Critique: Au revoir là haut

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Réalisation Albert Dupontel
Scénario Albert Dupontel
Pierre Lemaitre
Acteurs principaux
Sociétés de production Stadenn Prod.
Manchester Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie dramatique
Durée 115 minutes
Sortie 25 Octobre 2017

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

Après « Bernie », « le Créateur », « Enfermés dehors », « le Vilain » et « Neuf mois ferme », des comédies transgressives un peu fauchées, Albert Dupontel s’attaque à un projet autrement plus ambitieux, l’adaptation du prix Goncourt de Pierre Lemaitre, « Au revoir là haut ». A quelques semaines de l’armistice de 1918, un jeune soldat se retrouve défiguré, devenant l’une des nombreuses « gueules cassées » de la Première Guerre. Il décide, avec l’aide de son ami, de se faire passer pour mort aux yeux de sa famille. Caché sous des masques qu’il fabrique, il décide, pour survivre, de se lancer dans une arnaque aux monuments aux morts.

Romanesque à souhaits, le film de Dupontel, construit sur des flash backs, se montre riche, foisonnant et porté par une mise en scène inventive et inspirée et une caméra qui virevolte durant deux heures, à coups d’impressionnant plan séquences. Quant à l’interprétation, le casting est à tous points de vue parfait avec notamment un Nahuel Perez Biscayart (la révélation de 120 Battements par minute) qui, outre quelques grognements, joue uniquement de son corps et de son regard, jusqu’à nous arracher des larmes.

Oui, un grand Cinéma populaire, ambitieux, intelligent et respectueux de son public est possible, Dupontel le prouve en signant l’un des grands films de cette année!

5

Critique: Elle

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Réalisation Paul Verhoeven
Scénario David Birke
Acteurs principaux
Sociétés de production SBS Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Thriller
Durée 130 minutes
Sortie 25 mai 2016

Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Cinéaste hollandais, Paul Verhoeven s’est fait un nom surtout à l’occasion de sa carrière américaine avec quelques belles pièces comme « Robocop », « Total Recall » ou « Basic Instinct ».  Depuis l’excellent « Black Book », dix années se sont écoulées et le retour du « Hollandais Violent » à la tête d’un projet français avec un casting de choix, qui plus est en compétition à Cannes, avait de quoi exciter les cinéphiles. Malgré un accueil plus que positif, le film est reparti bredouille de la Croisette, certains regrettant carrément qu’il n’ait pas décroché la Palme! Tout juste sorti en salles, tout le monde peut donc se faire son opinion…

Ce sera malheureusement sans moi… Les fans de Philippe Djian me diront probablement que l’adaptation est réussie et que l’on retrouve l’univers de l’auteur. Peut-être mais cet univers est un peu too much pour conserver sa crédibilité. En effet rien ne semble réaliste dans ce film que ce soit les personnages ou les situations. Comment le fils de Michèle peut-il croire par exemple être le père d’un bébé noir? Je ne citerai que cet exemple pour ne pas spoiler mais le film regorge de situations incroyables. La mise en scène de Verhoeven est quant à elle assez quelconque, toujours appuyée par une bande originale un peu trop présente. D’autre part, le film ne trouve jamais son style, entre Hitchcock et Chabrol, entre thriller et comédie et le suspense disparaît assez vite devant l’évidence de l’identité du coupable. Quant à son côté sulfureux, il semble que Verhoeven, depuis « Turkish Delight » ou même « Basic Instinct », ait trouvé plus choc que lui: Haneke ou Franco nous remuent plus les tripes pour moins que ça. Deux heures dix qui passent donc très lentement malgré l’excellente prestation d’Isabelle Huppert, comme toujours…

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