siens » mais Manana, du jour au lendemain, va quitter les siens pour s’installer seule dans un appartement, écouter de la musique, manger des pâtisseries seule sur son balcon et prendre enfin le temps de faire ce qui lui fait plaisir. Cette chronique familiale est surtout un magnifique portrait de femme, au sein d’une société patriarcale, réaliste sans jamais être misérabiliste (le mari n’est d’ailleurs pas un mauvais bougre du tout) et révèle une superbe actrice, La Shugliashvili!

4.5