César 2017 : le Palmarès

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On retiendra de cette soirée que Jérôme Commandeur s’en est plutôt bien sorti en maître de cérémonie, on se souviendra de sa version de Lalaland en duo avec Marthe Villalonga, de la présence de George Clooney, du très émouvant hommage à Jean-Paul Belmondo, du discours très politique de François Ruffin (réalisateur de « Merci Patron ») et de celui d’Isabelle Huppert, très peu modeste ou encore de l’émotion des espoirs Oulaya Amamra et Niels Schneider.

>> Meilleur film : Elle de Paul Verhoeven

Étaient aussi nommés : Divines de Houda Benyamina, Frantz de François Ozon, Les innocentes d’Anne Fontaine, Ma loute de Bruno Dumont, Mal de pierres de Nicole Garcia, Victoria de Justine Triet

Si à mon sens, la récompense aurait dû aller à Frantz, plus grand film français de l’année, le résultat sacre le favori.

>> Meilleur réalisateur : Xavier Dolan pour Juste la fin du monde

Étaient aussi nommés : Houda Benyamina pour Divines, Paul Verhoeven pour Elle, Anne Fontaine pour Les innocentes, Bruno Dumont pour Ma Loute, Nicole Garcia pour Mal de pierres, François Ozon pour Frantz

Si Xavier Dolan est récompensé ici, c’est certainement parce que le film « Elle » a été sacré meilleur film et que le nouveau règlement ne permettait pas le doublé. Mon choix se serait toutefois porté sur François Ozon, certainement le plus grand cinéaste français aujourd’hui, injustement snobé chaque fois!

>> Meilleure actrice : Isabelle Huppert dans Elle

Étaient aussi nommées : Judith Chemla dans Une vie, Marion Cotillard dans Mal de pierres, Virginie Efira dans Victoria, Marina Foïs dans Irréprochable, Sidse Babett Knudsen dans La fille de Brest, Soko dans La danseuse

Isabelle Huppert était la favorite même si la performance de Marion Cotillard dans « Mal de Pierres » est totalement sous-estimée. Le discours de la gagnante était loin d’être un exemple d’humilité.

>> Meilleur acteur : Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde

Étaient aussi nommés : François Cluzet dans Médecin de campagne, Pierre Deladonchamps dans Le fils de Jean, Nicolas Duvauchelle dans Je ne suis pas un salaud, Fabrice Luchini dans Ma loute, Pierre Niney dans Frantz, Omar Sy dans Chocolat

La compétition était assez serrée cette année; Nicolas Duvauchelle avait toutefois proposé une performance assez impressionnante dans « Je ne suis pas un salaud ».

>> Meilleure actrice dans un second rôle : Déborah Lukumuena dans Divines

Étaient aussi nommées : Nathalie Baye dans Juste la fin du monde, Valeria Bruni Tedeschi dans Ma loute, Anne Consigny dans Elle, Mélanie Thierry dans La danseuse

Superbe dans « Divines », Deborah Lukumuena est quand même la surprise de la soirée alors qu’elle avait une incroyable Nathalie Baye en face!

>> Meilleur acteur dans un second rôle : James Thierrée dans Chocolat

Étaient aussi nommés : Gabriel Arcand dans Le fils de Jean, Vincent Cassel dans Juste la fin du monde, Vincent Lacoste dans Victoria, Laurent Lafitte dans Elle, Melvil Poupaud dans Victoria

Compétition assez équitable dans cette catégorie et résultat somme toute assez juste.

>> Meilleur espoir féminin : Oulaya Amamra dans Divines

Étaient aussi nommées : Paula Beer dans Frantz, Lily-Rose Depp dans La danseuse, Noémie Merlant dans Le ciel attendra, Raph dans Ma loute

L’une des évidences de la soirée, Oulaya Amamra est magnifique dans « Divines ». Dommage que sa soirée soit gâchée par quelques extrêmistes qui s’amusent à exhumer des tweets de l’actrice lorsqu’elle avait 15 ans en la taxant d’homophobe et francophobe! On se souviendra de son discours rempli d’émotion!

>> Meilleur espoir masculin : Niels Schneider dans Diamant noir

Jonas Bloquet dans Elle, Damien Bonnard dans Rester vertical, Corentin Fila dans Quand on a 17 ans, Kacey Mottet Klein dans Quand on a 17 ans

Il était l’un des favoris et il l’a eu; Niels Schneider est récompensé pour son rôle dans « Diamant Noir ».

>> Meilleur scénario original : Sólveig Anspach et Jean-Luc Gaget pour L’Effet aquatique

Étaient aussi nommés : Romain Compingt, Houda Benyamina et Malik Rumeau pour Divines, Sabrina B. Karine, Alice Vial, Pascal Bonitzer et Anne Fontaine pour Les Innocentes, Bruno Dumont pour Ma Loute, Justine Triet pour Victoria

C’est l’une des surprises de la soirée et c’est mérité même si Solveig Anspach n’aura malheureusement pu venir chercher sa récompense (elle est décédée l’an dernier).

>> Meilleur premier film : Divines de Houda Benyamina

Étaient aussi nommés : Cigarettes et Chocolat chaud de Sophie Reine, La Danseuse de Stéphanie Di Giusto, Diamant noir de Arthur Harari, Rosalie Blum de Julien Rappeneau

C’était le favori et le vent de fraîcheur de « Divines » est récompensé!

>> Meilleur film étranger : Moi, Daniel Blake de Ken Loach

Étaient aussi nommés : Aquarius de Kleber Mendonça Filho, Baccalauréat de Cristian Mungiu, La fille inconnue de Luc et Jean-Pierre Dardenne, Manchester by the sea de Kenneth Lonergan, Juste la fin du monde de Xavier Dolan, Toni Erdmann de Maren Ade

Une récompense totalement politique! Le meilleur film était incontestablement « Aquarius », déjà reparti bredouille de Cannes!

>> Meilleur film documentaire : Merci Patron ! de François Ruffin

Étaient aussi nommés : Dernières nouvelles du cosmos de Julie Bertucelli, Fuocoammare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi, Swagger d’Olivier Babinet, Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Belle compétition cette année; choix sans doute aussi politique avec un discours tout aussi engagé de François Ruffin!

>> Meilleure adaptation : Céline Sciamma pour Ma vie de Courgette, d’après le roman Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris

Étaient aussi nommés : David Birke pour Elle, d’après le roman Oh… de Philippe Djian, Séverine Bosschem et Emmanuelle Bercot pour La Fille de Brest, d’après le livre Mediator 150 mg : combien de morts ? de Irène Frachon, François Ozon pour Frantz, d’après la pièce de théâtre L’Homme que j’ai tué de Maurice Rostand, Nicole Garcia et Jacques Fieschi pour Mal de pierres, d’après le roman Mal de pierres de Milena Agus, Katell Quillévéré et Gilles Taurand pour Réparer les vivants, d’après le roman Réparer les vivants de Maylis de Kerangal

L’une des surprises avec la récompense pour l’adaptation en film d’animation de « Ma vie de Courgette » par Céline Sciamma, l’un des plus beaux film de l’année!

>> Meilleur montage : Xavier Dolan pour Juste la fin du monde

Étaient aussi nommés : Loïc Lallemand et Vincent Tricon pour Divines, Job ter Burg pour Elle, Laure Gardette pour Frantz, Simon Jacquet pour Mal de pierres

Nouvelle récompense pour le Québecois qui assure lui-même le montage de son film!

>> Meilleur décor : Jérémie D. Lignol pour Chocolat

Étaient aussi nommés : Carlos Conti pour La Danseuse, Michel Barthélémy pour Frantz, Riton Dupire-Clément pour Ma Loute, Katia Wyszkop pour Planetarium

Compétition équilibrée ici, la récompense va à Chocolat.

>> Meilleur costume : Anaïs Romand pour La Danseuse

Étaient aussi nommés : Pascaline Chavanne pour Frantz, Catherine Leterrier pour Mal de pierres, Alexandra Charles pour Ma Loute, Madeline Fontaine pour Une vie

Formidables costumes que ceux de la Danseuse, justement récompensé.

>> Meilleur photographie : Pascal Marti pour Frantz

Étaient aussi nommés : Stéphane Fontaine pour Elle, Caroline Champetier pour Les Innocentes, Guillaume Deffontaines pour Ma Loute, Christophe Beaucarne pour Mal de pierres

Logique et c’est enfin un premier César dans la carrière de François Ozon!

>> Meilleur son : Marc Engels, Fred Demolder, Sylvain Réty et Jean-Paul Hurier pour L’Odyssée

Étaient aussi nommés : Brigitte Taillandier, Vincent Guillon et Stéphane Thiébaut pour Chocolat, Jean-Paul Mugel, Alexis Place, Cyril Holtz et Damien Lazzerini pour Elle, Martin Boissau, Benoît Gargonne et Jean-Paul Hurier pour Frantz, Jean-Pierre Duret, Syvlain Malbrant et Jean-Pierre Laforce pour Mal de pierres

Logique récompense pour le film français le plus impressionnant sur le plan technique!

>> Meilleure musique originale : Ibrahim Maalouf pour Dans les forêts de Sibérie

Étaient aussi nommés : Gabriel Yared pour Chocolat, Anne Dudley pour Elle, Philippe Rombi pour Frantz, Sophie Hunger pour Ma vie de Courgette

Logique également tant Ibrahim Maalouf a la côte actuellement!

>> Meilleur film d’animation : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Étaient aussi nommés : La Jeune Fille sans mains de Sébastien Laudenbach, La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit

Grosse compet avec trois grands films mais le César va au favori!

>> Meilleur court métrage : Maman(s) de Maïmouna Doucouré et Vers la tendresse d’Alice Diop

Étaient aussi nommés : Après Suzanne de Félix Moati, Au bruit des clochettes de Chabname Zariab, Chasse royale de Lise Akoka et Romane Gueret

Ex-aequo pour deux très beaux courts, engagés!

>> Meilleur court métrage d’animation : Celui qui a deux âmes de Fabrice Luang-Vija

Étaient aussi nommés : Café froid de François Leroy et Stéphanie Lansaque, Journal animé de Donato Sansone, Peripheria de David Coquard-Dassault

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Critique: Elle

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Réalisation Paul Verhoeven
Scénario David Birke
Acteurs principaux
Sociétés de production SBS Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Thriller
Durée 130 minutes
Sortie 25 mai 2016

Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Cinéaste hollandais, Paul Verhoeven s’est fait un nom surtout à l’occasion de sa carrière américaine avec quelques belles pièces comme « Robocop », « Total Recall » ou « Basic Instinct ».  Depuis l’excellent « Black Book », dix années se sont écoulées et le retour du « Hollandais Violent » à la tête d’un projet français avec un casting de choix, qui plus est en compétition à Cannes, avait de quoi exciter les cinéphiles. Malgré un accueil plus que positif, le film est reparti bredouille de la Croisette, certains regrettant carrément qu’il n’ait pas décroché la Palme! Tout juste sorti en salles, tout le monde peut donc se faire son opinion…

Ce sera malheureusement sans moi… Les fans de Philippe Djian me diront probablement que l’adaptation est réussie et que l’on retrouve l’univers de l’auteur. Peut-être mais cet univers est un peu too much pour conserver sa crédibilité. En effet rien ne semble réaliste dans ce film que ce soit les personnages ou les situations. Comment le fils de Michèle peut-il croire par exemple être le père d’un bébé noir? Je ne citerai que cet exemple pour ne pas spoiler mais le film regorge de situations incroyables. La mise en scène de Verhoeven est quant à elle assez quelconque, toujours appuyée par une bande originale un peu trop présente. D’autre part, le film ne trouve jamais son style, entre Hitchcock et Chabrol, entre thriller et comédie et le suspense disparaît assez vite devant l’évidence de l’identité du coupable. Quant à son côté sulfureux, il semble que Verhoeven, depuis « Turkish Delight » ou même « Basic Instinct », ait trouvé plus choc que lui: Haneke ou Franco nous remuent plus les tripes pour moins que ça. Deux heures dix qui passent donc très lentement malgré l’excellente prestation d’Isabelle Huppert, comme toujours…

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