Critique: Elle

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Réalisation Paul Verhoeven
Scénario David Birke
Acteurs principaux
Sociétés de production SBS Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Thriller
Durée 130 minutes
Sortie 25 mai 2016

Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Cinéaste hollandais, Paul Verhoeven s’est fait un nom surtout à l’occasion de sa carrière américaine avec quelques belles pièces comme « Robocop », « Total Recall » ou « Basic Instinct ».  Depuis l’excellent « Black Book », dix années se sont écoulées et le retour du « Hollandais Violent » à la tête d’un projet français avec un casting de choix, qui plus est en compétition à Cannes, avait de quoi exciter les cinéphiles. Malgré un accueil plus que positif, le film est reparti bredouille de la Croisette, certains regrettant carrément qu’il n’ait pas décroché la Palme! Tout juste sorti en salles, tout le monde peut donc se faire son opinion…

Ce sera malheureusement sans moi… Les fans de Philippe Djian me diront probablement que l’adaptation est réussie et que l’on retrouve l’univers de l’auteur. Peut-être mais cet univers est un peu too much pour conserver sa crédibilité. En effet rien ne semble réaliste dans ce film que ce soit les personnages ou les situations. Comment le fils de Michèle peut-il croire par exemple être le père d’un bébé noir? Je ne citerai que cet exemple pour ne pas spoiler mais le film regorge de situations incroyables. La mise en scène de Verhoeven est quant à elle assez quelconque, toujours appuyée par une bande originale un peu trop présente. D’autre part, le film ne trouve jamais son style, entre Hitchcock et Chabrol, entre thriller et comédie et le suspense disparaît assez vite devant l’évidence de l’identité du coupable. Quant à son côté sulfureux, il semble que Verhoeven, depuis « Turkish Delight » ou même « Basic Instinct », ait trouvé plus choc que lui: Haneke ou Franco nous remuent plus les tripes pour moins que ça. Deux heures dix qui passent donc très lentement malgré l’excellente prestation d’Isabelle Huppert, comme toujours…

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Cannes 2016: une sélection excitante

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Ce matin, Thierry Frémaux et Pierre Lescure dévoilaient la sélection pour le prochain Festival de Cannes qui aura lieu du 11 au 22 mai prochain. Concernant la compétition officielle, on trouvera quatre films français et pas mal de grosses pointures!

En ouverture, ce sera le nouveau Woody Allen, « Cafe Society ».

  • Toni Erdmann de Maren Ade

Première participation pour cette cinéaste allemande.

Synopsis: Lorsque Winfried, 65 ans, rend une visite surprise à sa fille Ines, 37 ans, en Roumanie, il pense que cette dernière a perdu le sens de l’humour et décide de l’aider à le retrouver, en multipliant les farces.

  • Julieta de Pedro Almodóvar

Après un prix de la mise en scène pour « Tout sur ma mère » en 1999 et un prix du scénario pour « Volver » en 2006, Almodovar décrochera-t-il la Palme?

Synopsis: Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

  • American Honey d’Andrea Arnold

La cinéaste anglaise a déjà décroché deux prix du jury pour « Red road » en 2006 et « Fish Tank » en 2009.

Synopsis: Un jeune homme rejoint l’équipe commerciale d’un magazine. Il découvre alors une vie faite de beuveries, de morale douteuse et de sexe…

  • La fille inconnue des frères Dardenne

Grand habitués de Cannes, toujours présents au Palmarès avec une Palme d’Or en 1999 avec « Rosetta », une autre en 2005 pour « l’Enfant », un prix du scénario pour  » le silence de Lorna » en 2008, un grand Prix en 2011 pour « le Gamin au vélo » et une mention spéciale du jury oecuménique pour « Deux jours, une nuit »! Jamais deux sans trois?

Synopsis: Jenny, médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que l’identité de la jeune fille est inconnue, Jenny se met en quête de trouver son nom…

  • Personal Shopper d’Olivier Assayas

Après une sélection pour « Sils Maria », Assayas retrouve Kristen Stewart pour décrocher un prix.

Synopsis: Maureen est une jeune américaine à Paris gagnant sa vie comme «personal shopper» pour une célébrité. Elle possède aussi une capacité aigue à communiquer avec les esprits, qu’elle partageait avec son frère jumeau, Lewis, décédé récemment…

  • Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Après un prix du jury pour « Mommy » en 2014, Xavier Dolan retrouve la compétition avec un casting français: Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux et Vincent Cassel!

Synopsis: Adapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce, le film raconte l’après-midi en famille d’un jeune auteur qui, après 12 ans d’absence, retourne dans son village natal afin d’annoncer aux siens sa mort prochaine.

  • Ma Loute de Bruno Dumont

Deux Grands Prix du Jury en 99 (l’Humanité) et 2006 (Flandres) à son actif, Bruno Dumont revient avec un film plus léger qu’à l’habitude et un gros casting!

Synopsis:

Eté 1910, baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace adjoint Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent, bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs particulières et Billie Van Peteghem, la benjamine d’une famille de riches bourgeois Lillois décadents.
  • Paterson, de Jim Jarmusch

Après une Caméra d’Or (Stranger than paradise) et deux participations à la compétition, Jarmush est de retour!

Synopsis:

Le périple d’un chauffeur de bus du New Jersey, poète à ses heures.
  • Rester vertical, d’Alain Guiraudie

Première compet pour Alain Guiraudie après un prix de la mise en scène à Un certain regard pour « l’inconnu du lac ».

Synopsis: Rester vertical suit en effet les errances d’un cinéaste en panne d’inspiration et en mal de paternité à travers la France. Cette dérive va quasiment conduire le héros à la déchéance sociale.

  • Aquarius de Kleber Mendonça Filho

Première participation pour le Brésilien Kleber Mendonça Filho.

Synopsis: Clara, 65 ans, est critique de musique retraitée. Veuve, elle a trois enfants aujourd’hui adultes et vit dans dans un appartement plein de disques et de livres situé dans l’immeuble « Aquarius ». Mais Clara a un talent particulier : elle voyage dans le temps…

  • Mal de Pierres, de Nicole Garcia

Marion Cotillard sera à nouveau sur les marches avec ce huitième film de Nicole Garcia.

Synopsis: Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante.
Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure, et il semble répondre à son désir. Cette fois on ne lui prendra pas ce qu’elle nomme « la chose principale ». Gabrielle veut aller au bout de son rêve.

  • I, Daniel Blake de Ken Loach

18 films sélectionnés dont 13 en compétition, 3 prix du jury et une Palme d’Or, Ken Loach est le poids lourd de la catégorie!

Synopsis: Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée  en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

  • Ma’Rosa de Brillante Mendoza

Après son prix de la mise en scène en 2009 pour « Kinatay », le Philippin est de retour!

  • Baccalauréat de Cristian Mungiu

Palme d’Or en 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et prix du scénario en 2012 pour « au-delà des collines », le Roumain présente un film pour la 3ème fois en compétition.

Synopsis: Ce que les parents disent à leurs enfants et ce que ces derniers voient leurs parents faire.

  • Loving de Jeff Nichols

Alors que « Midnight special » est encore à l’affiche, Jeff Nichols présente déjà son cinquième film, cette fois-ci en compétition!

Synopsis: Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

  • Agassi de Park Chan-Wook

Le Coréen a déjà ramené un Grand Prix en 2004 pour « Old boy » et un prix du jury en 2009 pour « Thirst »!

Synopsis: Entre la Corée et le Japon des années 1930, « The Handmaiden » retrace l’histoire fascinante d’une jeune femme fortunée, d’un escroc surnommé le « Conte », très intéressé par son argent, et d’une fille pickpocket qu’il placera comme servante chez la riche héritière.

  • The Last Face de Sean Penn

Si Sean Penn l’acteur a déjà été récompensé à Cannes pour « She’s so lovely », le réalisateur n’a connu qu’une sélection pour « the Pledge » en 2001.

Synopsis: Une docteur, qui travaille dans l’humanitaire en Afrique, tombe amoureuse d’un collègue.

  • Sieranevada de Cristi Puiu

Prix un Certain regard en 2005 pour  » La Mort de Dante Lazarescu »,  le cinéaste roumain est cette fois en compétition.

Synopsis: De retour d’un voyage d’affaires à Paris, un neurologue rejoint sa femme pour un dîner organisé pour l’anniversaire de la mort du père de cette dernière. Sur place, tous les convives attendent le prêtre censé célébrer la cérémonie…

  • Elle de Paul Verhoeven

Il avait enflammé la Croisette en 1992 avec Basic Instinct hors compétition; le cinéaste hollandais revient en compétition cette fois avec un casting français: Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Virginie Efira, Anne Consigny et Charles Berling!

Synopsis: Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

  • The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Prix de la mise en scène en 2011 pour « Drive », Winding Refn emballera-t-il la Croisette après l’avoir déstabilisée en 2013 (Only god forgives) ?

Synopsis: Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante, sa beauté et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

 

Dans un Certain Regard, on notera le nouveau film de Kore-Eda et hors compétition la présence des nouveaux films de Spielberg et Jodie Foster.

 

Critique: Basic Instinct

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  • Date de sortie :
     08 mai 1992
  • Réalisé par :
    Paul Verhoeven
  • Avec :
    Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza…
  • Durée :
    2h10min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  1991
  • Titre original : BASIC INSTINCT
  • Distributeur :
    UGC

Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d’une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu’il faisait l’amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romanciere. Au cours de son enquête, il s’apercoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu’enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

Mai 1992: la Croisette s’enflamme avec la présentation d’un film qui sent la poudre! Thriller érotique avec la bombe Sharon Stone et le fringant Michael Douglas, Basic Instinct affole les ligues de vertu en raison notamment d’une scène mythique d’interrogatoire au cours de laquelle Sharon Stone croise et décroise les jambes, sans culotte, provoquant une crise d’apoplexie chez les flics assis en face! Quant aux associations gays et lesbiennes, elles sont vent debout contre le film qui fait d’une bi-sexuelle le suspect numéro 1! Au-delà de l’aspect polémique, Basic Instinct est un hommage appuyé et réussi au Vertigo d’Hitchcock sur plusieurs points: le physique de l’héroïne, le trouble identitaire, la musique fabuleuse de Jerry Goldsmith et le lieu de l’action (San Francisco). Une fois digérées ces influences, Verhoeven offre un thriller unique, captivant, surprenant qui engendrera alors des centaines de clones plus ou moins réussis de thrillers à forte charge sexuelle (Sliver, Body,…) et même une suite sans intérêt quelques années plus tard.

NOTE: 8.5/10

CRITIQUE BLU-RAY: ROBOCOP

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  • Réalisé par :  Paul Verhoeven
  • Avec : Peter Weller , Nancy Allen , Daniel O’Herlihy …
  • Durée :
    1h42min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  1987
  • Titre original : ROBOCOP
  • Distributeur :
    FOX

LE FILM: 8/10

Fin du 20e siècle. Bienvenue à Détroit, ville du cauchemar, devenue totalement incontrôlable. Les criminels mettent la ville à feu et à sang. Les dirigeants sont corrompus et la police officiellement incapable d’enrayer la montée de la violence. Il reste une dernière chance : Robocop, flic mi-homme mi-robot créé à partir du corps d’Alex Murphy, policier mort en service.

Après un premier refus et sur l’insistance de sa femme, le réalisateur hollandais Paul Verhoeven voit, en 1987, dans le scénario d’Ed Neumeier, l’occasion rêvée de débarquer à Hollywood, alors en pleine mode de l’action movie! Mais au-delà d’un simple film d’action décérébré, Verhoeven réalise un film de science-fiction qui fait date. S’appuyant sur le mythe de Frankenstein, il assène un violent coup de poing à la société de consommation américaine et à la toute puissance des multi-nationales, non sans humour certes, mais avec une bonne dose de gore! Et à une époque où le numérique n’existe pas, les effets spéciaux sont toutefois très réussis! Un film culte!

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TECHNIQUE: 9/10

Une copie 4k quasi-parfaite mis à part les plans de journaux TV. Une restauration impressionnante de précision et de contrastes!

BONUS: 10/10

Une orgie! On trouve sur le bluray une interview de 44 mins de l’équipe du film, un making of de 36 mins, une featurette, des scènes coupées sans grand intérêt, un storyboard commenté, une interview des méchants du film, le bonus caché où l’on retrouve le caméo de Verhoeven dans le film, un doc sur les effets spéciaux et un sur la légende robocop! Enorme!

VERDICT: 8.5/10

Un film culte dans une édition définitive!

Disponible en combo bluray/dvd (19.99 euros) chez MGM/United Artists