CRITIQUE: CEUX QUI RESTENT (2007)

StudioCanal

Pour un premier film, c’est un coup de maître et sur un sujet au combien risqué! Bertrand ( Vincent Lindon)rend visite à sa femme ,qui subit la seconde récidive d’un cancer du sein, tous les jours à l’hôpital. Dans les couloirs, il croise Lorraine, sous le choc, qui vient d’apprendre que son compagnon souffre d’un cancer du colon. Lui marche au ralenti; il vit cette situation depuis 5 ans et fait face comme il peut, renfermé sur lui-même. Elle, prend la nouvelle en pleine face et s’étonne que cela n’éveille en elle aucun noble sentiment; elle aimerait se sentir héroïque. Ils vont se serrer les coudes dans leur malheur et petit à petit vont se rapprocher.

La comédienne Anne le Ny passe à la réalisation avec un sujet pas facile mais parvient à en éviter tous les pièges sans sombrer dans le pathos. Elle choisit par exemple de ne jamais montrer les malades; et les plans de Vincent Lindon qui pousse la porte de la chambre de sa femme ont autant de force que si elle avait montrée celle-ci. L’interprétation du duo est parfaite avec une mention spéciale à Emmanuelle Devos toujours formidablement juste. C’est un film qui pose des questions douloureuses sur la perte d’un être cher et sur les réactions humaines face à la maladie. Et ce que dit le personnage d’Emmanuelle Devos est plein de vérité: « c’est dans les moments tristes que les gens découvrent leur vraie nature ».

Un très beau film qui ne tire pas les larmes, elles coulent toutes seules.