Critique: Lui

RéalisationGuillaume Canet
ScénarioGuillaume Canet
Acteurs principauxGuillaume Canet
Mathieu Kassovitz
Laetitia Casta
Virginie Efira
Nathalie Baye
Sociétés de productionTrésor Films
Artémis Productions
Caneo Films
Pathé
Pays d’origine France
Genredrame
Sortie27 octobre 2021

Un compositeur en mal d’inspiration, qui vient de quitter femme et enfants, pense trouver refuge dans une vieille maison à flanc de falaise, sur une île bretonne déserte. Dans ce lieu étrange et isolé, il ne va trouver qu’un piano désaccordé et des visiteurs bien décidés à ne pas le laisser en paix.

Deux ans après une très dispensable suite aux Petits Mouchoirs et quelques mois avant la sortie de son Astérix, Guillaume Canet a profité de son confinement pour écrire un film plus intimiste en trois semaines et tourné en 4 semaines. Fort d’un casting VIP (outre lui-même, on retrouve Viginie Efira, Laetitia Casta, Mathieu Kassovitz, Nathalie Baye et Patrick Chesnais), ce « lui » s’avérait assez excitant sur le papier. Malheureusement le produit fini laisse songeur et prouve que le confinement n’a pas eu que du bon… Le personnage principal, un compositeur en panne d’inspiration, débarque sur une île, seul, pour retrouver la flamme alors que sa vie privée semble prendre l’eau, partagé entre sa famille et sa maîtresse. Les premières minutes, assez prometteuses, installent une atmosphère un peu sombre grâce au décor mélancolique à souhait et quelques personnages sinistres et inquiétants qu’on soupçonne plein d’enjeux pour la suite mais que l’on ne reverra malheureusement jamais. Puis tout à coup, l’absurde surgit avec l’apparition de la femme, de la maîtresse, du meilleur ami, du fils ou des parents, illustrant le désordre mental du personnage principal, le tout à la manière du Cinéma de Bertrand Blier, auquel on ne peut cesser de penser durant 90 minutes. Sauf que Blier est l’inventeur de ce Cinéma de l’absurde et s’est imposé comme un maître des dialogues, ce que n’est pas Canet. La souffrance de l’artiste et la vie de couple d’un quadra, deux thèmes traités ici sans réels enjeux. Le personnage principal ne suscite aucune empathie et le film semble sans intérêt si ce n’est le simple exercice de style. Extrêmement personnel selon Canet, ce « lui » est un ratage complet, ce qui est regrettable tant la carrière de Canet réalisateur est guidée par une véritable envie et une passion indéniable…

Critique: Le Chant du Loup

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Réalisation Antonin Baudry
Scénario Antonin Baudry
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Productions du Trésor
Pathé Production
Chi-Fou-Mi Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 115 minutes
Sortie 20 février 2019

Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. A bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l’Oreille d’Or.
Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique.
Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d’un engrenage incontrôlable.

Premier film d’Antonin Baudry, scénariste de « Quai d’Orsay » et ancien diplomate, « le Chant du Loup » est un projet très ambitieux. Il nous plonge durant deux heures dans l’univers des sous-mariniers, à la découverte de « l’oreille d’or », ce technicien chargé de détecter toutes les menaces extérieures grâce à ses oreilles. Passionnant sur le plan documentaire, le film a bénéficié d’un impressionnant travail de recherches et nous fait découvrir un monde peu connu, son langage et ses procédures. L’aspect dramaturgique fait un peu plus défaut, le film souffrant de quelques baisses de régime et de facilités scénaristiques. Côté interprétation, François Civil, Reda Kateb et mathieu Kassowitz sont convaincants, un peu moins Omar Sy peu crédible dans son rôle de commandant de sous marin. Mais ne faisons pas la fine bouche, un premier film français de surcroît, avec un tel souci de mise en scène et de réalisme, ce n’est pas tous les jours!

3.5