CRITIQUE: TOUTES NOS ENVIES

Claire, jeune juge au tribunal de Lyon, traite de nombreuses affaires de surendettement. Un jour, se présente face à elle Céline, la maman de camarades d’école de ses enfants. Alors qu’elle décide d’entamer une croisade contre les sociétés de crédit en sollicitant l’aide d’un juge chevronné, Stéphane, elle apprend qu’elle est condamnée par une tumeur au cerveau.

Pour son nouveau film, Philippe Lioret reprend les recettes qui ont fait la réussite et le succès de son précédent opus « Welcome », des personnages qui font une affaire personnelle d’un combat contre les maux de notre société. Malgré la lourdeur des thèmes traités( le surendettement, la maladie), Lioret réussit l’exploit d’éviter les scènes excessivement lacrymales, aidé par un très beau duo d’acteurs avec une Marie Gillain retrouvée, dans un rôle à César, et un Vincent Lindon comme toujours excellent. C’est au niveau de l’histoire que Lioret nous raconte que le bât blesse; ses personnages sont tous un peu trop beaux pour être vrais. La jeune juge héberge très vite la famille de cette femme surendettée sans que cela  nuise à son couple, la terrible maladie de Claire lui donne la force de gagner son combat contre la Société de consommation, etc… Aucun personnage ne semble avoir une zone d’ombre et cette naïveté affichée nuit vraiment à l’empathie qu’on pourrait ressentir vis-à-vis de ceux-ci. Même si les intentions de Lioret sont fort louables, « Toutes nos envies » ne dégage pas la force de son précédent film et m’a laissé malheureusement de marbre. Dommage…

CRITIQUE: CEUX QUI RESTENT (2007)

StudioCanal

Pour un premier film, c’est un coup de maître et sur un sujet au combien risqué! Bertrand ( Vincent Lindon)rend visite à sa femme ,qui subit la seconde récidive d’un cancer du sein, tous les jours à l’hôpital. Dans les couloirs, il croise Lorraine, sous le choc, qui vient d’apprendre que son compagnon souffre d’un cancer du colon. Lui marche au ralenti; il vit cette situation depuis 5 ans et fait face comme il peut, renfermé sur lui-même. Elle, prend la nouvelle en pleine face et s’étonne que cela n’éveille en elle aucun noble sentiment; elle aimerait se sentir héroïque. Ils vont se serrer les coudes dans leur malheur et petit à petit vont se rapprocher.

La comédienne Anne le Ny passe à la réalisation avec un sujet pas facile mais parvient à en éviter tous les pièges sans sombrer dans le pathos. Elle choisit par exemple de ne jamais montrer les malades; et les plans de Vincent Lindon qui pousse la porte de la chambre de sa femme ont autant de force que si elle avait montrée celle-ci. L’interprétation du duo est parfaite avec une mention spéciale à Emmanuelle Devos toujours formidablement juste. C’est un film qui pose des questions douloureuses sur la perte d’un être cher et sur les réactions humaines face à la maladie. Et ce que dit le personnage d’Emmanuelle Devos est plein de vérité: « c’est dans les moments tristes que les gens découvrent leur vraie nature ».

Un très beau film qui ne tire pas les larmes, elles coulent toutes seules.